«Injuste et incompréhensible»: des festivals régionaux dénoncent les millions versés à evenko/Live Nation

Cédric Bélanger
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Des festivals régionaux trouvent injuste qu’une multinationale comme evenko/Live Nation empoche des millions en fonds publics pendant qu’ils tirent le diable par la queue.
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«C’est injuste et incompréhensible. Les fonds publics représentent les valeurs de la société. Je ne comprends pas qu’on ne soit pas plus choqués de savoir que nos subventions s’en vont en partie à Live Nation. C’est comme dire que notre culture n’est pas si importante que ça», s’insurge la directrice générale du Festival de la chanson de Tadoussac, Myriam Sénéchal.

En 2025, ce festival ancré depuis 42 ans dans ce petit village de la Côte-Nord a perdu une subvention de 100 000$ du Conseil des arts du Canada. Cette somme représente 10% de son budget d’exploitation, évalué à un million de dollars.
«Nous avons coupé dans tous les postes budgétaires. Nous avons offert moins de spectacles, moins d’artistes. Je suis allée chercher de nouveaux partenariats au privé. Nous avons fait une campagne de sociofinancement et, à chaque année, c’est à recommencer parce que ce ne sont pas toutes les subventions et les commandites qui sont des ententes sur plus d’un an. En ce moment, je n’ai pratiquement aucune confirmation des montants qui vont nous être octroyés par les paliers gouvernementaux. On vit toujours dans l’incertitude.»
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
«Ça fait mal»
En Gaspésie, le directeur du Festival en chanson de Petite-Vallée accumule les nuits blanches depuis le départ récent d’un commanditaire majeur qui le prive de revenus de 75 000$.
Apprendre dans un reportage de Radio-Canada pendant ce temps que evenko/Live Nation a obtenu 15 millions de dollars par an en subventions pour ces grands festivals montréalais, «ça fait mal», reconnaît Alan Côté.

Il souligne que le festival de Petite-Vallée défend non seulement la relève musicale, mais aussi la cause du français dans la chanson au Québec et à l’international.
«De voir que de tous les profits qu’ils font, il y en a 49% qui s’en vont aux États-Unis pour une multinationale qui exerce un monopole épouvantable, ça fait encore plus mal», ajoute M. Côté.
Des coûts en hausse
Directeur du Refrain (Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants), Patrick Kearney ne peut que constater la précarité dans laquelle sont plongés plusieurs festivals québécois.
«Il y en a quelques-uns qui ont cessé leurs activités. Je pense au festival du Gros Gras, à Mont-Laurier. Ils n’avaient aucune subvention et pourtant, c’est un festival qui fonctionnait.»

En général, ajoute Patrick Kearney, le soutien public aux festivals n’a pas diminué au cours des dernières années, mais il n’a pas suivi l’inflation.
«Les coûts d’opération ont beaucoup augmenté: la sécurité, la location d’équipements, les cachets des artistes. Au bout de la ligne, tout augmente et le festival doit trouver l’argent.»
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