Jean Perron était un méchant pour sa belle-famille

Marc de Foy
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Le célèbre chandail fleurdelisé des Nordiques fait un retour remarqué cette saison avec l’Avalanche qui a choisi de le porter huit fois, dont le 29 janvier prochain à Montréal. Un match qui sortira de l’ordinaire... sans jamais rivaliser avec l’époque où le Canadien et les Nordiques se sont affrontés 22 fois dans le temps des Fêtes. Retour sur ces classiques qui captivaient tout le Québec.
Jean Perron est toujours aussi volubile depuis ses quartiers d’hiver, au Panama. Il y retourne depuis 25 ans pour y passer la saison hivernale, mais il ne manque rien de ce qui se passe au Québec. Il regarde les matchs du Canadien à la télévision et fait encore des interventions en province à la radio québécoise.
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La rivalité Canadien-Nordiques, il l’a eue dans la peau pendant quatre saisons avec le Tricolore, la première à titre d’adjoint à Jacques Lemaire et les trois suivantes en qualité d’entraîneur-chef.
Il a été appelé aussi à prendre la relève du regretté Ron Lapointe derrière le banc des Nordiques, alors que ce dernier avait reçu un diagnostic de cancer du rein pendant la saison 1988-1989.

Pas de hockey dans les partys
Les duels Montréal-Québec, il les vivait également lors des partys des Fêtes dans son coin de pays à Ascot Corner, dans les Cantons-de-l’Est.
«Je viens d’une famille qui est pro-Canadien, tandis que celle de ma belle-famille penchait du côté des Nordiques», dit-il.
Mme Veilleux, la conjointe de Perron à l’époque, et sa famille venaient de Compton.
«C’étaient des péquistes, indique Perron.
«Ce n’était pas facile de les amener dans le camp du Canadien, même si j’en étais le coach.»
Mme Veilleux imposait toutefois une règle lors des soirées des Fêtes.
«Elle disait: “On ne commencera pas à parler de hockey à soir.” Je faisais partie des méchants!»
Préparation minutieuse
Les matchs Canadien-Nordiques n’étaient pas ordinaires, même s’il se trouvait des gens dans les deux camps qui essayaient de nous faire croire le contraire.
«Tous les matchs étaient analysés et préparés dans le bureau de Serge Savard avec Jacques Lemaire, André Boudrias et Lappy (Jacques Laperrière, qui a été longtemps entraîneur adjoint chez le Tricolore), fait savoir Perron.
«J’imagine que l’on faisait la même chose chez les Nordiques.»
Au printemps 1988, Perron passait sous le couperet après une saison de 103 points, suivie d’une première élimination en 43 ans aux mains des Bruins en séries.

Beau geste de Richer
Après avoir été largué par Serge Savard, Perron se trouva vite du travail à Québec, d’abord comme gestionnaire aux opérations hockey.
«Quand j’ai remplacé Ron Lapointe (atteint d’un cancer) au poste d’entraîneur, Stéphane Richer est allé dire dans les médias qu’on devrait me donner une ovation à mon retour au Forum. Ça m’avait fait drôlement plaisir.»
Perron eut effectivement droit à un bel accueil.
Les Nordiques, qui étaient sur la pente descendante, ont conservé une fiche de 16-25-5 sous Perron.
«Marcel Aubut m’a demandé de continuer, dit Perron.
«Mais des gens me disaient de ne pas rester, parce qu’ils détenaient des informations disant que les Nordiques seraient appelés à déménager tôt ou tard. Je me suis dirigé vers la radio.»
En 1995, la rivalité Canadien-Nordiques prenait fin.