En direct de Milan: Laurent Dubreuil raconte pourquoi il n’est pas allé à la cérémonie d’ouverture


Laurent Dubreuil
Partager
J’ai peut-être participé à la cérémonie d’ouverture de mes premiers Jeux olympiques, en 2018, à Pyeongchang, mais honnêtement, je ne m’en souviens même pas.
• À lire aussi: Je suis arrivé aux Jeux olympiques et j’y ai réussi une première en trois ans
• À lire aussi: Quand un adversaire te sauve la face
Je sais que j’ai participé à celles de fermeture, tant à Pyeongchang qu’à Pékin. Tant qu’à être encore sur place!
Je n’étais pas non plus à celle d’ouverture de Milan, vendredi.
Je n’ai rien contre les cérémonies d’ouverture, mais ça ne m’intéresse pas particulièrement. C’est surtout un spectacle pour la télévision. Les athlètes, on marche pendant deux minutes et après, plusieurs partent. Il y a des autobus qui quittent le stade vers le village pendant la cérémonie.
Bien sûr, on peut rester jusqu’à la fin. Mais on est dans les catacombes du stade, on ne voit rien et ça vient de prendre six heures dans ta journée.
• À lire aussi: Petite malchance sur fond de carte postale
• À lire aussi: La chronique de Laurent Dubreuil: la semaine déchirante qui m’attend
Je me souviens combien c’était long, attendre que Céline Dion chante dans la tour Eiffel, aux Jeux de Paris. Et j’étais dans le confort de mon sofa...
J’avais une pensée pour les athlètes qui, eux, patientaient sous la pluie.
Il était temps que ça commence
La cérémonie d’ouverture, par contre, ça signifie que les Jeux commencent vraiment. Et ça, c’est vraiment une bonne nouvelle. Avec l’équipe canadienne de patinage de vitesse sur longue piste, on est arrivé il y a une semaine.
Ce qui est parfait parce qu’on a eu le temps de s’installer, de découvrir le village olympique. Dans l’immeuble où on se trouve, tout est très proche. C’est super pratique, surtout pour moi, qui n’aime pas marcher, et surtout pas avant mes courses.
Par exemple, la cafétéria est à environ deux minutes de ma chambre. Les navettes aussi.
Mais à un moment donné, j’ai envie de sentir la frénésie des Jeux. Je veux voir à quel point les autres athlètes sont au meilleur de leur forme. À quel point ils sont focus, déterminés.
Ça me donne envie de compétitionner à mon tour. C’est une fébrilité qui est contagieuse.
L’anneau où je vais patiner, je l’ai vu, mais pas dans un contexte de course. Samedi, ce sera plein, il y aura 6000 personnes pour le 3000 m féminin. On va voir comment la glace réagit vraiment dans ce contexte, plus chaud.

Le contraire des nouvelles politiques
On va aussi commencer à voir des Québécois, des Canadiens gagner des médailles. Et c’est vrai qu’on s’inspire de leurs performances.
On a un petit lounge où les Canadiens se rassemblent pour regarder les compétitions. On a des sofas, des télévisions, des collations. On va se réunir là et s’inspirer de gens à qui on n’a jamais parlé de notre vie.
Et c’est vrai qu’une médaille en patinage artistique peut inspirer un athlète en snowboard à aller chercher un podium, qui va ensuite inspirer un patineur de vitesse.
Comme athlète, on est capable de comprendre leur réalité. Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement émotif, mais je ne vois pas pourquoi on ne chercherait pas à se laisser porter par cette magie.
En fait, il faut être un peu mort à l’intérieur pour tenter de s’isoler dans ce contexte.
C’est le contraire d’écouter les nouvelles politiques, par exemple! Pendant deux semaines, on vit du positif. Tout le monde ici est en train de réaliser le rêve d’une vie et il faut se servir de cette énergie.
Les cérémonies d’ouverture, ça ne me touche pas, mais les performances humaines, ça va toujours venir me chercher.
– Propos recueillis par Jessica Lapinski