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Une transition du micro au marteau pour l'animateur Olivier Racine-Lessard

La crise sanitaire a forcé l’animateur de radio à revoir son plan de carrière

Photo portrait de Diane Tremblay

Diane Tremblay

2021-02-06T05:00:00Z

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Un ancien journaliste et animateur de radio a encaissé très difficilement de perdre son micro à Québec dans le contexte de la COVID-19. Sans sa femme et ses deux enfants, il confie qu’il ne serait peut-être plus là aujourd’hui pour en parler. De retour sur les bancs d’école, il apprend le métier de charpentier.  

À 32 ans, cela n’a pas été facile, pour Olivier Racine-Lessard, de renoncer au milieu de la radio, un univers passionnant qui peut aussi s’avérer très ingrat.  

« Ça faisait 10 ans que je faisais de la radio à Québec. J’étais quand même établi dans le milieu. Je travaillais au 102,9 [une station de Cogeco] depuis quatre ans. On a aboli mon poste à cause des restrictions budgétaires », relate-t-il. 

Période sombre

Avec une économie sur pause, les restaurants et les magasins fermés, plusieurs annonceurs ont réduit leurs dépenses publicitaires.

« Honnêtement, j’ai pris ça durement. Au début, c’était particulièrement pénible, parce que j’avais l’impression que mon employeur m’abandonnait au moment où j’en avais le plus besoin. » 

« Quand la pandémie a commencé, on avait tous peur de la COVID. On ne connaissait pas ça. Moi, j’ai la maladie de Crohn. Je suis immunosupprimé depuis plusieurs années. Le gouvernement disait aux gens comme moi de rester à la maison. Au moment où j’avais le plus besoin que mon employeur me soutienne, c’est le moment où on m’a mis dehors. »

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« Heureusement que ma conjointe et mes enfants étaient là, parce que si ça n’avait pas été d’eux, je ne suis pas sûr que je serais encore là aujourd’hui. Je n’ai pas de misère à le dire, j’ai vraiment trouvé ça dur. » 

Se tenir occupé

Pour sa santé mentale, le père d’enfants de 4 ans et 1 an ne pouvait pas rester inactif.  

« L’idée de devenir charpentier est venue d’elle-même. Mon seul exutoire, c’est de travailler. Quand je fais un projet quelconque dans mon atelier, je ne pense pas. À partir du moment où je l’ai su, je me suis toujours gardé occupé. » 

« Je voulais rester en radio au début. Quand j’envoyais des CV ailleurs, tout le monde me répondait la même affaire. On n’a pas de place. On est en train de faire des coupures. Ce n’est pas parce que je n’étais pas aimé dans le milieu. C’est juste parce que tout le monde est en restructuration. » 

Charpenterie-menuiserie

Ainsi, Olivier s’est inscrit à l’École des métiers et occupations de l’industrie de la construction de Québec, en charpenterie--menuiserie. Grâce au programme de reconnaissance des acquis, il pourra exercer son nouveau métier comme apprenti dès juin prochain.  

« Je travaille beaucoup de mes mains. Je fais beaucoup de rénovation. Ça m’avait déjà traversé l’esprit de changer de carrière. Les conditions sont bonnes. Il y a une pénurie de main-d’œuvre. » 

Même s’il avait du plaisir à faire de la radio, Olivier s’encourage en se disant qu’il pourra compter sur une meilleure stabilité d’emploi dans la construction.

« J’en veux à la COVID. Ça m’oblige à me retrousser les manches et à faire ces changements-là. Peut-être que je les aurais faits de toute façon dans quelques années. Je ne sais pas, mais j’en veux à la COVID de m’avoir forcé la main, car j’avais encore ma place dans ce milieu-là », a-t-il lancé en terminant. 

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