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Domination de Live Nation et evenko à Montréal: la survie de notre culture et de notre musique est en jeu, selon l’Union des artistes

Dua Lipa a chanté au Centre Bell en 2022. Depuis le rachat par Live Nation d’une partie des actifs d’evenko, la scène musicale montréalaise s’est anglicisée.
Dua Lipa a chanté au Centre Bell en 2022. Depuis le rachat par Live Nation d’une partie des actifs d’evenko, la scène musicale montréalaise s’est anglicisée. Photo d’archives Martin Chevalier
Photo portrait de Cédric Bélanger

Cédric Bélanger

2026-02-11T00:30:00Z

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Québec doit revoir le financement public des festivals montréalais sous le contrôle de Live Nation et evenko afin de sauvegarder la culture et la musique québécoises, estime la présidente de l’Union des artistes.

«Il faut se repositionner», martèle Tania Kontoyanni.

Un reportage de l’émission Enquête a révélé que les festivals Osheaga, Lasso et ÎleSoniq, qui se tiennent au parc Jean-Drapeau, de même que les Francos, le Festival de jazz et Montréal en Lumière, qui sont présentés dans le Quartier des spectacles et qui, eux, sont gérés par Spectra, un organisme à but non lucratif, ont reçu 15 millions de dollars par an de fonds publics du Québec entre 2022 et 2024.

Pendant ce temps, les petits festivals de musique francophone en arrachent.

«Nous sommes dans un contexte de menace culturelle à travers le monde. Nous ne sommes pas les seuls. D’autres pays avec des cultures nationales locales comme la nôtre voient le danger arriver et voient les impacts d’un modèle comme celui de Live Nation qui s’approche vraiment d’un monopole», explique la présidente de l’UDA.

Tania Kontoyanni.
Tania Kontoyanni. Photo d'archives fournie par Julien Faugère
Enjeu électoral

Depuis que l’entreprise américaine Live Nation a acheté 49% des parts d’evenko en 2019, la scène musicale montréalaise s’est anglicisée.

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Selon l’équipe d’Enquête, entre septembre 2025 et mars 2026, 88% des 1000 spectacles à l’affiche dans les quatre salles détenues par Live Nation et evenko (Centre Bell, MTelus, Théâtre Beanfield et Studio TD) mettaient en vedette des artistes anglophones.

Pire: de 2019 à 2023, les revenus des concerts anglophones ont presque doublé au Québec, passant d’un peu plus de 80 M$ à plus de 150 M$, contrairement aux revenus des spectacles francophones, qui ont stagné.

«Est-on sûr à 100% que l’argent public qui est investi dans les Francos, le [Festival de] jazz ou Montréal en Lumière demeure au Québec? Ou est-ce que les OBNL se ramassent avec toutes les dettes et les profits s’en vont à Live Nation et evenko? Il faut le savoir», insiste Mme Kontoyanni.

• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Pour la présidente de l’UDA, il s’agit d’un enjeu électoral majeur.

«La sauvegarde de notre culture, la découvrabilité de nos œuvres, la survie de nos artistes, la francisation de nos nouveaux arrivants; tous ces enjeux sont directement liés à la survie de notre culture. Si nous n’en faisons pas un enjeu électoral en 2026, je ne donne pas cher de notre peau.»

Interdire

Le chanteur du groupe de musique traditionnelle Le Vent du Nord, qui organise depuis plus de 20 ans le festival Chants de Vielles, à Saint-Antoine-sur-Richelieu, va plus loin.

Nicolas Boulerice.
Nicolas Boulerice. Photo Tzara Maud fournie par La Compagnie du Nord

«Il faudrait interdire que les fonds publics tombent dans les poches de ces monstres américains», clame-t-il, en déplorant la «place démesurée» faite aux artistes anglophones dans l’offre culturelle à Montréal.

«C’est quand même gênant pour une ville qui est censée être la plus grande ville francophone d’Amérique et la deuxième au monde après Paris. Je me demande si on considère encore Montréal comme une ville francophone», s’insurge Nicolas Boulerice.

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