Mélanie Maynard revient en force après une pause de six mois
La 25e saison de «Sucré Salé» sera présentée du lundi au vendredi à 18 h 30, dès le 18 mai, à TVA et sur TVA+.
Michèle Lemieux
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En raison de ses engagements professionnels concentrés sur une période bien définie, Mélanie Maynard a l’habitude de bénéficier de six mois de congé. Jusqu’à récemment, elle a mis ce temps à profit : elle a pris soin d’elle-même, a renoué avec son amoureux, s’est occupée de son fils, a rendu visite à sa mère malade et a poursuivi sa thérapie. Un exercice qu’elle pratique comme un grand ménage nécessaire. Alors qu’elle s’apprête à prendre la barre de la 25e saison de Sucré Salé, l’animatrice dresse le bilan pour nous.
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Mélanie, tu seras à la barre de la 25e saison de Sucré Salé qui débutera le 18 mai prochain à TVA. Incroyable : l’émission a déjà 25 ans !
Oui, et je te dirai que je suis chanceuse, car je prends toujours le train quand le plus gros de la route est fait. Avec Les Enfants de la télé, nous sommes rendus à 17 ans. À Sucré Salé, j’en suis à ma quatrième année. Ça va vite ! Moi, je compte en étés. Quand je pense qu’il me reste à peu près 20 étés de vie active, ça me fait capoter ! Je me dis qu’il faut que j’arrête Sucré Salé pour ne pas manquer mes étés. (rires) Je compte aussi en Noëls, quand je veux estimer le temps qu’il me reste.
Que prépares-tu de particulier pour ce 25e anniversaire ?
Nous avons changé de producteur au fil du temps, mais le producteur original nous a donné accès à la voûte des 25 ans de Sucré Salé. Nous allons donc présenter des archives. Nous allons, entre autres, remettre des entrevues au goût du jour et comparer les réponses d’il y a 25 ans avec celles d’aujourd’hui.
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Du côté des chroniqueurs, il y aura des retours ?
Simon Boulerice, Varda, Guillaume Lambert, Dave Morissette et Pascal Cameron font un retour. Alexandre Aussant y sera également, mais sans son personnage de Mona de Grenoble. Émily Bégin sera aussi de la partie, tout comme Maxim Doucet de Star Académie. Nous avons aussi une jeune recrue qui s’appelle Liv Gervais-Diaz, la fille de Sébastien et Bianca. Je l’ai reçue sur mon plateau l’année dernière et je l’ai trouvée tellement allumée et vive. Elle m’avait fait part de son souhait de travailler avec nous, et ça n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde. Sa maman fera également partie des collaborateurs.
Est-il trop tôt pour parler d’invités ?
J’ai de beaux noms, des gens que je n’ai pas encore reçus. Parmi eux : Martin Matte, Fred Pellerin, André Sauvé, Louise Sigouin, qui m’avait refusée en thérapie... Elle a accepté de venir faire ma thérapie à mon émission.
Tout va bien avec ton amoureux ?
Oui, tout va bien avec mon chum, mais on fait cocon à part depuis un an. C’est formidable ! Depuis ce temps-là, tout s’est replacé dans notre couple. Même si mon conjoint et mon fils s’entendent à merveille, je sentais le besoin de bien finir de vivre ma « maternité ». Je voulais profiter jalousement de mes dernières années de cohabitation avec mon fils avant qu’il ne quitte le nid.
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Explique-nous.
Je suis très maman poule. Louis-Thomas est mon dernier enfant. Parfois, cela créait de petites frictions avec mon conjoint. Je ne veux pas qu’on me reproche de trop le gâter parce que je vais lui porter son dessert dans sa chambre. Je veux finir de le chouchouter toute seule. (rires) Je sors d’une pause de six mois sans engagement contractuel, j’ai eu le temps de lui faire beaucoup de desserts et de penser à moi, parce que je n’avais que ça à faire. J’ai pu prendre soin de la femme et de la mère. Rosalie vole maintenant de ses propres ailes. Elle va bien, elle aussi ; elle a plein de beaux projets. Je suis très contente pour elle. Je trouve ça très amusant qu’on soit dans le même milieu avec des carrières semblables, mais très différentes à la fois.
Comment as-tu profité de cette période ?
J’ai pu profiter de mon temps pour faire ce que je ne fais pas durant les 6 mois où je travaille. Sortir, aller au théâtre, au restaurant. Nous avons fait plein de sorties de couple qu’on oublie parfois de faire dans la routine du quotidien. Et j’ai repris mes rendez-vous avec ma psy pour faire le ménage parmi les choses qui ont brassé ou qui m’ont touché pendant que je n’avais pas le temps de m’en occuper. C’est devenu une tradition chaque automne, j’emmène ma tête et mon cœur au garage.
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Tu recommence vraiment à chaque automne ?
Oui. L’été, il y a trop d’affaires qui se passent : je n’ai pas le temps de vivre. J’ai aussi visité ma mère, et j’ai remis toute ma vie en question. Je me dis souvent que c’est peut-être ma dernière année, alors je sens qu’il faut que je profite de tout. On ne sait jamais quand on sera choisi à nouveau. Je suis beaucoup dans la gratitude, parce que je fais un autre tour de piste. Dans la cinquantaine, on est conscient qu’il en reste moins.
On m’a laissé entendre que ta maman vivait les dernières étapes de la maladie.
Oui, c’est très triste. Tristement, on souhaite que cette étape soit la moins longue possible. Ça fait déjà un bon moment qu’elle est entrée dans cette phase. Elle n’a plus aucune qualité de vie. Elle se fait nourrir, mettre dans une chaise roulante, remettre dans son lit. C’est sûr que les visites sont plus difficiles maintenant. C’est sûr qu’elle n’aurait pas aimé se voir comme ça. J’aimais beaucoup la faire rire, mais il n’y a plus de réponse. Le regard est vide. J’avoue que c’est triste, parce qu’étant donné qu’il n’y a plus d’interaction, on y va un peu moins souvent — c’est encore plus dur de voir à quoi on sert et la culpabilité d’y aller moins revient en force. On s’en sort pas... Elle a été transférée d’étage, là où il n’y a plus rien qui bouge. Il faut être fort psychologiquement pour aller la voir.
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Cette roue qui tourne allume-t-elle en toi un certain désir de profiter de la vie au maximum ?
Ça crée un paradoxe parce que, pour moi, profiter de la vie, c’est travailler moins, prendre soin de moi. Mais en même temps, je vois des Janette Bertrand, Patsy Gallant, France Castel, Diane Dufresne qui sont actives. Moi, j’ai toujours une épée de Damoclès au-dessus de ma tête, juxtaposée au fameux brouillard mental parce que j’ai commencé ma ménopause. La peur de l’Alzheimer est multipliée par mille. Le pire c’est quand je rencontre des gens ou collègues de travail que j’ai peut-être vu une ou deux fois il y à 20 ans et qui me demandent si je les reconnais ! S’il vous plaît : arrêtez de me demander si je vous reconnais... je ne vous reconnais probablement pas ! J’ai naturellement une mauvaise mémoire et mon disque dur est continuellement plein ! C’est tellement angoissant comme question. Ça se peut que je ne me souvienne pas de vous. Pour quelqu’un qui a peur de l’Alzheimer, c’est la pire question qu’on puisse poser...
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La maladie de ta mère fait-elle naître des angoisses en toi ?
C’est sûr. Même avant le flou mental, j’étais déjà un peu angoissée — je sentais que j’en perdais. À 40 ans déjà, j’avais l’impression d’avoir moins de mémoire qu’à 30 ans. Aujourd’hui, à 54 ans, je me pose des questions. J’ai toujours peur, parce que je vois que, dans ma famille, du côté de ma mère, il y en a beaucoup.
Dans notre société, on est très anxieux par rapport à la mémoire.
On est très anxieux par rapport à la mémoire, mais aussi par rapport au corps. Je me suis munie de la maudite montre intelligente, et je fais des tours d’îlot de cuisine quand je n’ai pas atteint un nombre suffisant de pas. Faire En Direct de l’univers avec des femmes de 70 ans m’a confirmé qu’il y a moyen de rester en forme, alerte et très pertinente. C’est en y participant et en voyant des artistes comme Patsy Galant, France Castel et Diane Dufresne que je me suis dit qu’il pouvait encore y avoir de bien belles et longues années en santé.
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Ça reste un objectif pour toi ?
Oui. Je commence ma préménopause alors que beaucoup de mes amies l’ont commencée il y a 10 ans. Je m’entretiens bien. Dans ma tête, je me sens encore très jeune.
Tout le monde s’accorde à dire que Mélanie Maynard est vraiment jeune dans sa tête et dans sa façon d’être.
D’autres diront peut-être que je suis immature — c’est peut-être ma condition médicale, le fait que je reste spontanée et curieuse. On dirait que j’ai la capacité de demeurer enthousiaste et intéressée, comme si je redécouvrais tout pour la première fois. Mes enfants me nourrissent beaucoup et m’aident à rester en contact avec leur génération. Peut-être aussi que le fait que j’oublie facilement empêche les vieilles idées de rester incrustées. Je me souviens des 54 ans de ma mère, de sa ménopause. À chacune de ses bouffées de chaleur, je me disais que je ne voulais pas être vieille. Ma mère m’a eue à 40 ans ; quand j’en avais 14, elle en avait 54. Je la trouvais incroyablement vieille. Je ne crois plus que les 50 ans d’aujourd’hui sont les mêmes que dans le passé. Je trouve que les femmes de 50 ans sont maintenant au sommet de leurs possibilités.
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Quand tu parles de ta condition médicale, tu fais allusion à un déficit d’attention ?
Oui. Le fait qu’on ait mis des mots là-dessus, ça m’a libérée. Je suis capable d’être très sauvage, mais j’ai appris à plaire, à faire des efforts. J’ai l’impression que ce qui a fait mon charme, ce que le public aime, c’est un peu grâce à ma condition médicale. Une spontanéité ou des réactions que les personnes neurotypiques n’ont pas d’emblée. Bref, cela peut expliquer pourquoi tu me perçois comme « jeune dans ma tête ».
Ce qui semble être une lacune peut devenir une force extraordinaire.
Oui, parce que la société a changé. Pour moi, ç’a été un très long travail de thérapie et d’introspection. Je me suis demandé si j’étais méchante, car j’ai blessé des gens sans m’en apercevoir — jamais dans l’intention de faire mal. Je me suis mis les pieds dans les plats. Ça va vite dans ma tête. C’est aussi un état d’être. Je ne suis pas capable de ne pas être authentique. Si tu m’obliges à faire quelque chose qui ne me tente pas, c’est sûr que ça va paraître dans ma face.
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On a parlé d’anxiété au tout début de notre entretien. Gères-tu toujours la tienne grâce à l’hypnose ?
Je ne suis jamais retournée en hypnose. Maintenant, quand je fais de petites crises de panique, je les sens monter et je suis capable de me parler. Dès que je verbalise quelque chose, je suis déjà à moitié guérie. Je ne suis pas très bonne pour garder les choses en dedans. Dès que je commence à me sentir inconfortable, je suis capable de l’identifier avant que ça devienne une crise de panique. Mais, oui, j’en ai fait. Encore une fois, la préménopause m’a rentrée dedans. J’ai eu des symptômes comme des étourdissements. Si je vais voir un spectacle, je demande un bord d’allée. Je me trouve de nouvelles phobies. Je suis venue à bout de certains problèmes, mais il en pousse d’autres ! C’est pas reposant ! (rires)
Pour terminer, parle-nous de ton projet Maisons désespérées, que tu tournes actuellement.
Ou ce sera un hit, ou ça met fin à ma carrière. Dans chaque émission, on visite trois maisons désespérées qui nécessitent des rénovations urgentes ; on en voit de toutes les couleurs ! L’une d’elles est ensuite retenue et rénovée. Quand je visite ces maisons, je ne sais pas à qui elles appartiennent, alors je dis tout ce qui me passe par la tête... et je passe mon temps à me mettre les pieds dans les plats. L’émission sera diffusée en 2027.
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As-tu d’autres projets au programme ?
Je me suis fait construire ma propre van aménagée. Vous pourrez la voir à Sucré Salé. Ça va être comme mon chalet ; je vais pouvoir partir et vivre de belles aventures seule ou avec mon chum et mon chien. En vieillissant, ça me tente de moins en moins de prendre l’avion, et comme on ne peut plus aller aux États-Unis, je compte explorer le Canada. Ça va me donner une certaine liberté, j’ai bien hâte !
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