Spectacles en anglais par evenko/Live Nation: «On subventionne la culture américaine qui nous avale tout rond»
Agence QMI
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Un représentant des festivals en région dénonce les subventions gouvernementales offertes aux groupes américains en culture, comme Live Nation et Ticketmaster, et lance un vif message aux politiciens à débattre de souveraineté culturelle au Québec.
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Alors que le gouvernement et la Ville de Montréal injectent des millions en culture, une part importante de l’argent public continue d’atterrir chez des géants des États-Unis.
Un reportage de Radio-Canada a en effet dévoilé que les autorités ont subventionné les géants comme evenko et Live Nation à une hauteur de 15 millions de dollars par an. D’ailleurs, la majorité des concerts à l’affiche dans les salles de spectacle de Montréal appartenant à ces géants de la culture mettent en lumière des artistes anglophones.
Pour Patrick Kearney, président du Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants (REFRAIN), on «tire dans notre chaloupe» en finançant ceux qui contrôlent déjà la majorité des spectacles à Montréal... au détriment des artistes d’ici.
«Aujourd’hui, elles ont un impact sur notre culture», a-t-il affirmé en entrevue à QUB radio et télé, diffusée simultanément au 99,5 FM Montréal, mardi.
«La culture, ce n’est pas un bien de consommation usuel. Ce n’est pas une TV qu’on achète. La culture, ça nous représente», a-t-il renchéri. Selon Patrick Kearney, c’est «tout le monde» qui souffre de cette situation, incluant le milieu culturel et les artistes.
Le gouvernement du Québec a mandaté Ticketmaster pour gérer les billets dans les salles de spectacle du Québec qui sont une propriété de l’État, un choix qu’il dénonce.
«Je pense qu’au Québec, on a des systèmes de billetterie qui seraient capables de gérer la Place des Arts et le Grand Théâtre de Québec. Acheter Québec, ça vaut pour nous, mais ça vaut aussi pour le gouvernement», a-t-il précisé en entrevue.
Peur de représailles: les artistes pris en otage
Peu d’artistes francophones du Québec osent dénoncer publiquement Live Nation et Ticketmaster en raison d’un quasi-monopole sur l’ensemble des salles et festivals.
«C’est une omerta qui est assez puissante», a avancé Patrick Kearney.
Live Nation contrôle une vaste portion de l'industrie de la culture au Québec. Pourtant, l’entreprise américaine reçoit toujours de l’argent public.
Patrick Kearney y voit une menace directe pour la souveraineté culturelle.
«Je les comprends [de ne pas en parler]. Ce serait courageux pour un artiste d’aller prendre position contre les façons de faire de ce groupe-là», a-t-il conclu.
Il lance un message aux administrations municipales et au gouvernement du Québec de prioriser «notre famille», le Québec, la francophonie et tous ses festivals.
Pour visionner l'entrevue, cliquez sur la vidéo ci-dessus.