Épuisée, la mère d'un garçon autiste dénonce un système scolaire trop rigide


Daphnée Dion-Viens
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« On est très peu entendu comme parent sur les besoins de notre enfant. Très peu. Ce qui est épuisant, ce n’est pas d’avoir un enfant autiste à la maison. C’est d’avoir à se battre constamment pour qu’il ait des services. »
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Andréanne Boily-Lévesque est la mère de Samuel, un garçon autiste de sept ans qui a aussi un trouble du déficit de l’attention.
Samuel fréquente une classe spécialisée dans une école du Bas-Saint-Laurent. Il peut devenir très agressif lorsqu’il est en crise.
« Et si vous voulez augmenter sa désorganisation, la meilleure façon, c’est de l’exclure de l’école pour quelques jours », lance sa mère.
Or son garçon a été suspendu à plusieurs reprises l’année dernière, à la suite de gestes de violence. À partir de novembre, il a fréquenté l’école à temps partiel, en avant-midi seulement.
« Quand les crises relèvent d’une incapacité de contrôle, est-ce qu’on peut chercher avec l’enfant des stratégies pour que ça ne se reproduise plus, plutôt que de le retourner chez lui ? demande la mère. Je comprends que Samuel peut être violent et dangereux pour les autres élèves et les membres du personnel, mais j’ai proposé une tonne de mesures qui n’ont pas été entendues. »
Mme Boily-Lévesque a proposé que l’éducatrice spécialisée qu’elle embauche à la maison puisse accompagner son fils à l’école en après-midi.
Solutions proposées
Elle a rédigé un « mode d’emploi » pour Samuel, un document qui détaille quels sont ses besoins, sa trajectoire de services, ce qui fonctionne pour réduire ses comportements agressifs ou pour le calmer lorsqu’il est en crise.
Andréanne Boily-Lévesque a même proposé de passer une semaine à l’école avec les éducatrices pour leur montrer quelles interventions fonctionnent bien à la maison avec Samuel
« Ç’a été mis au dossier. Je n’en ai jamais entendu parler », laisse-t-elle tomber.
Mme Boily-Lévesque ne blâme pas le personnel, qui « fait son gros possible », mais plutôt le manque d’ouverture de la direction de l’école et la rigidité de la structure scolaire.
« Je comprends très bien les enjeux de sécurité, je suis en mode solution. Mais si on ne m’écoute pas, on va juste amplifier le problème. Samuel va finir en RAC (résidence à assistance continue) et si on est chanceux, il va licher des enveloppes à 18 ans. C’est dommage, pour un jeune qui a autant de potentiel. »