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Quand la «chicane pognait» dans les familles: ça brassait fort dans le temps des Fêtes à l’époque de la rivalité Canadien-Nordiques

Michel Bergeron: «C’était du folklore!»

Photo d'archives
Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2025-12-31T05:00:00Z

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Le célèbre chandail fleurdelisé des Nordiques fait un retour remarqué cette saison avec l’Avalanche qui a choisi de le porter huit fois, dont le 29 janvier prochain à Montréal. Un match qui sortira de l’ordinaire... sans jamais rivaliser avec l’époque où le Canadien et les Nordiques se sont affrontés 22 fois dans le temps des Fêtes. Retour sur ces classiques qui captivaient tout le Québec.

Depuis plusieurs années, le Canadien passe le plus gros de la période des Fêtes au chaud. Des centaines de Québécois assistent à ses deux matchs en Floride, en fin d’année. Cependant, ce rituel n’enflamme pas plus qu’il faut les grands consommateurs de hockey que nous sommes.

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Il fut toutefois une époque où notre sport national chauffait à blanc les salons du Québec. Pendant une quinzaine d’années, la rivalité Canadien-Nordiques nous enflammait dans le cadre des célébrations des Fêtes.

La bataille du Québec causait même de sérieuses chicanes de famille. Dans certains cas, les effets pouvaient aller jusqu’à diviser la parenté, ce qui peut paraître absurde pour les générations Z et Alpha.

Pour être fou, ça l’était, mais on n’était pas des pionniers en la matière. Ça arrive partout dans le monde, ce genre de délire collectif pour un sport.

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Comme le dit Michel Goulet, «il faut l’avoir vécu pour le savoir».

Michel Bergeron pense à son plan de match. Credit photo: Les archives / Le Journal de Quebec
Michel Bergeron pense à son plan de match. Credit photo: Les archives / Le Journal de Quebec Photo RENÉ BAILLARGEON

Les mononcles bleu, blanc, rouge

Michel Bergeron est l’entraîneur ayant dansé le plus longtemps dans ces rigodons. Ces rencontres étaient un régal pour la grande passion qui l’animait.

Pour les partisans du Canadien, il était un traître à la nation bleu, blanc, rouge, lui un p’tit gars du quartier Saint-Michel à qui la foule du Forum a déjà scandé: «Pourri Bergeron!»

Le grand sensible qu’est Michel était blessé quand ça se produisait. Sa mère craignait qu’il subisse une crise cardiaque, elle dont le mari avait été emporté dans ces circonstances avant l’âge de 50 ans.

«J’avais des oncles qui étaient du côté du Canadien, raconte Bergeron, qui deviendra octogénaire en juin prochain. Ils me disaient: « Je t’aime bien, Michel, mais moi, c’est le Canadien.»

Page frontispice du 28 décembre 1984: Mario Tremblay marque deux buts, dont celui qui a fait la différence, dans un gain de 5 à 3 du Tricolore, au Colisée de Québec.
Page frontispice du 28 décembre 1984: Mario Tremblay marque deux buts, dont celui qui a fait la différence, dans un gain de 5 à 3 du Tricolore, au Colisée de Québec. Archives, Le Journal

Bonne année, Mario!

Une veille du jour de l’An, qui était une soirée de prédilection pour les affrontements entre les deux grands rivaux québécois du hockey, il a fait une rencontre fortuite.

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«Je m’en allais célébrer le début de la nouvelle année chez ma fille qui habite à Montréal, se souvient-il.

«En sortant du Forum avec ma femme, je suis tombé face à face avec Mario Tremblay après qui j’avais gueulé toute la soirée. On s’est regardés un instant, puis on s’est souhaité bonne année.

«Nos épouses sont devenues de bonnes amies.»

Pour Michel et Mario, la bonne entente est venue plus tard.

Dehors, les pères Noël!

Mais il y a eu un soir au Colisée où Bergeron avait été moins courtois.

«On tirait de l’arrière 3 à 1 après la première période et j’étais furieux, raconte-t-il.

«Pendant l’entracte, une procession de pères Noël était prévue», ajoute-t-il.

Les joyeux bonhommes devaient passer dans un couloir adjacent au vestiaire des Nordiques.

«Certains de ces pères Noël étaient en boisson, reprend Bergeron.

«J’ai dit à René Lacasse (qui était préposé à l’équipement) de m’enlever ces gars de là. C’était du folklore! Mais au fond, c’était beau.»

Tout le monde embarquait

Ça ajoutait au piquant du temps des Fêtes et ça s’est transporté jusqu’à un certain Vendredi saint.

«On comptait tellement de joueurs québécois des deux côtés, de dire Bergeron. Les cotes d’écoute grimpaient à la télévision.»

Tellement que l’on disait que des baisses d’eau étaient observées dans les aqueducs pendant les entractes. Les gens ne voulaient rien manquer de l’action.

«En plus, les femmes s’intéressaient à ces matchs. C’était tellement polarisant!» renchérit Bergeron.

Pourquoi pas à la balle-molle?

La rivalité aurait pu se prolonger jusqu’en été. Bergeron relate une anecdote à ce sujet en riant de bon cœur.

«Claude Mouton et Marius Fortier, qui n’étaient jamais à court d’idées, voulaient organiser un tournoi de balle-molle entre les deux équipes. Il y avait tellement de joueurs québécois des deux côtés que ça aurait marché.

«Mais on leur avait dit “woh! woh!”, on a assez de s’affronter sur la patinoire.»

Oui, ça relevait du folklore, mais c’était le nôtre. Ça nous manque puisqu’on en parle encore.

Ah oui!

En terminant, les 22 duels Canadien-Nordiques du temps des Fêtes n’ont pas fait de maîtres. Chaque équipe a remporté neuf victoires, les quatre autres matchs s’étant terminés par des verdicts nuls.

Pas de chicane dans la cabane!

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