Des Québécois vedettes d'une ligue qui propose «les bagarres du hockey sans le jeu du hockey»
C’est d’ailleurs le slogan de la Ice Wars


Kevin Dubé
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Six mois après que la LHJMQ ait annoncé qu'elle bannissait les bagarres, quel impact cette décision a-t-elle eu sur le monde du hockey? Le Journal a sondé, durant les dernières semaines, des ligues de partout à travers le monde, des joueurs qui défendent ardemment les combats et des experts qui s'inquiètent pour le cerveau des athlètes. Nous vous présenterons le résultat au cours des prochains jours.
Signe que l’engouement pour les combats ne s’amenuise pas aux États-Unis, une ligue qui propose «les bagarres du hockey sans le jeu du hockey» y a été créée il y a quelques années, et a notamment mis en vedette des pugilistes du Québec.
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L’un des créateurs de l’organisation Ice Wars est l’ancien président des Trashers de Danbury, AJ Galante.
Pour ceux qui ne sont pas familiers avec ce dernier, son histoire et surtout celle de son père, James, a été racontée dans un documentaire sur Netflix détaillant l’aventure des Trashers.
Cette équipe de matamores était devenue une véritable attraction au milieu des années 2000, avant de fermer à la suite de l’arrestation de James Galante pour des dizaines de chefs d’accusation de corruption.
Un K.-O. pour mettre fin au combat
Pour revenir à Ice Wars, ils ont organisé leurs premiers événements au printemps de 2022, en décidant d’utiliser l’effervescence que suscitaient les combats au hockey pour en faire un sport en soi.
Afin de promouvoir ses activités, Ice Wars utilise d’ailleurs le slogan «Hockey fights without the hockey game» («les bagarres du hockey sans le jeu du hockey»).
Les règles sont claires: deux combattants dans une arène située sur une patinoire et délimitée par des bandes de hockey, habillés en joueurs de hockey de la tête au pied, sauf pour les gants qui sont substitués par des gants d’arts martiaux mixtes, se livrent un combat pendant deux rounds d’une minute sur une glace synthétique.
Comme c’est le cas en arts martiaux mixtes, un K.-O. met fin aux hostilités. Si le combat se rend à la limite, des juges donnent leur carte de pointage et déterminent un gagnant.
Pour se faire un nom
Voulant repousser ses limites et se faire un nom à l’extérieur du Québec, André Thibault a accepté de participer, il y a quelques mois, à un événement de l’organisation.
Thibault avait entendu parler de cette organisation par l’entremise de l’un de ses amis, Jean-François Lafrance, un dur à cuire de la Ligue nord-américaine de hockey qui avait participé à des événements de Ice Wars dans le passé.
Un autre colosse, Jon Mirasty, qui agit comme juge pour l’événement, tentait d’ailleurs de l’attirer depuis quelque temps.
«Ils cherchent un bon show et ne vont pas aller chercher n’importe qui, explique Thibault.
Il ajoute que les combats de Ice Wars sont diffusés sur une plateforme payante. Au début, j’étais hésitant et je ne savais pas trop à quoi m’attendre. J’avais eu de bons mots des combattants des anciennes éditions et j’ai décidé d’embarquer dans le processus.»
«T’es un peu malade»
Avant de partir, il n’a pas caché avoir reçu quelques avertissements de ses proches.
«Beaucoup de gens m’ont dit: “T’es un peu malade de faire ça”, raconte-t-il en riant. Tu ne t’en vas pas là pour jouer au hockey, tu t’en vas là pour le show de goons. Parce que c’est ce que c’est, un tournoi de goons. Par contre, en me voyant performer, les gens ont eu de bons commentaires par la suite sur ce que j’ai fait là-bas.»
Lors du tournoi organisé à Cheyenne au Wyoming, Thibault s’est rendu jusqu’en finale, baissant pavillon devant le colosse de 6 pi 5 po et 235 lb Ryan Devine.
À un certain moment, lors de l’entretien, une question nous brûle les lèvres: «André, comment tu te sens avant un événement comme ça? Tu n’as pas peur de manger une volée?»
«J’essaie de tasser les sentiments négatifs à ce niveau-là, explique-t-il. C’est peut-être pour ça que je performe: je n’ai peur de personne. C’est peut-être un défaut aussi!»
Un combat contre un géant
Avant de quitter pour Cheyenne, il regardait la liste des participants et est tombé sur le profil de Catlin «The Chief» Big Snake, un matamore de 6 pi 6 po et 310 lb.
«J’en ai parlé avec ma blonde avant de prendre l’avion. Je savais que ce serait difficile si j’avais à l’affronter parce qu’il a six pouces de bras de plus que moi et plus de 70 lb», raconte celui qui pèse 227 lb du haut de ses 6 pi.
Évidemment, ce qui devait arriver arriva: il a croisé le chemin de Big Snake dès son deuxième combat, qu’il a gagné.
Thibault ne sait pas s’il participera à d’autres événements de Ice Wars, mais, s’il le fait, ce sera dans le but de se faire remarquer par certaines ligues aux États-Unis et, peut-être un jour, d’obtenir un essai dans la ECHL.
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