C’est la fin d’un chapitre pour André Robitaille
Sabin Desmeules
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Un beau chapitre se termine et un autre s’amorce pour lui. André Robitaille vient de vendre ses parts de la compagnie de théâtre Monarque, qui est derrière de grandes productions. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ? Et qu’est-ce qui l’attend pour la suite ?
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Cela fait 14 ans qu’André Robitaille est producteur de théâtre aux côtés de son ami Mario Provencher. Leur compagnie, Monarque, a produit d’immenses succès au fil des années : Le dîner de cons, La Galère sur scène, Laurel et Hardy, Les Voisins, Appelez-moi Stéphane, Toc Toc, Québec – Montréal, La pièce qui tourne mal... Récemment, on apprenait que Mario avait racheté les parts de son partenaire et qu’il devenait l’unique propriétaire de l’entreprise. Pourquoi André a-t-il quitté Monarque ? « C’est une décision importante. C’est rare qu’on parle de l’entrepreneuriat dans le domaine artistique. C’est une grosse job. C’est beaucoup de temps, note le principal intéressé. Je tiens à préciser que Mario et moi, on est en bonne relation. Je n’ai pas claqué la porte. Je ne suis pas parti à 100 %. On a juste restructuré un peu l’organisation, pour qu’elle soit plus proche de la réalité. C’est-à-dire que moi, je suis un pigiste. Et je ne veux pas paraître prétentieux, mais je suis pas mal actif. J’ai de l’ouvrage pas mal. Ce qui fait que je ne peux pas être à temps plein chez Monarque. » Il l’admet : « J’étais peut-être une roue qui n’allait pas à la même vitesse. Mario, lui, est à temps plein et il est le meilleur des producteurs. Ça lui donne une liberté d’agir rapidement. Et, concrètement, je reste très proche. (...) On dirait que c’est une séparation d’un couple qui s’aime encore. Il y a quelque chose de ça. »
S’il n’est désormais plus copropriétaire de la compagnie de production théâtrale, André Robitaille demeure toujours lié à l’entreprise. « J’ai gardé mon poste de producteur pour mes mises en scène à moi. C’est ça la nuance importante à saisir. Par exemple, La pièce qui tourne mal, j’en suis le producteur exécutif. »
Derrière la décision d’André, il y a aussi l’envie de jouer. « Parce que je suis avant tout un acteur. Avoir du temps pour jouer, pour moi, c’est important, parce que c’est ma drogue principale ! »
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Pas une question d’argent
L’argent n’est pas en cause. « On est chanceux, chaque spectacle peut payer le prochain, donc on n’a pas à sortir de l’argent de nos poches personnellement. »
On aura beau dire que le théâtre n’est pas payant, il peut l’être s’il rime avec succès. À la question : « Est-ce qu’on peut se mettre riche en produisant des spectacles sur scène ? », André répond : « Riche, c’est arbitraire, mais oui. Quand on a levé notre verre, Mario et moi, il y a 14 ans, pour s’associer, les mots ont été : « On va produire du théâtre et on va faire de l’argent. » Et je suis obligé de dire que oui, on a fait de l’argent. Parce qu’on a écouté le public, d’une part, et qu’on a proposé nos idées à un public qui nous écoutait, d’autre part. Ç’a été un win-win! On a aussi été aidés par les diffuseurs partout dans la province. Particulièrement Drummondville et L’Assomption, qui sont nos niches depuis toujours. Je vais avoir un respect jusqu’à la fin avec ces deux diffuseurs-là et les artistes qui nous ont fait confiance ! »
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Une nouvelle aventure
L’animateur amorce un nouveau chapitre dans sa carrière : il vient de lancer un balado, Extras, dans lequel il s’est donné comme mandat de mettre de l’avant des parcours de vie extraordinaires de gens ordinaires. « C’est le studio SF qui m’aide dans ce marché-là, que je connais à peine. Extras, j’ai parti ça avec deux amis avec qui j’ai fait beaucoup de télévision. Ce sont des amis très chers dans ma vie, Sébastien Mathieu et Anissa Mazani. On s’est regardés dans les yeux et on avait le goût d’un projet commun. J’ai lancé l’idée d’un podcast, tout en disant : « Il y en a tellement ! Aurons-nous une place ? » On a analysé ça et la meilleure réflexion qui m’est venue, c’est : « On le fait parce qu’on n’a pas besoin de le faire. On le fait parce qu’on est libres. » Je ne manque pas de travail. Mes deux amis non plus ; ils sont dans le jus, ils travaillent vraiment fort. Studio SF est chargé. Mais on s’est fait tous un high-five en se disant qu’on le faisait parce qu’on voulait juste avoir du fun. On veut juste être libres. »
Il a l’habitude d’interviewer des personnalités artistiques et des gens connus. « J’avais envie de rencontrer des gens ordinaires qui ont des parcours extras, explique-t-il. Dans le sens anglophone du terme, extra veut dire figurants... S’il n’y a pas de figurants, il n’y a pas de film. S’il n’y a pas d’extras, il n’y a pas de société. On s’intéresse à des parcours inspirants. C’est le bonheur ! » André a lancé un appel à tous sur son compte Instagram afin de dénicher des invités. « C’est l’annonce qui a le plus éclaté sur mon Instagram ! Pour mes statistiques personnelles, c’est une explosion. J’ai été un peu impressionné, surpris. »
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L’animateur demeure en mode exploration avec ce nouveau rendez-vous qu’il entend proposer toutes les deux semaines. « Je vais voir réagir un peu les gens. Je vais m’ajuster. Dans un paysage où il y a beaucoup de balados, est-ce que je vais avoir un espace à moi là-dedans ? Ça va être le public qui va décider. »
Hors de ce nouveau terrain de jeu, André continue de s’amuser aux Enfants de la télé, dont il tourne actuellement la 17e saison (lui en est à sa 13e). Et il met en scène le spectacle de Jean-Michel Anctil.
Maître d’œuvre d’une installation permanente en Gaspésie
Il œuvre également au sein du collectif artistique Incognito. « On est cinq permanents, là-dedans. Je suis le directeur artistique. Cet été, on va finir un projet sur lequel ça fait trois ans que je travaille, à Sainte-Luce-sur-Mer, à l’entrée de la Gaspésie, tout près de Rimouski. C’est un magnifique village ! On y a créé une installation permanente sur le quai, près de l’église. C’est un attrait touristique qui s’installe là, explique-t-il. Il va y avoir un film projeté sur l’église qui commémore le naufrage de l’Empress of Ireland.
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Une famille tissée serrée
Lui reste-t-il du temps pour profiter de la vie ? « Je le fais tous les jours. Je suis en amour, mes enfants sont en santé, je suis en amour avec mes enfants, j’ai plein d’amis, tout va bien. Je profite de la vie. » Prendra-t-il des vacances avec son amoureuse des six dernières années, la recherchiste et scénariste Julie Boisvert ? « Oui, c’est sûr qu’on va essayer de trouver du temps pour ça. Elle aussi elle travaille très fort. » Il arrive également à consacrer des moments à ses enfants, Lili et David Francke-Robitaille. « C’est tissé très, très serré, la famille ! On passe beaucoup de temps ensemble. » Et, bien sûr, le fier grand-papa vit tous les beaux instants qu’il peut avec les deux enfants de son fils, Roméo, deux ans, et Agathe, un an. « Je suis un grand-père très présent. Ma blonde est très présente elle aussi. On est vraiment choyés, parce qu’on voit très, très souvent nos petits-enfants ! Je m’amuse avec eux en masse. Je fais beaucoup de choses en bois, je fais de l’ébénisterie, alors je leur fabrique des jouets. Je m’amuse ! »
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Si la fille d’André Robitaille, Lili Francke-Robitaille, a suivi les traces de son père et celles de sa mère, Martine Francke, en devenant actrice – on peut la voir dans Dumas –, son fils, David Francke-Robitaille, a quitté le milieu artistique l’an dernier. « Il était producteur et il a lâché la production il y a un an ou deux. Il travaille aux relations publiques de la FTQ. Il a changé un peu de domaine. Ça l’amène à faire de la production, mais pour son patron. Il s’épanouit là-dedans, maintenant. »
L’homme derrière cette belle famille nage en plein bonheur ! « Moi, je suis fier et je suis comblé d’amour avec tout ce monde-là ! Le bonhomme est heureux ! »
Le premier épisode du nouveau balado d’André Robitaille, Extras, est disponible sur toutes les plateformes d’écoute de podcasts.
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