Tous les résultats
Publicité

La chronique de Laurent Dubreuil: la semaine déchirante qui m’attend

Laurent Dubreuil, avec autour du cou sa médaille obtenue aux Jeux olympiques de Pékin, en compagnie de son épouse, Andréanne Bastille, de son fils, Nathan, et de sa fille, Rose.
Laurent Dubreuil, avec autour du cou sa médaille obtenue aux Jeux olympiques de Pékin, en compagnie de son épouse, Andréanne Bastille, de son fils, Nathan, et de sa fille, Rose. Photo Tjerk Bartlema
Photo portrait de Laurent Dubreuil

Laurent Dubreuil

2026-01-13T05:00:00Z

Partager

C’est ma dernière semaine à la maison avant de partir pour l’Europe, loin de ma famille, pendant un mois et demi. C’est toujours déchirant parce que mes deux passions, les deux choses que j’aime le plus, entrent alors en conflit.

• À lire aussi: Laurent Dubreuil se joint au Journal: les dessous de la pire compétition pour un athlète

Contrairement à plusieurs athlètes qui quitteront bientôt le pays pour les Jeux olympiques, j’ai deux enfants: Rose, six ans, et Nathan, trois ans.

Quand j’étais plus jeune et sans famille, j’étais toujours heureux à 100% de partir pour les Coupes du monde, les Championnats du monde ou les Jeux olympiques.

Je m’étais entraîné fort toute l’année pour arriver là et obtenir les meilleurs résultats possibles.

Maintenant, c’est tout le temps dur. J’ai encore hâte aux compétitions. Je m’entraîne encore fort, je sais que je suis capable d’être bon.

Le voyage vers l’aéroport

Mais j’appréhende toujours ce moment dans l’auto, en route vers l’aéroport, quand je vois que ma fille est au bord des larmes. Puis quand on arrive, et qu’elle se met à pleurer.

Photo fournie par Laurent Dubreuil
Photo fournie par Laurent Dubreuil

Je sais que c’est dur aussi pour mon épouse, Andréanne, qui se retrouve seule avec les enfants durant six semaines.

Publicité

C’est difficile, aussi, d’être loin d’elle pendant longtemps. Mais on est des adultes, on est capable de se gérer. Tandis qu’à l’âge qu’ont mes enfants, la gestion des émotions, c’est encore en développement dans leur cerveau.

Alors à l’aéroport, contrairement à mes coéquipiers, je ne suis pas heureux. Je suis toujours triste.

En même temps, je crois que c’est le genre de moments qui vont nous manquer, quand je serai à la retraite. Parce que ça fait en sorte que notre vie n’est pas routinière.

Parmi les choses que je trouve les plus tristes, il y a le fait de voir les gens tomber dans une routine qui fait en sorte qu’ils n’apprécient plus la vie.

Les retrouvailles qui se savourent

Les retrouvailles, par contre, elles nous font instantanément regagner des moments en famille. Quand je reviens, ma femme n’a quasi plus de responsabilités familiales parce que les enfants se sont ennuyés et qu’ils veulent presque tout faire avec moi, du brossage des dents à l’histoire avant le dodo.

Photo fournie par Laurent Dubreuil
Photo fournie par Laurent Dubreuil

C’est une belle vie, la vie d’athlète. C’est une vie exigeante, une vie d’efforts, mais c’est aussi une vie de passion, de découverte.

Ma fille a six ans et elle a voyagé dans neuf pays. Mon fils de trois ans a visité sept pays. On a des amis au Japon, aux Pays-Bas. C’est d’ailleurs aux Pays-Bas qu’auront lieu les retrouvailles, après les Jeux, quand ils viendront me rejoindre pour les Championnats du monde.

Mais avant les Coupes du monde, les Jeux et les retrouvailles, il y a cette semaine émotive qui me mènera jusqu’à mon départ pour l’Allemagne, samedi.

Propos recueillis par Jessica Lapinski

Publicité
Publicité