Petite malchance sur fond de carte postale


Laurent Dubreuil
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Notre périple olympique a officiellement commencé la fin de semaine dernière avec notre arrivée à Inzell, un village allemand dans les montagnes avec des maisons aux allures de chalets de ski, qui est l’une des destinations préférées de tous les patineurs.
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C’est là que se déroulera la Coupe du monde, le week-end prochain. Une Coupe du monde particulière parce qu’elle sert de préparation aux Jeux olympiques.
En fait, certains pays, dont le Canada, n’emmènent que les patineurs qualifiés pour les Jeux olympiques. Pour des raisons budgétaires, bien sûr, mais aussi pour que l’ambiance soit positive.
On est tous des professionnels, concentrés à chaque course, mais quand tu viens d’apprendre que tu as manqué les JO, ça se peut que tu sois moins motivé. Je le sais, ça m’est arrivé quand je ne me suis pas qualifié pour ceux de Sotchi, en 2014.
Certaines équipes, surtout européennes, envoient quand même de grosses formations qui comptent sur des patineurs qui ne seront pas des Jeux. Quand tu as cinq heures de route à faire pour te rendre à la prochaine Coupe du monde, ça coûte pas mal moins cher de déléguer tout le monde.
Ça se voit dans le regard
Mais ça donne une drôle d’ambiance. En fait, ça se devine presque dans le regard, dans le non-verbal, si un patineur est qualifié ou non.
Moi, quand ça m’était arrivé, c’était sans doute la compétition pour laquelle j’étais le moins motivé de toute ma vie.
Ça se compare à un joueur de hockey dont l’équipe est éliminée des séries ou à un joueur de football dont le club montre une fiche de 3-10.
Tu joues quand même pour ton prochain contrat ou pour te reclasser au sein de l’équipe nationale, selon ton sport. Mais il faut que tu cherches profondément en toi pour trouver ta motivation, tandis que si tu es classé, tu es ultracontent d’être là.
C’est mon cas: je suis ultracontent d’être là. Et le village est tellement beau, tout comme la météo, que même si je déteste marcher, je l’ai fait pour me rendre à l’aréna, lundi.
Merci à la sécurité
Tout ça me permet d’oublier que mes deux valises ne se sont pas rendues en Allemagne en même temps que moi. Sur toute l’équipe, je suis le seul à qui c’est arrivé.
Par chance, j’avais pu apporter mes patins dans l’avion. Ce n’est pas toujours le cas. Les aéroports européens n’acceptent pas qu’on traverse la sécurité avec nos lames.
Cette fois, cependant, on traversait la sécurité en Amérique du Nord, alors je les ai en ma compagnie.
C’est le plus important! Parce que des lames, ce n’est pas quelque chose que tu veux perdre la semaine d’une compétition, même s’il y a souvent la possibilité d’en emprunter à un autre athlète.
Si ce n’est pas le cas, ça coûte environ 1500$ et même si tu prends exactement le même modèle, ça ne veut pas dire que tu seras aussi confortable.
Moi, j’en ai deux paires et du lot, il y en a une que je préfère.
C’est pour ça que lorsqu’on doit les mettre dans la soute à bagages, on a des stratégies. Si je voyage avec deux valises, je vais les séparer. Si je voyage avec une valise, je vais en mettre une paire dans la mienne et une dans celle d’une coéquipière, qui fera l’inverse, pour maximiser nos chances de les avoir une fois rendus à destination.
– Propos recueillis par Jessica Lapinski