Le plus ardent défenseur du maintien des bagarres dans la LHJMQ a changé d’avis
«Les joueurs ont décidé que ce n'était plus important», dit Bobby Smith.


Kevin Dubé
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Six mois après que la LHJMQ ait annoncé qu'elle bannissait les bagarres, quel impact cette décision a-t-elle eu sur le monde du hockey? Le Journal a sondé, durant les dernières semaines, des ligues de partout à travers le monde, des joueurs qui défendent ardemment les combats et des experts qui s'inquiètent pour le cerveau des athlètes. Nous vous présenterons le résultat au cours des prochains jours.
Plus importante voix en faveur du maintien des bagarres dans la LHJMQ pendant de nombreuses années, l’ancien propriétaire des Mooseheads de Halifax, Bobby Smith, a changé son fusil d’épaule... un peu.
L’ancien joueur du Canadien, qui a vendu la formation de la Nouvelle-Écosse en février dernier à l’homme d’affaires Sam Simon après en avoir été le propriétaire pendant 20 ans, a été partie prenante du bras de fer interne dans la LHJMQ entre les propriétaires en faveur, puis les autres en défaveur d’une abolition pleine et entière des bagarres dans le circuit.
Les joueurs ont décidé
Smith regarde la situation avec un peu plus de détachement maintenant qu’il ne fait plus partie de l’Assemblée des membres du circuit Cecchini.
«Ce que j’ai toujours dit durant les rencontres, c’est que je préférais qu’un joueur reçoive un coup de poing sur le nez [plutôt] que d’en voir un autre se retrouver en chaise roulante après avoir été frappé par-derrière», a-t-il mentionné lorsque joint à sa résidence de Scottsdale en Arizona.
Toutefois, au cours de ses dernières années avec les Mooseheads, la situation a évolué, a-t-il constaté.

«Les joueurs ont décidé que les bagarres n’étaient plus importantes. Je ne sais pas si c’est un changement sociétal ou si ça vient du fait que les joueurs d’élite grandissent ensemble de nos jours, se côtoient dans les différents événements de Hockey Canada. Ils se connaissent tous et ne veulent pas se battre entre eux. Ce n’était pas le cas quand je jouais.»
« Ça ne changera rien »
À ses yeux, donc, le fait que la LHJMQ ait officiellement aboli les bagarres sur papier, en imposant dorénavant une expulsion automatique du match ainsi qu’une partie de suspension à tout joueur agissant comme instigateur, ne changera rien.
«Personne ne veut des bagarres comme dans le temps. J’ai joué 15 ans dans la LNH et je n’étais pas un bagarreur, mais j’ai dû jeter les gants une soixantaine de fois parce que je n’avais pas le choix.»
«Maintenant, les joueurs ont pris la décision eux-mêmes que les bagarres ne faisaient plus partie du hockey, et c’est même le cas dans la LNH.»

«Je suis persuadé que les amateurs ne verront même pas la différence. Les bagarres n’existaient déjà presque plus.»
Comment aurait-il voté?
S’il était encore autour de la table, donc, aurait-il changé son fusil d’épaule et aurait-il approuvé l’abolition complète des bagarres, comme l'a demandé la ministre des Sports, Isabelle Charest?
«Je ne vois plus la situation de la même façon qu’il y a quelques années, mais je suis assez entêté que j’aurais probablement voté contre encore, lance-t-il en riant. Mon point est que ça ne change plus rien. Allez voir des matchs: vous ne verrez aucune différence dans le jeu.»