Michel Goulet: «On ne reverra plus jamais ça»
Dale Hunter sortait son français quand ça chauffait


Marc de Foy
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Le célèbre chandail fleurdelisé des Nordiques fait un retour remarqué cette saison avec l’Avalanche qui a choisi de le porter huit fois, dont le 29 janvier prochain à Montréal. Un match qui sortira de l’ordinaire... sans jamais rivaliser avec l’époque où le Canadien et les Nordiques se sont affrontés 22 fois dans le temps des Fêtes. Retour sur ces classiques qui captivaient tout le Québec.
Les fameux duels Canadien-Nordiques du 31 décembre au Forum sont encore frais dans la mémoire d’Alain Côté.
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«On se souhaitait la bonne année dans l’autobus qui nous ramenait à Québec», dit l’auteur du fameux but refusé le plus discuté dans l’histoire du hockey au Québec.
Côté apporte un bémol quand je lui dis que sa ville natale de Matane devait être bleue mur à mur.
«Le Canadien existait depuis longtemps, nuance-t-il.
«On regardait les matchs à la télévision. Les plus âgés restaient accrochés au Canadien. Mais les gars de mon âge avec qui j’étais allé à l’école penchaient en faveur des Nordiques.»
Suffisait de quelques bières...
C’était pareil à Roberval, où Michel Goulet a grandi et fait ses premières armes au hockey. Lui aussi a entendu parler de soirées des Fêtes lors desquelles la guerre sur glace Montréal-Québec provoquait des débordements.
«Les gens prenaient quelques Molson ou quelques O’Keefe et les esprits s’échauffaient», dit «le Gou».
«Des beaux-frères ne se parlaient pas pendant un bout de temps», ajoute Côté.
Comme le dit Serge Savard, l’atmosphère entourant ces face-à-face du temps des Fêtes était plus fébrile que les matchs eux-mêmes.
Ça dépassait l’entendement.
«On ne reverra plus jamais ça! s’exclame Goulet.
«C’étaient de beaux matchs, c’était plaisant d’en faire partie. Même les joueurs anglophones embarquaient. Tout ce que Dale Hunter connaissait du français sortait dans le feu de l’action!»
Hunter n’avait pas besoin de parler pour allumer le feu. Les joueurs du Canadien le détestaient juste à le regarder. Du côté du Tricolore, c’est Claude Lemieux qui faisait figure de tête-à-claque.
Côté était de nature plus calme envers ses grands rivaux de Montréal.
«J’ai joué avec “Carbo” dans le junior, mentionne-t-il.
«Je n’avais pas de problème avec lui. Je conversais avec Mario [Tremblay]. Les gars se parlaient pareil, même si on était des adversaires.»
Certains se sont même prêtés à des publicités ensemble, la plus célèbre étant celle de Coke diète qui mettait en vedette Michel Bergeron et Jacques Lemaire. Les hommes forts John Kordic et Gord Donnelly ont posé dos à dos pour un poster.

Damnée chanson!
Les amateurs et les médias étaient toujours là pour maintenir la flamme.
«On avait perdu du lustre lors de mes deux dernières saisons à Québec, dit Côté.
«Si on tombait par malheur en arrière de deux buts au Forum, les gens chantaient “na, na, na, hey, hey, goodbye!”», se remémore Côté avec encore une certaine amertume.
Les arbitres se retrouvaient souvent sur la sellette.
«De nos jours, la ligue et les arbitres tempèrent les choses. Dans le temps, les arbitres gardaient souvent leur sifflet dans leur poche.»
Michel Bergeron a bien raison de dire que c’était du folklore!