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«C’est facile de dégringoler», admet Francine Noël, qui s’intéresse à la descente vers l’itinérance d’un prof de cégep dans son 11e ouvrage

PHOTO FRANÇOIS COUTURE FOURNIE PAR LES ÉDITIONS BORÉAL
Photo portrait de Frédérique De Simone

Frédérique De Simone

2025-12-26T23:00:00Z

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S’intéressant à la descente vers l’itinérance d’un prof de cégep et au périple intérieur d’une religieuse qui soigne les filles-mères venues accoucher à l’hôpital de la Miséricorde au lendemain de la Seconde Guerre, le premier recueil de nouvelles de Francine Noël étonne. 

Paru au début de l’automne, ce 11e ouvrage, imaginé comme une courtepointe, propose cette fois une suite de nouvelles dépareillées, de microrécits et de listes dans un format court et très rythmé, mettant en valeur toute la sensibilité de la plume de l’autrice, de même que sa verve colorée et parfois crue, voire dure.

«Ça fait des années que je voulais parler d’eux», a mentionné l’autrice de Maryse, qui ne s’intéressait au départ pas du tout à la nouvelle, mais qui a accumulé ces dernières années beaucoup de «petites choses», d’anecdotes et d’histoires dont elle souhaitait traiter, sans forcément les placer dans un univers complet.

PHOTO FOURNIE PAR LES ÉDITIONS BORÉAL
PHOTO FOURNIE PAR LES ÉDITIONS BORÉAL

«C’est facile de dégringoler. Même si tu es bien, épanoui, avec l’auto, la maison, la petite femme, deux enfants... il y a des gens qui sont très fragiles. À un moment donné, ça commence à mal aller, ça s’accumule et voilà», a-t-elle poursuivi, indiquant en entrevue avec l’Agence QMI être interpellée par la thématique de l’itinérance depuis au moins 30 ou 40 ans.

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Donnant aujourd’hui de son temps aux nouveaux arrivants, l’écrivaine de 80 ans a aussi raconté s’être impliquée pendant quelques années auprès de personnes en situation d’itinérance au début de sa retraite afin de mieux les comprendre, collaborant entre autres avec le journal L’Itinéraire.

«[Au Québec], on a déjà été dans le rêve américain. Tu pouvais peut-être espérer changer, améliorer ta condition. Maintenant, qu’est-ce qu’on en fait?», a-t-elle soulevé.

Le plaisir de faire court 

Habituée à écrire de longs romans, Francine Noël a avoué être très fière d'avoir été capable de faire court avec ce premier recueil.

Deux histoires principales, scindées en trois parties, traversent le livre, tandis que des histoires plus courtes, qui ne tiennent qu’en quelques lignes, s’entrecroisent.

«Je ne pensais pas y arriver», a-t-elle avoué à l’Agence QMI.

«En vieillissant, on a moins de souffle. En tout cas, moi, j’ai moins de souffle. Et puis, m’engager dans un truc très long, je ne suis même pas sûre de me rendre à la fin», a soutenu l’écrivaine, qui aspire à se tourner vers la poésie, à l’avenir.

«Ces petits textes, c’est plus facile pour moi. Et puis, c’est punché. Donc, si tout est là, pourquoi ne pas essayer d’amalgamer tout ça?», a-t-elle poursuivi.

Parmi les personnes à qui Francine Noël a destiné certaines de ses nouvelles, notons la sociologue Nicole-Laurent Frenette et la journaliste Micheline Lachance, entre autres, toutes deux très impliquées dans des causes féminines.

Le recueil de nouvelles Choisis-moi, de Francine Noël, a paru au début du mois de septembre aux Éditions Boréal.

Choisis-moi

Francine Noël

Éditions Boréal

144 pages

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