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Réinventer son emploi: un commandant de bord va piloter des camions

Photo portrait de Sylvain  Larocque

Sylvain Larocque

2021-02-06T05:00:00Z

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Après avoir passé l’été à tourner en rond chez lui, Jean-Philippe Turmel a décidé de mettre son expérience de pilote d’avion au service de l’industrie du camionnage.

L’automne dernier, le commandant de bord pour une grande compagnie aérienne canadienne s’est inscrit au Centre de formation en transport de Charlesbourg, situé près de chez lui.

Dans sa cohorte, pas moins de trois des huit étudiants sont des pilotes ! « Ça montre la santé de l’industrie aérienne », soupire M. Turmel.

Des milliers de pilotes canadiens sont actuellement au chômage en raison de la pandémie, qui a interrompu plus de 80 % de l’activité aérienne au pays.

Plusieurs ressemblances

Pour Jean-Philippe Turmel, le transport routier s’est rapidement imposé. « Sous plusieurs angles, le camionnage, c’est un domaine qui ressemble beaucoup à l’aviation », souligne-t-il.

« Les deux, c’est beaucoup des longues distances. Les horaires sont assez similaires. C’est un mode de vie auquel je suis habitué. »

À l’école de camionnage, la matière lui rappelle un peu sa formation de pilote. Il étudie la réglementation, la navigation par cartes, la mécanique, la répartition des chargements en soute...

« Un camion, c’est une machine quand même assez imposante, affirme M. Turmel. Ça impose le respect. Pour moi qui n’en avais jamais conduit avant, c’est quand même impressionnant. Conduire ça, ce n’est pas inné pour personne, ça s’apprend. »

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Dans une certaine mesure, les pilotes partent avec une longueur d’avance. « Pour nous, c’est un peu plus facile parce qu’on est habitués à apprendre des schémas de systèmes, la cartographie... Ce n’est pas quelque chose qui nous est complètement inconnu », dit-il.

Salaire divisé par deux

Il y a toutefois une différence entre les deux métiers et elle est de taille : le salaire. À titre de pilote, Jean-Philippe Turmel empochait plus de 100 000 $ par année. Comme camionneur, il ne gagnera guère plus de 50 000 $, du moins au début.

« C’est quand même intéressant, estime-t-il. Il ne faut pas se leurrer, ce serait à peu près impossible que je fasse le même salaire. Il faudrait quasiment que je me lance dans des études universitaires. »

En avril, quand il aura terminé sa formation de cinq mois, M. Turmel prendra la route de la côte est américaine pour transporter de la nourriture et des produits de papier.

« C’est le fun de m’en aller dans un domaine qui soutient un peu les services essentiels, lance-t-il. C’est différent d’aller travailler dans un CHSLD, mais ç’a quand même son utilité. »

Jean-Philippe Turmel sera impatient de reprendre les airs lorsque la vaccination aura eu raison de la pandémie. Mais il ne pense pas tourner le dos au camionnage pour autant.

« Même quand je vais retourner voler, je pourrais continuer à conduire des camions à temps perdu. Et s’il y a d’autres pandémies – on ne se le souhaite pas ! – ou des crises économiques, ça va me faire une bonne formation à avoir dans ma poche arrière. » 

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