Réinventer son emploi: un saut dans le vide après 31 ans dans les restaurants


Jean-Michel Genois Gagnon
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Déménagement, difficultés financières... et puis la COVID-19. Le monde de la restauration a toujours été une passion et une vocation pour Éric Courchesne, qui a tout même dû fermer son restaurant à Longueuil l’an dernier. À 49 ans, l’homme d’affaires a fait un saut dans le vide, comme on dit.
M. Courchesne était copropriétaire avec un ami de l’enseigne Copains Gourmands depuis 2006. Cet établissement a fait faillite en 2020.
Les difficultés financières de l’endroit dataient toutefois d’avant la pandémie.
« Depuis plusieurs années, ce n’est pas facile en restauration. Les marges de profits sont de plus en plus réduites », raconte-t-il. « En 2017, j’ai dû relocaliser mon restaurant. [...] Financièrement, nous avons recommencé à zéro. À la pandémie, j’étais déjà essoufflé financièrement, mentalement et physiquement. La COVID-19 a donné le dernier coup », poursuit-il.
Lorsqu’il s’est retrouvé sans emploi en juin, celui qui a étudié en restauration et en science politique ne cache pas que sa nouvelle aventure semblait « épeurante ». Il travaillait en restauration depuis 31 ans.
« Il a fallu que je me reconstruise. Cela a été un choc », dit-il. « J’ai tout perdu. J’ai perdu mes repères », ajoute-t-il.
Programme d’orientation
Pour mieux se diriger, il a suivi un programme durant quatre semaines au mois d’août en recherche d’emploi et réorientation de carrière auprès de l’organisme Vision Travail.
Il a eu accès à la Prestation canadienne d’urgence (PCU) durant ses démarches. L’encouragement de ses proches lui a également permis de surmonter cette épreuve.
« Cela m’a aidé à avoir confiance en moi et voir que mes compétences étaient transférables », souligne-t-il, concédant que la dernière année n’a pas été de tout repos.
Mais aujourd’hui, il est fier de dire qu’il travaille comme gestionnaire en hygiène et salubrité dans un Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Québec (CIUSSS).
Il s’agit d’un poste contractuel pour une période de six mois. M. Courchesne occupe ces fonctions depuis le 11 janvier.
Un conseil...
« Depuis novembre que je travaillais pour avoir cet emploi », indique-t-il, conseillant aux gens dans une situation similaire à la sienne de ne pas nécessairement prendre le premier boulot qui se présente. « J’avais aussi des démarches avec Hydro-Québec et une station de radio et j’ai refusé. »
Et après, pourrait-il replonger dans le monde de la restauration ?
Non, du moins pas à moyen terme. Il se dit heureux dans ses nouvelles fonctions.
« J’ai hâte de me lever le matin et encore apprendre », avance-t-il. « Oui, j’ai trouvé ce changement de carrière très difficile. Aujourd’hui, je peux dire qu’il faut foncer. [...] Tout s’apprend », conclut-il.