Seulement trois heures d’enseignement par jour pour son fils autiste


Daphnée Dion-Viens
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« Il y a de plus en plus d’enfants autistes et de moins en moins de ressources pour eux. Même en classe spécialisée, ils ne peuvent pas garder mon fils. Alors moi, je fais quoi ? »
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Marie-Julie Blouin ne sait plus vers qui se tourner. Son garçon de 9 ans, Noah, a un trouble du spectre de l’autisme, un déficit d’attention et des troubles d’apprentissage.
Dès la rentrée 2018, le parcours scolaire de son fils tourne au cauchemar. Noah ne fonctionne pas bien en groupe, même dans une classe spécialisée. Il réagit avec force à la rigidité de la structure de l’école, raconte sa mère, qui habite Sherbrooke.
Crises et isolement
Les crises sont fréquentes, tout comme les périodes en salle d’isolement et les mesures de contention qui les accompagnent. Noah est violent. Il menace de mort des membres du personnel. « C’était l’horreur », résume sa mère.
Elle a dû composer avec les expulsions à répétition de son fils, qui s’est fait suspendre à plusieurs reprises.
« Il passait plus de temps à la maison qu’en classe », dit-elle.
Au début 2019, son état se détériore. Marie-Julie Blouin décide de le retirer de cette classe pour lui faire l’école à la maison. Dans ces circonstances, il lui est impossible de travailler de toute façon.
L’automne suivant, elle demande au centre de services scolaire de réintégrer son garçon en classe.
« Je me sentais bloquée. Il a des troubles d’apprentissage et je ne suis pas orthopédagogue », dit-elle.
Mais les démarches traînent. Noah n’est toujours pas de retour en classe en mars 2020, lorsque la pandémie bouscule tout.
Trois éducateurs pour lui
Le garçon est finalement retourné dans une classe spécialisée l’automne dernier, à temps partiel. Il a terminé l’année scolaire avec trois heures d’école par jour, après que sa mère eut multiplié les pressions pour faire augmenter son temps de présence à l’école.
Mais le garçon « monopolise trois éducateurs dans une classe de quatre enfants » et devra changer d’école cette année, indique Mme Blouin, qui est elle-même à bout de souffle.
Cet automne, Noah fréquentera l’école Le Monarque, à Sherbrooke, un établissement spécialisé qui accueille des élèves en grande difficulté.
« Je ne sais pas ce que ça va donner, lance-t-elle. C’est une école de dernier recours, mais ils ne sont pas spécialisés en autisme. On souhaite que ça va marcher. De toute façon, il n’y a pas d’autre solution. »
De son côté, le Centre de services scolaire de la région de Sherbrooke a préféré ne pas commenter la situation, pour des raisons de confidentialité et en raison de l’implication de différents partenaires de la santé et des services sociaux dans ce dossier.