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Forcée de faire l’école à la maison à sa fille autiste depuis trois ans

<b> Pascale Leroux et sa fille Océane, 17 ans</b> <br />
«J’ai demandé qu’on m’envoie quelqu’un pour m’aider à scolariser Océane à la maison, même si c’était juste deux heures par semaine, ça aurait aidé. Mais on m’a répondu que ce n’était pas possible. On n’a rien eu.»
<b> Pascale Leroux et sa fille Océane, 17 ans</b> <br /> «J’ai demandé qu’on m’envoie quelqu’un pour m’aider à scolariser Océane à la maison, même si c’était juste deux heures par semaine, ça aurait aidé. Mais on m’a répondu que ce n’était pas possible. On n’a rien eu.» Photo Martin Alarie
Photo portrait de Daphnée  Dion-Viens

Daphnée Dion-Viens

2021-08-21T04:00:00Z

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« Je me suis fait imposer de faire l’école à la maison. Ça n’a jamais été mon choix, même si ça fait trois ans qu’Océane est à la maison. La commission scolaire l’a carrément mise dehors. »

• À lire aussi: Deux fois plus d’élèves autistes dans les écoles québécoises

Océane, qui a aujourd’hui 17 ans, n’a jamais eu un parcours scolaire facile. La situation s’est dégradée davantage au secondaire, où la jeune fille a eu beaucoup de difficulté à s’intégrer aux « règles strictes » de sa nouvelle école où elle fréquentait une classe spécialisée, raconte sa mère, Pascale Leroux.

Dès la première semaine, elle a dû aller chercher sa fille d’urgence. En crise, elle s’était réfugiée dans les étagères d’une bibliothèque. Dans les semaines suivantes, Océane a voulu s’enfuir de l’école et a blessé des intervenants qui ont tenté de la retenir. 

« Ma fille réagissait un peu comme un animal sauvage, dit Mme Leroux. Elle ne se sentait pas bien, alors elle voulait se sauver. »

Photo Martin Alarie
Photo Martin Alarie

L’école a déposé une plainte pour coups et voies de fait, qui s’est soldée par une absolution inconditionnelle au terme d’un procès et de longues démarches. Océane a pu retourner en classe seulement en juin cette année-là.

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À la rentrée 2019, le centre de services scolaire des Grandes-Seigneuries a proposé deux options à la mère d’Océane : que sa fille fréquente une école spécialisée de Montréal, à une cinquantaine de kilomètres de chez elle, ou qu’elle lui fasse l’école à sa maison de Napierville, en Montérégie.

« C’était beaucoup trop loin, s’il arrivait quelque chose et qu’il fallait que j’aille la chercher d’urgence, je risquais d’être prise des heures dans le trafic », dit-elle.

Pascale Leroux affirme donc ne pas avoir eu vraiment le choix : cette travailleuse autonome a dû s’occuper d’Océane à temps plein tout en tentant de concilier ses obligations professionnelles, sans aucun soutien, excepté celui de son conjoint.

Enfin de l’aide

Cet automne, après trois ans à la maison, Océane fréquentera une nouvelle classe pour les élèves autistes adultes que le Centre de services scolaire des Grandes-Seigneuries vient de mettre sur pied. 

Photo Martin Alarie
Photo Martin Alarie

« J’espère vraiment que ça va fonctionner. Enfin, on a de l’aide. Il y a quelque chose qui existe pour elle. »

Le Centre de services a de son côté refusé de commenter le cas spécifique d’Océanne, tout en assurant que l’organisation « se fait un devoir de prendre en charge avec diligence tous les dossiers d’élèves ayant des difficultés particulières ».

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