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Financement public de Live Nation/evenko: «L’argent des contribuables s’en va aux États-Unis», déplore le directeur du Festival en chanson de Petite-Vallée

Photo portrait de Frédérique De Simone

Frédérique De Simone

2026-02-11T17:05:20Z

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Les petits festivals en région sont consternés par les révélations de l’émission Enquête montrant l’étendue du financement public accordé au géant du spectacle Live Nation/evenko.

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Le directeur du Festival en chanson de Petite-Vallée, Alan Côté, s’est dit inquiet de constater qu’une part des profits générés par ce géant dans la Belle Province atterrit en partie dans des poches américaines, alors que les événements régionaux, qui valorisent la culture d’ici, peinent à se sortir la tête de l’eau.

«Il y a de l’argent des contribuables qui s’en va aux États-Unis et ça, c’est énervant», a-t-il soutenu dans une entrevue qu’il a accordée à Marie-Anne Lapierre, cette semaine, sur LCN.

«On voit qu’il y a des montants substantiels en subventions qui sont accordées à six festivals montréalais [...], alors qu’il y a encore beaucoup à faire pour le français et la relève artistique d’ici», a-t-il ajouté.

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Le directeur artistique a également rappelé que ces événements importants s’installent systématiquement sur des sites créés à partir de subventions de l’État.

Dans un reportage diffusé la semaine dernière sur les ondes de Radio-Canada, l’émission Enquête a révélé que les festivals Osheaga, Lasso et ÎleSoniq ainsi que les Francos, le Festival de jazz et Montréal en Lumière ont reçu 15 millions de dollars par an en fonds publics entre 2022 et 2024.

En comparaison, les subventions accordées aux festivals installés en région sont fractionnées au moins dix fois, selon Alan Côté.

Dans de nombreuses entrevues, Patrick Kearney, directeur du REFRAIN (Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants), estime que le soutien public aux festivals établis en région n’a pas diminué au fil des ans, mais n’a pas suivi l’inflation. Sous-financés, les festivals survivent dans la précarité, dit-il.

De son côté, Myriam Sénéchal, directrice générale du Festival de la chanson de Tadoussac, a révélé que son événement avait perdu une subvention de 100 000$ du Conseil des arts du Canada au cours de la dernière année, soit 10% de son budget d’exploitation, et qu’elle n’avait toujours aucune confirmation des montants qui lui seraient octroyés par les différents paliers de gouvernement pour sa prochaine édition. «C’est comme dire que notre culture n’est pas si importante que ça», a-t-elle dit.

Nicolas Boulerice, du festival Chants de Vielles, à Saint-Antoine-sur-Richelieu, croit qu’il faudrait carrément interdire que les fonds publics tombent dans les poches des grands groupes américains, comme Live Nation. «C’est quand même gênant pour une ville qui est censée être la plus grande ville francophone d’Amérique et la deuxième au monde après Paris. Je me demande si on considère encore Montréal comme une ville francophone», affirme-t-il, en déplorant la «place démesurée» faite aux artistes anglophones dans l’offre culturelle à Montréal.

À la lumière des révélations partagées dans le reportage d’Enquête ainsi que dans les différents médias, le Parti Québécois a exigé qu’une enquête soit menée sur la place démesurée qu’occupent Live Nation et Ticketmaster dans l’écosystème québécois.

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