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«C’est comme s’il y avait une pudeur générale autour de l’amour», se désole Alexandre Jardin, qui présente son nouveau roman, «La femme qui inventa l’amour»

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY
Photo portrait de Frédérique De Simone

Frédérique De Simone

2026-02-07T12:00:00Z

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Alexandre Jardin, qui dit avoir été complètement transformé par l’amour de sa vie, s’intéresse à la mise au jour de ce concept dans son nouveau roman, La femme qui inventa l’amour.

Disponible en librairie depuis la mi-janvier, ce nouvel ouvrage se déploie comme une fresque romanesque dans laquelle on assiste à l’éveil de la princesse Xi, promise à une existence sans désir avant sa rencontre avec le grand amour.

PHOTO FOURNIE PAR LES ÉDITIONS MICHEL LAFON
PHOTO FOURNIE PAR LES ÉDITIONS MICHEL LAFON

C’est elle qui, selon la légende, fut la première à dessiner l’idéogramme chinois pour exprimer l’amour et ouvrit, par incidence, la voie à une révolution sociale.

En entrevue avec l’Agence QMI, alors qu’il était de passage à Montréal, l’écrivain a avoué avoir eu envie d’écrire ce roman pour s’opposer au climat actuel qui règne sur la planète.

«Je ne suis pas d’accord pour vivre dans une société de peur, une société éteinte. [...] Et quand j’ai entendu parler de cette femme mythique dans cette partie du monde, je me suis dit: “merde, en fait, c’est juste elle que j’ai envie de faire revenir”», a-t-il dit.

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«L’amour n’est pas aimé en ce moment. Quand quelqu’un rencontre quelqu’un, en général, on dit: “j’ai rencontré quelqu’un”. On ne dit pas: “je suis tombé en amour à la folie”. C’est comme s’il y avait une pudeur générale, comme si c’était en train de sortir de la culture. Et pour moi, c’est ce qu’il y a de plus grave», a-t-il ajouté, indiquant que pour lui, l’amour était l’énergie la plus puissante, capable de déplacer des montagnes et de se libérer soi-même.

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY
Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

L’amour pour se sortir des mensonges

Il y a quelques années, pendant la promotion de son ouvrage Le roman vrai, Alexandre Jardin a confessé publiquement avoir longtemps magnifié sa vie dans ses romans et dans les médias. Un réflexe dont il dit s’être complètement libéré depuis qu’il a laissé l’amour entrer dans sa vie. Il a rencontré une femme sur X pendant la pandémie avec qui il a entretenu une relation épistolaire pendant de nombreux mois avant de finalement la rencontrer à la réouverture des frontières.

«Quand on a besoin de baratiner sa vie, de se raconter des histoires, c’est qu’on est encore dans des logiques de peur», a-t-il confié, expliquant que sa conjointe, une Ontarienne, l’avait non seulement libéré, mais aussi éveillé.

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«Fondamentalement, ce que fait Xi dans le roman, elle fait sortir sa société de la logique de la peur», a-t-il poursuivi.

«Au début, elle est très soumise. Et c’est un monde où la domination de l’empereur, la domination de son père, la domination de sa culture... elle va tout foutre en l’air, en fait. Mais l’originalité de cette force, qu’on appelle l’amour, c’est qu’en fait, il n’y a rien à faire. Ça se fait», a-t-il dit.

«Elle transforme la Chine sans rien faire. Elle n’élève pas des armées. Ça se fait par les théâtres d’ombres, les cerfs-volants et la diffusion de l’idéogramme chinois.»

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY
Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

Alexandre Jardin estime que La femme qui inventa l’amour est son œuvre la plus aboutie et qu’il lui sera très difficile d’écrire à nouveau un roman d’amour. Il entend se concentrer sur le cinéma pour les prochaines années.

«Je n’aurais jamais écrit un livre pareil si je n’avais pas rencontré [l’amour]. Je n’aurais même pas compris ce dont parle Xi», a-t-il expliqué à l’Agence QMI.

«J’ai compris qu’on pouvait se réveiller, j’ai compris qu’une femme pouvait réveiller un homme, pas simplement le séduire... et qu’on pouvait, pour de vrai, dans sa vie, entrer dans une puissance et une grande force de transformation. De ma vie, je n’ai jamais été aussi transformé», a-t-il ajouté, estimant que l’amour devenait alors la solution, pas le problème à régler.

La femme qui inventa l’amour

Alexandre Jardin

Éditions Michel Lafon

304 pages

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