L’usine de Northvolt ne verra jamais le jour, selon un économiste suédois
Il pense que la direction de la firme a eu des idées de grandeur, alors que sa situation financière ne le permettait tout simplement pas


Francis Halin
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L’usine-vedette de 7 G$ de Northvolt, présentée comme le plus important investissement privé de l’histoire du Québec, ne verra jamais le jour, selon un économiste suédois qui se désole que la situation financière du fabricant de batteries européen soit devenue si désastreuse.
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«Ça implose. Il n’y aura pas d’usine au Canada. J’espère que je me trompe. J’aurais aimé que cela marche, mais c’est ce que je pense», avance au Journal Christian Sandström, professeur associé à la Jönköping International Business School (JIBS) en Suède.
«Se lancer dans de telles expansions à l’étranger, alors qu’ils ont autant de problèmes à la maison, ça ressemble à de la mégalomanie», va jusqu’à dire l’intellectuel dans la quarantaine, chroniqueur économique au Affärs varlden.

Ce jeudi, Bloomberg rapportait que les prêteurs de Northvolt viennent de choisir la banque d’investissement new-yorkaise PJT Partners pour évaluer leurs options.
Northvolt dit de son côté être encore en «processus d’examen stratégique et en dialogue constant avec ses partenaires, ses clients et ses investisseurs» et que «les travaux de conception et de construction se poursuivent au Québec».

«Crise de liquidités»
Alors qu’il prédisait la faillite de Northvolt dans un horizon d’une demi-année, Christian Sandström s’est ravisé. Il pense qu’elle est désormais possible à tout moment.
«La crise de liquidité est urgente. Ils ont besoin de 2 milliards de dollars très bientôt», souffle-t-il. «Ils saignent énormément d’argent. Ils ont des dettes», poursuit-il.
Christian Sandström se désole que les travailleurs de Northvolt craignent de ne pas être payés, ce que nie l’entreprise qui assure qu’ils recevront leur argent.

«Capitalisme politique»
Ces derniers jours, beaucoup d’encre a coulé sur la situation financière de Northvolt, fondée en 2017 par d’ex-dirigeants de Tesla.
Forcé à réagir, le premier ministre suédois a prévenu qu’il ne volerait pas au secours de Northvolt, qui affirme avoir le soutien de Volkwswagen (actionnaire à 21%) et de Scania.

Or, lors d’un entretien avec Le Journal, le professeur Sandström n’a pas mâché ses mots à l’endroit du modèle d’affaires de la jeune pousse qui a séduit Québec.
«J’appelle cela du capitalisme politique. Ce sont des corporations qui veulent des profits et qui ont comme modèle d’affaires d’extraire divers fonds des gouvernements. Ils ont fait cela en Suède en obtenant des usines à des prix très bas», a-t-il observé.
![Il y a un an, le cofondateur et chef de la direction nord-américaine de Northvolt, Paolo Cerruti, avait dit que nos décideurs avaient fait leurs calculs, «Aussi bien M. [François-Philippe] Champagne que M. [Pierre] Fitzgibbon ont déterminé que le risque en retour était nettement plus intéressant. Ils sont allés de l’avant. Ils ont mis pas mal d’argent sur la table», avait-il affirmé.](/_next/image?url=https%3A%2F%2Fm1.quebecormedia.com%2Femp%2Femp%2F71690_0354064920d02c-3bbe-4949-95e7-6ebe87dabe89_ORIGINAL.jpg%3Fh%3D2236%26impolicy%3Dcrop-resize%26w%3D3385%26width%3D1600%26x%3D1543%26y%3D1044&w=3840&q=75)

Éloge de la vitesse
En mai dernier, Le Journalrapportait les propos du PDG de Northvolt, Peter Carlsson, qui s’était confié à Nicolai Tangen dans un balado. Le numéro 1 de Northvolt faisait l’éloge de la vitesse. «Votre plus grand atout est votre vitesse et votre mission», avait affirmé celui qui veut créer 3000 emplois ici.
On apprenait dans nos pages, quelques mois plus tôt, que Northvolt cumulait retards et pertes massives quand elle négociait avec Québec pour s’établir ici.
Lors des neuf premiers mois de 2023, Northvolt a perdu environ 1,4 milliard $, soit huit fois plus qu’à la même période en 2022, selon Dagens industri.
– Avec la collaboration d’Yves Lévesque et de Sylvain Larocque
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