Messmer donne des nouvelles de ses fils atteints d’une maladie rare
Sabin Desmeules
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On aimerait tous se laisser convaincre, sous hypnose, que notre bonheur est parfait. Messmer, lui, n’a pas besoin qu’on le suggère à son cerveau pour se penser le plus heureux des hommes. Sa famille le comble de joie. Il y a une seule ombre au tableau : ses fils sont en train de perdre la vue et ses pouvoirs d’hypnotiseur n’y changeront rien...
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Lorsqu’on l’a joint, il se trouvait à l’île de la Réunion pour s’y produire et y profiter du paysage idyllique pendant quelques jours. Il est bientôt 1 h du matin pour lui, 17 h pour nous. « Je ne me couche pas avant 3 ou 4 h du matin, parce que je continue de vivre au rythme des heures québécoises », admet-il. De retour en sol québécois, Messmer va y donner, tout au long du mois de mai, les dernières représentations de 13Hz , un spectacle qu’il a créé en 2024. Après, il ira mettre un terme à cette tournée du côté européen et passera à autre chose. « C’est la fin. Puis il me reste encore des spectacles en Europe jusqu’en 2027. Je ne serai pas de retour au Québec avant l’automne 2027 ou le printemps 2028 avec, peut-être, un nouveau show... C’est en branle. J’essaie de synchroniser mon horaire pour me laisser le temps de faire mes autres projets. On est en pleine construction de l’agenda pour les années à venir. »
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Depuis plusieurs années, Messmer passe sa vie dans ses valises. « J’ai tellement travaillé sur deux continents, que ce soit l’Europe, où ça fait 15 ans que je fais carrière, ou au Québec, où ça fait 40 ans que je fais ce métier... Mais j’ai toujours mes repères au Québec et j’ai l’impression d’être plus chez moi parce que j’y ai grandi et que c’est mon public. J’ai développé ce marché-là, il n’y avait pas de shows d’hypnose à grand déploiement comme je les ai amenés au tout début, note-t-il. J’ai travaillé fort pour en arriver là. Ça ne me tentait pas de délaisser le marché québécois pour me consacrer à celui de l’Europe. Alors je passe autour de six mois par année en Europe et six mois au Québec. Je veux continuer à faire des shows chez moi. Et c’est pour ça que j’ai toujours mon pied-à-terre, avec ma famille, sur la Rive-Sud. Ma femme habite là avec mes filles, elles ne me suivent pas tout le temps, dans toutes les tournées. » Bellair, sa conjointe, s’occupe de la scolarité à la maison de leurs deux filles, Soleil, neuf ans, et Magie, cinq ans. « Mais elles viennent souvent en tournée avec moi. On est tellement souvent partis que c’est difficile de les mettre sur un banc d’école. Alors ma femme s’occupe de l’école à la maison. Et quand on est au Québec, il y a des gens qui viennent donner un coup de main à ma femme pour l’aide aux devoirs. Par exemple, pour leur apprendre l’anglais et l’espagnol, l’abaque (boulier chinois), le violon... On s’occupe bien d’elles pour qu’elles aient tous les outils possibles. Parce que si, un jour, elles doivent retourner à l’école normale, elles doivent être au même niveau que tout le monde. »
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Qu’est-ce qui explique son succès ?
Même après des années à offrir des spectacles d’hypnose, Messmer n’a pas lassé le public et continue à remplir ses salles. Quel est le secret de son succès ? « Les humoristes vont se servir de tout ce qui se passe au quotidien dans la sphère politique, au niveau des relations hommes-femmes... Moi, c’est un peu ça aussi : je vais vers la nature humaine, il y a des événements qui vont m’inspirer, la technologie va m’inspirer aussi... Là, on est rendus avec l’intelligence artificielle qui fait des miracles, ça me permet d’inventer d’autres numéros qui vont encore plus loin et de nourrir des idées. C’est un peu comme ça que je me dépasse. Et, en même temps, c’est le subconscient des gens qui fait en sorte que le show est différent soir après soir... » Pour ajouter à l’engouement, l’artiste de l’hypnose se donne des défis. « Le dernier record que j’ai fait, c’était à Lyon, au LDLC Arena... J’avais 7000 personnes qui sont venues voir le show, et, là-dessus, j’en ai hypnotisé 1113 en cinq minutes dans le numéro final. Alors ça, ça crée un buzz. C’est un show événementiel que je fais ! »
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Lorsqu’il quittera le Québec pour repartir en tournée en Europe, il se promènera en Suisse, en France et en Belgique... On imagine le quotidien en tournée à l’étranger très idyllique. A-t-on raison de l’envier ? « Moi, je suis fait pour ça. Quand je suis une semaine à la maison, j’ai envie de reprendre la route. J’ai fait ça tellement longtemps dans ma vie que j’aime ça. Ce qui est le fun, c’est que, par exemple, aujourd’hui, je suis à l’Île de la Réunion, je fais mon show seulement dans quelques jours, mais j’en profite pour avoir des journées de congé pour y passer du temps. J’ai ma voiture, on va faire le tour de l’île, des gens de la place vont me faire visiter le volcan, qui était en éruption il y a quelques semaines... Je vois plein de trucs ! » Non, sa vie n’est pas banale ! « Et quand ma femme vient avec mes filles, ou mes fils, quand ils viennent avec moi, c’est sûr que dans le voyage, je dois travailler, mais on s’amuse aussi ! Et, autant mes filles que mes fils, quand ils me suivent en tournée, ils viennent faire un numéro avec moi. On est une famille de saltimbanques qui se promène à travers le monde ! C’est magique ! »
Quand Bellair, Soleil et Magie ne sont pas là pour assister Messmer en tournée, ce sont ses deux fils adultes, Cédérick et Antoine, qui prennent le relais. « Ils alternent, un mois c’est l’un, un mois c’est l’autre. » Et il arrive qu’il n’ait pas d’assistant. « On essaie d’équilibrer tout ça pour que tout le monde y tire la meilleure partie de sa vie. Moi, c’est ma vie, c’est mon choix, mais je ne veux pas l’imposer à tout le monde. »
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Il va transmettre son savoir
En parallèle de ses spectacles, il travaille sur des séminaires sur la force du subconscient qu’il veut offrir au public. « Je vais proposer des week-ends d’enseignement pour apprendre aux gens à maîtriser la force du cerveau, du subconscient... On va annoncer des dates dès cet automne. »
Ses fils perdent la vue
Les deux fils de Messmer sont atteints de rétinite pigmentaire, une maladie génétique dégénérative rare de l’œil qui détruit progressivement les photorécepteurs de la rétine. Leur vue diminue et ils pourraient, un jour, devenir aveugles. « J’avais le gène, leur mère l’avait et on ne le savait pas. Ils ont hérité du gène, ils avaient de fortes probabilités de développer la rétinite pigmentaire... et c’est ce qui est arrivé à mes fils ! Cédérick, mon plus vieux, a 34 ans et son champ de vision a rétréci. Il lui reste autour de 20 ou 25 % de vision, au centre. Antoine est affecté aussi, mais c’est beaucoup moins avancé que son frère. En ce moment, ils sont stables. On se croise les doigts pour que ça reste comme ça. Cédérick est stable depuis quelques années, il est encore capable de conduire ses voitures. Il fonctionne bien. Il fait des spectacles avec moi et avec son frère. Il se débrouille, il développe des techniques pour se déplacer dans son espace. Il prend ses repères. Quand il est en spectacle avec moi, on fait une mise en scène qui est différente pour l’aider. Il s’en sort très bien ! » Y a-t-il une intervention possible qui pourrait permettre aux fils de Messmer de retrouver un champ de vision complet ? « Il n’y a rien à faire pour l’instant avec cette maladie, même pas une greffe de cornée qui pourrait aider ! Malheureusement, rien ne peut être fait. La rétine se désagrège tranquillement et ils peuvent rester comme ils sont actuellement pour le reste de leurs jours ou ça peut empirer en quelques semaines. On est toujours un peu sur le qui-vive ! » La maladie n’empêche pas Cédérick de se consacrer à une autre passion : la musique. « Il a quatre chansons qui sont sorties sur Spotify. »
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Le secret de son bonheur
Messmer est, à lui seul, la définition du bonheur. Est-il heureux ? « Oui, je suis heureux. Ce qui me rend heureux, c’est mon entourage qui me suit... Je ne peux pas dire que je suis heureux parce que je fais de la tournée. Voyager à travers le monde, c’est un bonus. Être sur l’eau l’été avec mon bateau, naviguer, ça me rend heureux. Je pense que je réussis ma vie. J’ai mes filles, mes garçons, ma femme, je suis bien entouré. Je pense que j’ai une belle vie. »
Ne manquez pas l’une de vos dernières chances de voir le spectacle 13Hz, de Messmer, au Québec : il est notamment de passage à la Salle Albert-Rousseau, à Québec, les 8 et 9 mai, et au Théâtre Manuvie, à Brossard, le 12 mai (messmer.ca).
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