Forcée de faire l’école à la maison à sa fille autiste depuis trois ans


Daphnée Dion-Viens
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« Je me suis fait imposer de faire l’école à la maison. Ça n’a jamais été mon choix, même si ça fait trois ans qu’Océane est à la maison. La commission scolaire l’a carrément mise dehors. »
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Océane, qui a aujourd’hui 17 ans, n’a jamais eu un parcours scolaire facile. La situation s’est dégradée davantage au secondaire, où la jeune fille a eu beaucoup de difficulté à s’intégrer aux « règles strictes » de sa nouvelle école où elle fréquentait une classe spécialisée, raconte sa mère, Pascale Leroux.
Dès la première semaine, elle a dû aller chercher sa fille d’urgence. En crise, elle s’était réfugiée dans les étagères d’une bibliothèque. Dans les semaines suivantes, Océane a voulu s’enfuir de l’école et a blessé des intervenants qui ont tenté de la retenir.
« Ma fille réagissait un peu comme un animal sauvage, dit Mme Leroux. Elle ne se sentait pas bien, alors elle voulait se sauver. »

L’école a déposé une plainte pour coups et voies de fait, qui s’est soldée par une absolution inconditionnelle au terme d’un procès et de longues démarches. Océane a pu retourner en classe seulement en juin cette année-là.
À la rentrée 2019, le centre de services scolaire des Grandes-Seigneuries a proposé deux options à la mère d’Océane : que sa fille fréquente une école spécialisée de Montréal, à une cinquantaine de kilomètres de chez elle, ou qu’elle lui fasse l’école à sa maison de Napierville, en Montérégie.
« C’était beaucoup trop loin, s’il arrivait quelque chose et qu’il fallait que j’aille la chercher d’urgence, je risquais d’être prise des heures dans le trafic », dit-elle.
Pascale Leroux affirme donc ne pas avoir eu vraiment le choix : cette travailleuse autonome a dû s’occuper d’Océane à temps plein tout en tentant de concilier ses obligations professionnelles, sans aucun soutien, excepté celui de son conjoint.
Enfin de l’aide
Cet automne, après trois ans à la maison, Océane fréquentera une nouvelle classe pour les élèves autistes adultes que le Centre de services scolaire des Grandes-Seigneuries vient de mettre sur pied.

« J’espère vraiment que ça va fonctionner. Enfin, on a de l’aide. Il y a quelque chose qui existe pour elle. »
Le Centre de services a de son côté refusé de commenter le cas spécifique d’Océanne, tout en assurant que l’organisation « se fait un devoir de prendre en charge avec diligence tous les dossiers d’élèves ayant des difficultés particulières ».