Une élève autiste exclue d’une école spécialisée depuis plus de deux ans


Daphnée Dion-Viens
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Lorianne, une autiste de 11 ans ayant une déficience intellectuelle, a été exclue d’une école spécialisée il y a plus de deux ans. Sa mère, qui a dû avoir recours à l’aide sociale pour s’occuper d’elle à temps plein, s’est battue pendant des mois pour que sa fille soit finalement scolarisée cet automne, à temps partiel.
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En janvier 2019, Lorianne a été exclue de l’école des Érables, un établissement spécialisé à mandat régional dans les Laurentides, à la suite de « gestes de violence graves » commis à l’endroit des membres du personnel, peut-on lire dans une lettre du centre de services scolaire des Mille-Îles transmise à sa mère.
Une mauvaise approche
Nadeige McCallum est alors convaincue que l’agressivité de sa fille découle d’une mauvaise approche utilisée par l’école, qui refuse que Lorianne ait accès à un outil de communication comme à la maison.

La jeune fille fonctionne pourtant bien à l’extérieur de l’école, fait valoir sa mère. Avant son expulsion, Mme McCallum a eu recours à des services professionnels au privé pour l’aider à encadrer Lorianne.
« L’école aurait aimé que ma fille rentre dans leur structure, mais ça ne lui convenait pas du tout », dit-elle.
À la suite de son expulsion, Lorianne est revenue en classe, lors de courtes périodes d’essai. L’approche d’intervention est restée la même.
« Contrainte excessive »
Malgré la présence de deux adultes, le comportement de Lorianne ne s’est pas amélioré et elle a été renvoyée à la maison.
Le centre de services scolaire a mis fin officiellement à sa scolarisation en janvier 2020, invoquant la « contrainte excessive » que représente son maintien en classe.
Au cours de la dernière année, Nadeige McCallum a multiplié les démarches pour permettre à sa fille de retourner en classe. Une équipe du réseau de la santé a procédé à l’évaluation de Lorianne, après quatre semaines d’observation. Des démarches ont été entreprises auprès des intervenants scolaires afin que la jeune fille soit réintégrée à l’école des Érables cet automne, ce qui lui a été refusé.
Le centre de services scolaire considère que Lorianne n’a pas fait la démonstration qu’elle est capable d’atteindre les « comportements attendus dans un contexte scolaire », peut-on lire dans un courriel envoyé au début juillet.
Entente exceptionnelle
Au cours des dernières semaines, une entente de scolarisation exceptionnelle a finalement été conclue impliquant deux autres centres de services scolaires afin que Lorianne soit scolarisée à temps partiel dans les locaux de l’Unité de réadaptation en comportement intensif du CISSS des Laurentides.
La jeune fille sera encadrée par un enseignant qui travaille déjà sur place avec d’autres jeunes et une éducatrice spécialisée embauchée par Mme McCallum grâce à une allocation gouvernementale.
« Ça fait du bien. Lorianne a le droit d’être scolarisée comme tout le monde. Mais si ce n’était de l’éducatrice qui vient du privé, on ne parlerait même pas encore de scolarisation pour elle », affirme sa mère.