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Impact de Montréal

L’Inter Miami, gagnant du dernier «mercato»?

Publié | Mis à jour

Sans faire de bruit, la période des transferts en MLS s’est terminée, jeudi soir.

Une période vraiment pas habituelle; ça va avec le reste de la saison et de la vie en général en 2020. 

La possibilité de dépenser n’était plus la même. La possibilité de même faire traverser les frontières à certains joueurs (parlez-en à l’Impact) n’était plus la même. En fait, tenir le marché entre les 12 août et 29 octobre était aussi du jamais vu.

Mais des transferts, il y a eu. Ce n’était pas tout à fait la même frénésie qu’à l’habitude, mais il s’est passé certaines choses qui méritent qu’on s’y arrête.

Voici cinq observations sur le dernier marché des transferts en MLS :

L’Impact prépare 2021 

Sans trop faire de vagues, l’Impact, par l’entremise de son directeur sportif, Olivier Renard, a continué le lifting fait à son effectif depuis l’hiver dernier. Il est clair que les décisions prises dans les dernières semaines visaient beaucoup plus à préparer 2021 qu’à terminer 2020 en force, même si l’organisation espère toujours une participation aux éliminatoires en novembre.

Il était aussi clair depuis longtemps que le club avait besoin d’aide au poste d’attaquant. Renard a commencé à attaquer le problème en obtenant l’Américain Mason Toye, de Minnesota United, en retour de 600 000$ en montants d’allocation. Toye n’est pas une vedette, il ne vient pas avec des garanties, mais son potentiel est indéniable et l’idée de le mettre entre les mains de Thierry Henry est évidemment très bonne.

Ses premières apparitions ont montré un jeune homme qui cherche ses repères dans un nouveau système de jeu. Toye reste un projet, mais son acquisition est très intéressante.

Le transfert le plus significatif dans le camp de l’Impact demeure toutefois le départ du milieu algérien Saphir Taïder vers Al Ain, en Arabie Saoudite. L’Impact a reçu quelques centaines de milliers de dollars en retour du joueur de 28 ans, mais se libère surtout de son salaire et de sa place de joueur désigné. Les deux seront sans doute réinvestis dans un nouveau joueur qui cadrera davantage avec ce que l’administration actuelle veut mettre en place.

Il ne faut pas passer sous silence le départ du vétéran gardien Evan Bush, échangé aux Whitecaps de Vancouver contre presque rien, une autre opération qui permet au club de se libérer davantage d’espace sous le plafond salarial.

Et qu’en est-il de Mustafa Kizza, le jeune joueur ougandais acquis au début de l’été et amené avec difficulté à Montréal cet automne? Le latéral gauche de 21 ans est en ville, il est en quarantaine, mais selon notre descripteur de soccer Frédéric Lord, il ne faut pas s’attendre à le voir jouer avec le club en 2020. 

L’Inter Miami sur toutes les lèvres 

Après un an à avoir été lié par la rumeur à une succession de grands noms, dont Lionel Messi (!!), le «club de David Beckham» a fini par faire parler sa puissance financière, cet été, en allant chercher deux grosses pointures qui venaient tout juste de quitter la Juventus Turin : l’attaquant argentin Gonzalo Higuain et le milieu français Blaise Matuidi, vainqueur de la dernière Coupe du monde.

Les deux ont la trentaine, mais ils ont encore un très bon niveau. L’Inter a aussi rapatrié le frère aîné de Gonzalo, Federico, qui est désormais un «super sub» fort pratique en milieu de terrain pour l’entraîneur, Diego Alonso.

Crédit photo : Jasen Vinlove-USA TODAY Sports

Si on ajoute à cela l’arrivée du défenseur Leandro Gonzalez Pirez, de retour en MLS après une courte pause mexicaine, voilà quatre joueurs qui ont passablement changé le visage de l’équipe d’expansion en quelques semaines.

L’effet est évident aussi : après avoir passé la majeure partie de la saison dans le fond du classement dans l’Est, l’Inter Miami est actuellement dans le portrait en vue des éliminatoires, où il pourrait devenir un adversaire compliqué. Cela dit, la qualification n’est pas acquise et la blessure récemment subie par le défenseur Nicolas Figal, qui sera absent pour quelques semaines, est une bonne épine dans le pied avec encore deux matchs à jouer à la saison 2020.

Les Saoudiens viennent piller la MLS 

Les clubs saoudiens sont, ça ne surprendra personne, souvent bien en moyens et ils ne se sont pas gênés pour venir faire leurs emplettes en MLS dans les dernières semaines.

Ainsi, Al-Nassr a permis à Atlanta United de se départir du milieu de terrain «Pity» Martinez, jamais heureux avec le club, en retour de 18 beaux millions de dollars. Les champions de la Coupe MLS en 2018 ont ensuite réagi en le remplaçant par un autre milieu, Marcelino Moreno, qui arrive de Lanús, en Argentine. Vite fait, bien fait.

Ensuite, c’est Al-Ahli qui est passé à l’action en allant chercher en prêt l’ailier roumain Alexandru Mitrita du côté du New York City FC. Des raisons familiales ont été invoquées pour son départ, mais il n’est pas certain que l’on revoie le joueur de 25 ans à New York. Ce qui est fort dommage : Mitrita est un attaquant vif, capable du jeu spectaculaire et il connaissait de bons moments au plan sportif lorsqu’il a quitté le club. Le NYC FC le remplacera, évidemment, mais se retrouve dans l’immédiat avec un élément important en moins alors que les éliminatoires sont en vue.

Enfin, comme mentionné plus haut, Al Ain a aussi bougé en obtenant Saphir Taïder, de l’Impact, lui aussi parti en invoquant des raisons personnelles. Il y a cependant fort à parier que l’international algérien touche une très jolie paie à son nouveau club. Comme le NYC FC, l’Impact sera capable de remplacer son joueur parti, mais pas immédiatement.

Rappel : l’ex-attaquant du Toronto FC Sebastian Giovinvo, qui a connu des très belles saisons en MLS entre 2015 et 2018, évolue lui aussi en Arabie Saoudite depuis l’année dernière.

Des produits locaux populaires 

La MLS a aussi vu deux de ses meilleurs jeunes talents locaux être acquis par des formations européennes, continuant ainsi sa mission de devenir une ligue qui produit des talents et où les puissances du sport viennent de plus en plus recruter.

Cette fois, ce sont les Américains Reggie Cannon et Brenden Aaronson qui ont trouvé preneur sur le Vieux Continent.

Le premier, un défenseur latéral, est parti du FC Dallas pour Boavista, au Portugal, en retour de 2,75 millions $ (selon Transfermarkt). Le deuxième, formé à l’Union de Philadelphie, quittera l’hiver prochain pour l’Autriche et le Red Bull Salzbourg, où il rejoindra son compatriote Jesse Marsch, entraîneur du club depuis 2019.

Il s’agit de deux joueurs au talent certain, aussi appelés à briller en équipe nationale. Surtout, il y a de bonnes chances que leur rendement continue d’attirer des recruteurs en Amérique. Aaronson, en particulier, est un milieu de terrain extrêmement complet et vient tout juste d’avoir 20 ans. La suite de son développement s’annonce très intéressante pour les amateurs de soccer... et la MLS.

Crédit photo : Bill Streicher-USA TODAY Sports

Les Sounders réunissent la vieille bande 

Il faudra encore une fois prendre les Sounders, deux fois champions de la Coupe MLS depuis 2016, très au sérieux durant les éliminatoires. Parce qu’ils y vont encore pour tout arracher.

Pour preuve, ils ont même pris soin de réunir la défense qu’ils avaient en place la saison dernière en rapatriant Roman Torres, parti à Miami au repêchage d’expansion, et le latéral australien Brad Smith, revenu en septembre avec le club auquel il avait initialement été prêté lors de la saison 2019.

Bref, la machine reste bien huilée alors que le cycle amorcé en 2015 en est peut-être à ses derniers milles, puisque son maître à jouer, le milieu de terrain Nico Lodeiro, pourrait ensuite partir, durant la saison morte... en Arabie Saoudite.

Crédit photo : Joe Nicholson-USA TODAY Sports