Filière batterie: les bas salaires vantés pour attirer l’industrie


Patrick Bellerose
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Investissement Québec a vanté les bas salaires de la province dans ses démarches pour attirer les géants de l’industrie des véhicules électriques. Mais les emplois créés, rappelle François Legault, seront mieux payés que la moyenne québécoise.
Le Parti Québécois a sorti un lapin de son chapeau, jeudi, en présentant l’argumentaire utilisé par l’État québécois pour convaincre les Ford, GM et Northvolt de venir s’installer sur son territoire.
Dans un document préparé par Investissement Québec (IQ), on indique que la main-d’œuvre manufacturière coûte en moyenne 14% moins cher que dans le reste de l’Amérique du Nord.
Dans le secteur précis de la production de batteries, l’avantage compétitif sur les salaires pour les employeurs s’élève à un généreux 30%.
Parmi les autres attraits du Québec, IQ note les «tarifs électriques les plus bas en Amérique du Nord», ainsi que des appuis financiers importants du gouvernement, incluant des crédits d’impôt.
Rattrapage
Ces arguments de vente ont fait dire au Parti Québécois que le gouvernement Legault offre un double discours, ici et à l’étranger.
«Pendant qu’on a un gouvernement qui prétend devant tous les Québécois ici, en Chambre, que ce qu’on veut, c’est attirer des entreprises étrangères pour mieux payer nos employés, ce qu’il dit derrière les portes closes aux entreprises, c’est: venez ici, vous allez payer moins cher», a déclaré le député péquiste Pascal Paradis, au Salon bleu.
Le premier ministre François Legault a reconnu que «les salaires sont moins élevés au Québec que dans le reste du Canada, mais on est en train de réduire cet écart», assure-t-il.
«Quand on a eu des gouvernements du Parti Québécois puis des gouvernements libéraux, les salaires augmentaient plus vite dans le reste du Canada qu’au Québec. Heureusement, depuis 2018, c’est exactement le contraire», a -t-il fait valoir.
Pas eu notre part
François Legault a également profité de sa tribune pour dénoncer le gouvernement fédéral, qui a investi plus en Ontario qu’au Québec pour l’industrie des véhicules électriques.
«On a poussé très fort, puis l’essentiel de ce qui a été investi dans Northvolt vient du gouvernement fédéral, mais malgré ça, on n’a pas notre part parce que M. Trudeau, le premier ministre du Canada, refuse de traiter équitablement le Québec», a dénoncé le chef caquiste.
Il a fait cette déclaration quelques minutes seulement après avoir appelé le Bloc Québécois à ne pas sauver les libéraux de Justin Trudeau, qui feront face à un vote de confiance la semaine prochaine.
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