Pierre‐Yves Cardinal se confie sur l’équilibre entre sa carrière internationale et sa vie de famille
Alicia Bélanger-Bolduc
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Le Québec et la France s’arrachent tour à tour l’acteur Pierre-Yves Cardinal, depuis que le film Simple comme Sylvain a révélé toute l’ampleur de son talent. On le retrouve ces jours-ci dans la deuxième saison de MR BIG, où il reprend le rôle auparavant tenu par François Arnaud. Entrevue avec un acteur toujours en pleine ascension.
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Comment as-tu vécu l’expérience sur la deuxième saison de MR BIG?
Beaucoup de gens m’ont demandé si c’était particulier de reprendre le rôle de Jeff, joué par François Arnaud dans la première saison. Je l’ai vécu assez paisiblement. Je me suis senti accueilli et on m’a laissé aller dans mon énergie. J’avais parlé avec François au téléphone pour qu’il me guide un peu, et il m’a passé le flambeau avec beaucoup de bienveillance. Je me suis rapidement senti intégré à l’équipe, mais j’ai hâte de voir comment le public va réagir.
Tu as donc rapidement senti que tu avais ta place ?
J’avais confiance, surtout parce qu’on était très bien servis au niveau des textes. J’ai vite compris qu’on tenait une très bonne saison. Je me sentais en confiance avec les artistes invités, qui étaient tous très motivés. Quand tu as un bon texte à défendre, tout devient plus simple. L’équipe principale voulait que chaque personne qui arrive se sente à sa place, donc on a eu du plaisir du début à la fin. C’était aussi très stimulant de découvrir de nouveaux personnages et décors à chaque épisode.

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Pour un acteur, un rôle comme Jeff doit être un projet de rêve, vu toutes les personnalités qu’il permet d’explorer ?
Oui, mais on ne poussait pas non plus les personnages à l’extrême, puisqu’on n’avait qu’un épisode pour les développer. Il fallait suivre une ligne directrice. Le personnage ne change pas de prénom ni de style vestimentaire, pour éviter de compromettre les opérations s’il croise des gens de sa vie. On reste donc sur une même base, qu’on décline selon différents scénarios. Pour créer un lien avec une cible, il faut comprendre quel type de personne peut entrer dans son univers et l’amener à avouer. J’ai eu beaucoup de plaisir à adapter mon jeu selon les criminels rencontrés. On avait aussi d’excellents invités, avec des personnages riches sur lesquels s’appuyer.
Comment t’es-tu préparé pour ce rôle ?
J’ai d’abord regardé la première saison pour bien comprendre l’univers. Quand je travaille un personnage, je reviens toujours au texte. Je me suis imprégné de l’énergie de Jeff, puis j’ai voulu l’aborder de l’intérieur : comment je me sens dans ces situations ? Où je me situe par rapport à tout ça ? Reprendre un personnage peut comporter des pièges : François avait sa manière de le jouer, et moi je devais y aller avec la mienne. Je voulais que mon jeu soit fidèle à l’acteur que je suis, tout en respectant les paramètres du rôle. Jeff est quelqu’un de très confiant, et ça transparaît clairement dans le texte. À force de le relire, j’en ai absorbé la psyché.
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Parlons de tes autres projets. Tu es présentement en France, pourquoi ?
Je tourne une série française pour Arte, qui s’intitule Betty. Ça se passe dans une petite ville des années 1970, où un tueur en série reprend du service et terrorise la population. C’est un très beau texte, avec un point de vue intéressant sur les victimes. Je suis très heureux de faire partie de ce projet.
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Dernièrement, tu multiplies les projets en France, dont les films Demande à la montagne et Qui brille au combat.
C’est mon quatrième projet en deux ans là-bas, ça commence à faire beaucoup ! J’espère que les Québécois pourront voir ces films. Tourner en France est très stimulant : c’est une autre culture, un autre accent. C’est un défi exigeant qui me demande de travailler le texte plus en profondeur. Au Québec, je peux davantage me fier à mon instinct. Maintenant, j’ai mes repères, des amis, une routine. Je suis moins dans l’effervescence des débuts. Je n’avais jamais envisagé une carrière européenne, alors c’est une très belle surprise.
Dirais-tu que Simple comme Sylvain t’a ouvert des portes ?
Oui. Monia Chokri m’a présenté son agent, l’un des plus importants en France. Je ne pourrais pas être mieux représenté. Elle a parlé de moi en bien et je ne la remercierai jamais assez. Ça m’a permis de développer ce volet de ma carrière. Ensuite, il a fallu livrer la marchandise et travailler très fort.
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Souhaites-tu faire encore plus de projets là-bas ?
C’est très important pour moi de faire partie de la culture québécoise, c’est ma patrie. Mais si je ne tourne pas ici, je ne vois pas pourquoi je refuserais un projet en France. C’est d’ailleurs pour ça que je n’ai pas hésité quand MR BIG s’est présenté.
Tes deux filles sont grandes, mais comment concilies-tu carrière internationale et vie de famille ?
Elles me manquent, bien sûr, mais j’essaie de les faire voyager avec moi. Je veux qu’elles puissent en profiter aussi. Quand on se retrouve, on savoure davantage les moments ensemble et on rééquilibre les horaires. C’est un défi, mais je peux compter sur leur mère, sans qui ce ne serait pas possible. Mes filles sont heureuses pour moi, fières, et elles veulent me voir m’épanouir. Mes amis me manquent aussi, mais on s’organise.

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Tu sembles aussi trouver ton équilibre en nature. Est-ce important pour ta santé mentale ?
Je ne faisais pas vraiment de voyages sportifs avant. C’est grâce à mon ami Jean-Philippe Baril Guérard que j’ai commencé. Sa famille a un chalet dans les Alpes et j’y suis allé trois fois. J’ai eu la piqûre dès la première fois. Pour se ressourcer, il n’y a rien de mieux. Je suis aussi allé surfer aux îles Canaries et je suis revenu en pleine forme. Le changement d’air, les paysages, le fait de bien manger et de bouger toute la journée... ça fait une énorme différence. Je suis quelqu’un de très actif, j’ai besoin de bouger pour me sentir bien.
En terminant, qu’est-ce qui s’en vient pour toi ?
Il y a d’autres projets en développement du côté de la France, mais rien de confirmé pour l’instant. Ce serait génial de faire une troisième saison de MR BIG. On se croise les doigts pour que le public embarque et qu’on reçoive le feu vert. Sinon, je n’ai rien de prévu au Québec pour le moment.
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