Difficultés financières majeures: les prêteurs de Northvolt choisissent PJT Partners pour évaluer leurs options
L’entreprise suédoise qui a un projet d’usine de 7 milliards de dollars au Québec se prépare au pire scénario


Francis Halin
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Inquiets des graves difficultés financières de l’entreprise, les prêteurs de Northvolt viennent de choisir la banque d’investissement new-yorkaise PJT Partners pour évaluer leurs options, selon Bloomberg.
Il n’y aurait pas de plans de restructuration en marche encore, mais tous les scénarios seraient désormais sur la table, toujours selon le média américain.
Les principaux actionnaires de Northvolt sont Volkswagen (21%), Goldman Sachs (19%), Vargas Holding (7%) et Peter Carlsson (6,7%).
La firme de New York qui accompagnera Northvolt est PJT Patners. Elle accompagne les sociétés dans leurs démarches de restructurations ou encore de faillites.
Invités à réagir par Le Journal, Northvolt a dit poursuivre son «son processus d'examen stratégique et est en dialogue constant avec ses partenaires, ses clients et ses investisseurs. Entre-temps, les travaux de conception et de construction se poursuivent au Québec».

Contrat perdu
En juin dernier, BMW avait annulé un contrat de près de 3 milliards de dollars avec Northvolt en raison de retards de livraison des batteries, ce qui lui avait fait mal.
Un mois plus tard, Northvolt prévenait qu'elle pourrait revoir l'échéancier de son projet d'usine à Saint-Basile-le-Grand et McMasterville, au Québec.
Début septembre, son PDG et cofondateur de Northvolt, Peter Carlsson, avait cependant assuré vouloir le maintenir.


Fonds publics
À la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui a investi 200 millions de dollars sous forme de dette convertible dans la maison-mère de Northvolt, en Suède, on dit suivre la situation de près et demeurer en contact avec la société.
«Comme tout secteur qui connaît très rapidement une forte croissance, celui des batteries traverse une période de rééquilibrage de l’offre et de la demande, et a été directement affecté par le ralentissement de la croissance des ventes de véhicules neufs, en lien avec la conjoncture économique (forte inflation, taux d'intérêt élevés). Nous continuons de penser que ce secteur est porteur à long terme», a expliqué la porte-parole de la Caisse, Kate Monfette.
«L’entreprise est par ailleurs appuyée par plusieurs grands groupes industriels et joueurs financiers», ajoute-t-on.
Au ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie (MEIE), on indique que Québec a «conclu un accord de principe non contraignant avec Northvolt en vue d’attribuer un financement maximal de 1,37 milliard de dollar pour la réalisation de son projet».

On souligne accorder le financement selon l'avancement du projet pour minimiser les risques.

Le MEIE dit que jusqu'à maintenant les sommes engagées sont un prêt garanti de 240 millions de dollars pour l’achat du terrain ainsi qu'une prise de participation dans une débenture convertible de la compagnie-mère de 270 millions de dollars.
- Avec la collaboration de Nicolas Lachance