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Le groupe evenko réplique à «Enquête»

Photo Agence QMI, THIERRY LAFORCE

Danny Vear

2026-02-11T00:51:49Z

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Le géant evenko a répliqué au reportage de l’émission Enquête sur le financement public du groupe Live Nation/evenko et sa domination sur la scène musicale montréalaise et québécoise.

Dans un communiqué publié mardi soir, le groupe de divertissement associé à 49% à Live Nation s’attaque «aux fausses prémisses véhiculées» dans le reportage, diffusé la semaine dernière sur les ondes de Radio-Canada.

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Selon Enquête, les festivals Osheaga, Lasso et ÎleSoniq ainsi que les Francos, le Festival de jazz et Montréal en Lumière ont reçu 15 millions de dollars par an de fonds publics du Québec entre 2022 et 2024.

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Dans sa réplique, evenko ne nie pas le montant des subventions reçues mais rappelle que les programmes de financement public répondent à des règles claires et des critères établis. «Les subventions sont accordées pour atteindre des objectifs précis, par exemple, accès à la culture, rayonnement artistique, attractivité touristique et retombées économiques», explique-t-il dans son communiqué tout en soulignant l’importance des retombées économiques de ces festivals.

Des artistes francophones

Le groupe evenko remet aussi en question un des constats du reportage d’Enquête, selon lequel la scène musicale montréalaise se serait anglicisée depuis que l’entreprise américaine Live Nation a acheté 49% des parts d’evenko en 2019. Selon Enquête, entre septembre 2025 et mars 2026, 88% des 1000 spectacles à l’affiche dans les quatre salles détenues par Live Nation et evenko (Centre Bell, MTelus, Théâtre Beanfield et Studio TD) mettaient en vedette des artistes anglophones.

Selon evenko, ce chiffre ne correspond pas à la réalité, puisque 50% des spectacles présentés dans l’ensemble de ses salles étaient en français. «Ce pourcentage est en hausse sur les années précédant le partenariat avec Live Nation de décembre 2019», précise-t-on dans le communiqué.

Le groupe evenko va plus loin en soulignant que les données d’Enquête ne tiennent pas compte de l’ensemble des faits, notamment de l’abondance de spectacles en français présentés lors des Francos de Montréal.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

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Dans sa réplique, evenko rappelle que les artistes internationaux en tournée se produisent dans de grands amphithéâtres. «Les artistes internationaux, principalement anglophones, sont plus nombreux à tourner dans les grandes salles telles que le Centre Bell que les artistes francophones. Cette réalité ne découle pas de choix d’evenko, mais bien d’une dynamique structurelle observée dans l’ensemble des marchés culturels, ici comme ailleurs», a tenu à préciser le groupe de divertissement.

Dans son reportage, Enquête souligne toutefois que les revenus des concerts anglophones ont presque doublé au Québec, passant d’un peu plus de 80M$ à plus de 150M$ depuis l’association evenko/Live Nation. Pendant ce temps, les revenus des spectacles francophones ont stagné.

Dans son communiqué, evenko ne dit pas un mot à ce sujet.

Comme il était mentionné dans le reportage d’Enquête, evenko assure qu’il n’y a aucune ingérence de la multinationale américaine Live Nation dans les activités d’evenko. «Depuis la conclusion du partenariat en 2019, le Groupe CH demeure actionnaire majoritaire d’evenko et l’ensemble des décisions stratégiques, opérationnelles et artistiques est pris à Montréal, par des équipes d’ici. Live Nation n’intervient ni dans la programmation, ni dans la gestion quotidienne, ni dans les décisions d’affaires d’evenko, de L’Équipe Spectra ou des festivals», assure evenko dans son communiqué.

Réactions

Depuis sa diffusion la semaine dernière, le reportage d’Enquête a provoqué de vives réactions du milieu de la musique québécoise et des festivals indépendants du Québec.

La présidente de l’Union des artistes, Tania Kontoyanni, qui faisait partie du reportage d’Enquête, s’inquiète de la présence de Live Nation au Québec. «Nous sommes dans un contexte de menace culturelle à travers le monde. Nous ne sommes pas les seuls. D’autres pays avec des cultures nationales locales comme la nôtre voient le danger arriver et voient les impacts d’un modèle comme celui de Live Nation qui s’approche vraiment d’un monopole», explique-t-elle.

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