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Club de foot Montréal

«Un club qui tente d’être plus intelligent que le système»

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L’année 2020 tire à sa fin et elle aura été riche en rebondissements pour l’Impact de Montréal, au-delà même de tous les imprévus et situations invraisemblables liés à la pandémie mondiale de COVID-19. Dans un contexte très particulier, l’Impact a fait des progrès sous l’égide du tandem Thierry Henry-Olivier Renard et a posé des bases très intrigantes pour le futur. Il convient donc de revenir sur cette dernière année et de regarder également ce que réserve 2021 au club montréalais, et aussi à la MLS en général. 

Pour ce faire, nous avons posé quelques questions à notre analyste des matchs de l’Impact, Vincent Destouches : 

Les partisans de l'Impact ne veulent entendre parler que d'une chose, normalement, à ce point-ci de l'année: le mercato. Olivier Renard n'a certainement pas fini son magasinage. À quel poste crois-tu qu'il veuille encore se renforcer? 

«Le mercato n’est clairement pas fini. Je pense qu’il va falloir entre trois et cinq joueurs pour boucher les trous et rendre le club plus compétitif. En ce moment, je trouve qu’on a besoin d’un "grand frère" en défense. Il y a déjà quatre ou cinq défenseurs centraux, mais ça reste jeune dans ce secteur... Rod Fanni était ce grand frère. Maintenant, ça peut être quelqu’un d’autre, comme Laurent Ciman. Ce serait très intéressant, mais dans un rôle très précis. À voir. 

Mais ce qui intéresse tout le monde, c’est le volet offensif. L’an dernier, l’Impact a eu une bonne attaque : presque toute l’année, ils étaient dans le top 3 de l’Est. Ça ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas se renforcer, au contraire. Personnellement, j’ai un peu peur sur les ailes. Il y a Lassi Lappalainen, Ballou Tabla, Sean Rea et Jean-Aniel Assi. Je trouve ça mince et je pense que c’est là qu’il faut renforcer. Maintenant, la question est aussi : où voit-on Quioto? On dit que Quioto dépanne aux avant-postes, mais je pense qu’il fait plus que ça. C’est un super attaquant, et après un an à cette position, il apporte une garantie. Je serais très à l’aise de le voir encore devant pour commencer la saison 2021, et que l’Impact aille recruter un joueur super intéressant sur les ailes plutôt qu’un attaquant. L’Impact est dans une situation où il doit faire des choix stratégiques.

Crédit photo : Vincent Carchietta-USA TODAY Sports

Cette année, au moins, le mercato a commencé plus tôt que d’habitude : l’Impact est la seule équipe qui a utilisé le repêchage d’expansion pour s’emparer d’un joueur (Kamal Miller), puis ils sont allés chercher l’un des meilleurs jeunes joueurs de la ligue en Djordje Mihailovic. Lui, je le compare un peu à Bojan, car à mes yeux, il prend sa place dans l’équipe. L’Américain est plus jeune (22 ans), plus polyvalent, il a un plus petit salaire et aussi de meilleures statistiques en 2020. Sans oublier un potentiel de revente. Alors, puisqu’il faut dépenser le GAM, je trouve ça pertinent de le faire pour aller chercher des actifs, des joueurs, plutôt que pour de la poutine interne ou pour des places internationales. Kamal Miller est aussi un super bon joueur. Chaque fois qu’on a fait des matchs d’Orlando (à TVA Sports), je me disais "ce joueur-là est solide. Il est rapide, à l’aise balle au pied, il est canadien et il n’est pas très cher".» 

Le carré d'as de la Coupe MLS l'a démontré: avoir un milieu de terrain créateur, le plus souvent joueur désigné, paraît essentiel pour obtenir du succès en MLS. Crois-tu que l'Impact essaiera de trouver son Lucas Zelarayan ou son Carles Gil? 

«Il faut faire attention à ne pas tomber dans le cliché, dans le piège. Renard vient de payer 800 000 $ et plus pour Mihailovic, mais parce qu’il vient de MLS, certains vont avoir tendance à lever le nez sur lui. Mais si l’Impact avait investi ce montant sur un Brésilien s’appelant Djordjinho, alors tout le monde aurait été content? Attention : ce n’est pas parce que le gars vient de la MLS que c’est un peintre. Personne à Montréal ne rechignerait à acquérir Darlington Nagbe, je suppose? Pourtant, c’est un joueur estampillé MLS! L’idée de l’Impact, pour Mihailovic comme pour les autres, c’est de ne pas surpayer des stars, mais plutôt d’aller chercher des futures stars. De les voir se développer, exploser et briller au sein de l’Impact, avec bien sûr l’ambition de générer un profit derrière.

Crédit photo : Greg Bartram-USA TODAY Sports

Je donne beaucoup de crédit à Atlanta, ou au Los Angeles FC, qui ont enclenché cette MLS 3.0, secouant un peu les colonnes du temple. D’autres ont suivi le modèle, notamment des clubs "secondaires" comme Columbus et Minnesota, qui ont ouvert leur chéquier pour signer des joueurs à plusieurs millions. Et ça leur a effectivement apporté du succès.  

L’Impact a toutefois un projet un peu différent. Et c’est justement cette différence qui m’intrigue, qui m’excite. J’ai envie de voir si ça fonctionne en MLS, et si un club comme Montréal est capable d’être un précurseur, d’aller au bout de cette démarche. En début d’année, je disais que l’Impact n’est pas la Juventus ou l’Inter Milan de la MLS, mais il peut être l’Atalanta. Un club qui s’appuie sur son centre de formation, qui recrute des joueurs à bas coût, qui met l’accent sur la jeunesse et le potentiel et qui pratique du soccer offensif. Est-ce que ça fait de l’Impact un prétendant à la Coupe? Je ne crois pas, du moins pas immédiatement. Mais c’est un modèle qui peut avoir du succès.»

Que penses-tu de la tendance d’Olivier Renard à vouloir faire un recrutement beaucoup plus «MLS» que celui des régimes précédents? 

Atlanta aime offrir la plateforme MLS à des « pépites » venues d’ailleurs. L’Impact, lui, veut servir de tremplin à des joueurs MLS ainsi qu’à des joueurs méconnus, qui passent sous le radar. Mihailovic a tous les éléments qui collent avec la philosophie d’Olivier Renard. De même que Zorhan Bassong, Mustafa Kizza. Ballou aussi! La majorité des joueurs que le directeur sportif va chercher ont le potentiel de viser plus haut. En attendant, ils viennent à des coûts assez faibles, ce qui est parfait dans pour un club dans une ligue où il faut bien gérer et calculer ses coûts.  

Joey Saputo (propriétaire de l’Impact) a souvent fait savoir qu’il perdait de l’argent, qu’il fallait être plus rationnel. Car attention : on dit l’Impact peu dépensier, mais le club a une masse salariale historiquement assez élevée en MLS. Le problème se situait davantage dans la gestion des dépenses. C’est là qu’intervient Olivier Renard, avec l’idée de chercher des joueurs moins connus, moins chers, et de trouver la recette pour transformer le plomb en or. Tout ça dans un club qui opère un virage jeunesse et qui veut jouer du beau soccer. On verra : si la mayonnaise prend, ce sera exceptionnel. Si ça ne prend pas, le club n’écopera pas énormément. 

Olivier Renard et son adjoint Vassili Cremanzidis ont récemment indiqué que le statut de joueur désigné n'est «qu'une étiquette». Il y a des partisans qui ont un peu peur de voir Rudy Camacho ou Maxi Urruti (des joueurs «TAM») être reclassé dans cette catégorie. Qu'as-tu à leur répondre? 

«C’est étrange, inhabituel, ça s’est très peu fait, mais personnellement, j’adore ça. Ce que je vois, c’est un club qui tente d’être plus intelligent que le système, de jouer avec la convention collective afin de s’améliorer malgré les contraintes et les embûches. Tu as de lourds contrats, tu as un club qui ne va pas investir de très grosses sommes, alors que fais-tu? Tu fais de la gymnastique comptable. Le projet pourrait être plus séduisant pour les gens, j’en conviens, mais il est intrigant. 

Maintenant, on est à un carrefour : est-ce que le public est prêt à accepter que le club aille dans cette direction unique? Car c’est très compréhensible que les partisans se demandent "pourquoi nous, on n’a pas de (Nico) Lodeiro?" Si Urruti devient joueur désigné, c’est comme on si on récompensait une certaine médiocrité, et ce n’est pas dans l’ordre des choses. On aime tous croire à la méritocratie.

En désacralisant le statut de joueur désigné (ce n’est pas anodin que Renard et Cremandzidis en parlent autant dans les médias), on lui enlève de sa superbe pour en faire une simple manœuvre financière qui va servir à sortir une partie du salaire d’Urruti des livres, afin de réutiliser de l’argent TAM sur d’autres acquisitions... C’est intelligent.

Mais il faut des victoires pour prouver la valeur du projet. Après autant d’années difficiles, les partisans ont besoin de voir avant de croire. La foi a un peu disparu. Ce sont les résultats qui vont parler et qui susciteront l’adhésion à ces manœuvres inhabituelles et à la façon de faire des dirigeants.  

Après avoir été joueur de l'année en 2019, l’ailier Orji Okwonkwo a connu une saison 2020 compliquée. Quel est son avenir avec l'Impact à ce point-ci, selon toi? 

«Honnêtement, je ne le sais pas. Il a dû y avoir pas mal de réunions déjà entre l’Impact et Bologne ("club-frère " de l’Impact, à qui appartiennent les droits du joueur), car les deux sont maintenant UNE organisation et réfléchissent comme telle. On l’a vu avec Luis Binks, avec Lappalainen. Il y a une discussion à avoir et pas seulement au sujet d’Okwonkwo. Je pense qu’il est probable que d’autres joueurs fassent le trajet de Bologne vers Montréal prochainement. Il faut d’ailleurs que ces décisions soient prises rapidement afin que Renard et Cremanzidis aient un portrait complet et puissent poursuivre leurs emplettes. Okwonkwo, je ne suis pas sûr que Bologne veuille le récupérer... et l’Impact non plus. Il est souvent dans une forme physique inquiétante. Il y a eu les critiques justes de Thierry Henry à son égard et ses prestations montrent qu’il n’est pas nécessairement sur le bon chemin. Est-ce que le club prendra un pari en espérant revoir le Okwonkwo de 2019, ou est-ce qu’on va vouloir s’en aller dans une autre direction? Je crois qu’on penchera vers la deuxième option, mais il reste un joueur du groupe Montréal-Bologne jusqu’à preuve du contraire...» 

Crédit photo : Anne-Marie Sorvin-USA TODAY Sports

Passons maintenant au changement d'identité qui surviendra en 2021. Quelle serait, selon toi, la véritable motivation de l'organisation derrière cette décision? 

«L’Impact a manqué sa mise en marché lorsqu’il a fait le saut en MLS (en 2011-2012) et dans les années subséquentes. Le jeu des comparaisons fait mal à l’organisation, puisque n’importe quel club qui arrive en MLS est maintenant précédé d’un grand buzz, et vend des dizaines de milliers d’abonnements en quelques heures. Je ne veux vraiment pas sous-estimer l’effort de Joey Saputo et de ceux qui l’ont accompagné, qui ont investi énormément en temps, en argent et en énergie. Mais ils n’ont pas réussi à bâtir les ponts, à poser les bons gestes pour susciter l’enthousiasme et aller chercher les Montréalais. Les gens ont encore besoin d’être séduits par le sport et par le club.  

Ça me rappelle une anecdote. Cette année, en pleine pandémie, je suis allé au dépanneur et je portais un masque de l’Impact. À la caisse, un jeune homme d’origine algérienne me dit "Ah c’est l’Impact ça, hein? C’est là où joue Saphir Taïder". Il connaissait Taïder, mais pas vraiment l’Impact, et il n’était jamais venu au Stade Saputo. Comment est-ce possible? Pour moi, ça, c’est significatif. Le club n’a pas réussi à profiter de ses joueurs, à tabler sur la popularité de Drogba, de Taïder et consort pour faire connaître et fidéliser de nouveaux amateurs. Pour leur donner le goût de l’Impact. Pourtant, ils sont là, ils existent, et visiblement ils ne demandent que ça! Il faut tendre la main aux gens, il faut refaire les présentations.

Ce changement identitaire, c’est une manière de se refaire une beauté et de recommencer sur de nouvelles bases, avec pour but de réussir une meilleure mise en marché. Ça ne veut pas dire que je suis d’accord avec tout, mais c’est ainsi que je perçois leurs intentions, et ça peut se défendre. Mais il faut faire attention. On peut avoir de très bonnes intentions et quand même mal agir, quand même blesser les gens. Il n’y a pas grand-chose de plus pur dans le sport que l’amour d’un partisan pour son club, et l’Impact ne doit pas absolument pas s’aliéner ses propres fans. Il faudra guetter ça dans les prochaines semaines.» 

Thierry Henry a mentionné, lors de son embauche, qu'il voulait instaurer une certaine culture de jeu chez l'Impact. Crois-tu qu'il soit en train d'y arriver? 

«Assurément. Henry, c’est quelqu’un qui déclenche les passions depuis toujours et c’est encore le cas comme entraîneur de l’Impact. Certains adorent, d’autres non, c’est très tranché. Mais qu’on ne vienne pas me dire qu’il n’y a pas de différence dans le jeu et dans les intentions de jeu, entre 2020 et les années précédentes. Ça se voit que l’équipe fait les choses différemment, avec plus ou moins de réussite, certes. Il vient avec une idéologie de jeu, ça me paraît clair. Mais pour que ça rentre dans l’ADN de l’équipe et de l’organisation, ça prend deux choses : du temps et du succès. Or, si Henry part au bout de deux ans, la question restera entière...

Cette année, Columbus a gagné avec Caleb Porter aux commandes, mais on ne peut occulter la présence des fondations mises en place par Gregg Berhalter (entraîneur entre 2013 et 2018). Ce club avait une base solide, une identité, un ADN, et ça a rendu plus simple la transition vers un autre entraîneur. Ils ont connu leur part d’insuccès au tout début avec Porter, mais dans les 18 derniers mois, ils ont été très bons. Avec Henry, l’Impact vise quelque chose de similaire : cultiver et approfondir une base solide et pérenne, qui définit le qui, le quoi et le comment.» 

Crédit photo : Eric Bolte-USA TODAY Sports

Est-ce que tu crois que les partisans de l'Impact auront de nouveau la chance d'aller voir leurs favoris au Stade Saputo quelque part en 2021? 

«Je suis optimiste qu’on aura une saison, déjà. Il faut quand même donner du crédit à la MLS pour avoir été capable de jouer la saison 2020. Ils ont été capables faire fonctionner une bulle. Ils ont ensuite été capables de continuer la saison régulière dans les marchés respectifs, puis d’organiser des séries éliminatoires et de couronner un champion. Et ils l’ont fait dans les pires conditions possibles. Si tout ceci a pu être entrepris en 2020, alors la prochaine année ne peut que nous amener de bonnes nouvelles.  

Je pense qu’on aura au moins quelques matchs à Montréal. La MLS sera pragmatique. Dans le pire des cas, on aura quelque chose de semblable à ce qu’on a eu l’été dernier avec les équipes canadiennes qui sont venues à Montréal. À l’heure où on se parle, il y a énormément d’inconnues quant au vaccin, au virus, à la frontière, aux quarantaines, etc. Mais 2021 ne peut pas et ne doit pas être pire que 2020. Si on a pu faire quelques matchs avec une poignée de partisans au Stade Saputo, alors ça devient le minimum pour 2021. C’est le point de départ. Je suis optimiste, je veux être optimiste.» 

Crédit photo : Jean-Yves Ahern-USA TODAY Sports

L'Impact a récemment laissé partir l'un des meilleurs produits de son académie en Anthony Jackson-Hamel. Comment évalues-tu l'apport de l'académie dans l'équipe première au cours des dernières années? 

«Il y avait quand même des trous énormes dans la structure de l’Impact. Je comprends pourquoi on aboutit au raccourci selon lequel l’académie n’a pas assez livré la marchandise. Mais c’est une fausse vérité, parce que l’équipe en a signé, des joueurs de son académie! Ce qui leur arrive ensuite n’est pas nécessairement du ressort de l’académie et pose de multiples questions.

Est-ce que c’est réellement l’académie qui est le problème, ou l’absence de post-formation, puisqu’on rappelle qu’il n’y avait pas d’équipe réserve ni de partenariats fonctionnels? Avons-nous eu des entraîneurs qui avaient pour mission de développer ces joueurs-là, ou qui étaient plutôt en quête de résultats immédiats? Est-ce que le club avait pour projet de faire fructifier les investissements réalisés dans son académie, un peu à la manière de Dallas? À presque toutes les étapes, il y a de grosses questions qui se posent sur le développement des jeunes de l’académie et qui peuvent expliquer le faible apport des joueurs qui en sont issus.  

Alors oui : on peut clairement mieux faire avec l’investissement dans l’académie. Mais qu’on ne vienne pas me dire qu’il n’y a pas d’excellents joueurs dans cette académie. Il faut surtout mieux les aider, mieux penser, mieux structurer pour y arriver. Il faut avoir les idées plus claires sur ce qu’on veut faire. L’équipe U23 va aider, et l’Impact a maintenant un directeur sportif qui les inclue réellement dans le projet de l’organisation. Ça s’en va dans la bonne direction.» 

Passons à la MLS en général. On a vu le LAFC perdre en finale de la Ligue des champions, mardi soir, contre un club mexicain, les Tigres de Monterrey. Que manque-t-il aux clubs de la MLS pour que l'un d'entre eux finisse par remporter la compétition? 

«Les finales avec des clubs MLS se répètent dans le temps, à intervalles de plus en plus rapprochés : l’Impact en 2015, Toronto en 2018, LAFC cette année. Trois finales qui ne se jouent pas à grand-chose, surtout les deux dernières. Le LAFC a éliminé trois clubs mexicains et ils étaient à 15 minutes d’en éliminer un autre. Avant, c’était une rareté, et maintenant, ça devient de plus en plus commun et facile. Le fossé est vraiment en train de tomber. Je me rappelle de la Campeones Cup 2019 entre Atlanta et Club América. Atlanta avait été sensationnel et l’avait emporté. Certains clubs peuvent tomber dans le piège de ce qu’est le football de l’Amérique centrale et des Caraïbes, mais on a pas mal de clubs outillés, maintenant, en MLS, pour aller loin dans ce tournoi. Ça incite à l’optimisme et la MLS a vraiment fait des progrès. On n’est pas loin du jour où un club de la MLS soulèvera cette coupe.» 

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Crédit photo : AFP

Il y a une rumeur de fusion entre la MLS et la Liga MX qui circule actuellement. Quel poids accorde-tu à cette rumeur? 

«Je lui donne du poids. Je ne sais pas à quel point c’est avéré, mais beaucoup d’actes posés dans les dernières années nous amènent là. Pas seulement la Ligue des champions, mais aussi l’introduction de la Campeones Cup et de la Coupe des ligues. Le match des Étoiles devait aussi réunir les stars des deux ligues (annulé en 2020). Ça montre qu’on veut bâtir un régionalisme assez fort et une concurrence qui va au-delà des frontières de la MLS. On est solidaires là-dedans. On pourrait donc aller une coche plus loin et fusionner les championnats. Je ne suis pas sûr qu’on s’en va bel et bien là, je ne suis pas sûr d’aimer l’idée, mais ça mérite réflexion.»

Qui sera, selon toi, prochain joueur développé en MLS à exceller en Europe? 

«Un succès à la Alphonso Davies, ça va être dur à reproduire! On a le mètre étalon, c’est difficile de faire mieux. Il a été sur le onze d’étoiles mondiales de l’année! Il y a deux ans, il jouait son dernier match en MLS... et il est maintenant sur le onze de l’année! C’est extraordinaire.  

Il y en a un qui attise beaucoup de convoitises actuellement et c’est Bryan Reynolds (latéral droit, FC Dallas). On a mentionné la Juventus, mais il y en a d’autres. On parle de frais de transferts de tout près de 10 millions d’euros. La Juventus a déjà un Américain en Weston McKennie. Il y en a un autre que j’ai hâte de voir, c’est Brenden Aaronson. Je trouve qu’il a beaucoup profité d’un "buzz" en MLS, on a fait briller son étoile très fort. Mais c’est un très bon joueur. Maintenant, il est en Europe, il est à Salzbourg et il doit prouver. Je ne suis pas certain qu’il aurait pu tomber dans un meilleur club pour avoir un beau destin en Europe. Déjà, l’entraîneur est Jesse Marsch, qui est l’entraîneur le plus qualifié pour faire progresser un jeune Américain en Europe. De plus, il va gagner et être dans une dynamique positive puisque ce club connaît beaucoup de succès. Et enfin, Salzbourg a une philosophie idéale pour sa trajectoire de carrière, puisqu’il applique aussi cette recette d’aller chercher des jeunes et de les monter très haut afin de les revendre à fort prix. À suivre avec intérêt!»

Crédit photo : Bill Streicher-USA TODAY Sports