«24 en 24»: Brock se confie après son départ crève-cœur
«24 en 24» le lundi 20 h, à TVA et TVA+
Marjolaine Simard
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La quatrième semaine de compétition a été marquée par un départ crève-cœur : celui de Brock Story, le plus jeune participant de 24 en 24, qui a su impressionner par la maturité de son talent. Originaire de Vancouver et installé à Montréal depuis quatre ans, le chef de partie à la Maison Boulud a développé très tôt son amour de la cuisine, inspiré par sa mère d’origine chilienne. Il revient sur une expérience intense qui le marquera à coup sûr pour longtemps.
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Brock, comment la cuisine est-elle entrée dans ta vie ?
La cuisine n’était pas un plan de carrière au départ, c’était surtout un plaisir. Quelque chose de naturel qui faisait partie de ma vie. Dès l’âge de 14 ans, j’ai travaillé à temps partiel dans des bistros, des cafés et des restos de quartier. Ça m’a permis de découvrir différents styles, de comprendre les bases du métier et de développer rapidement un instinct en cuisine.
À la maison, la cuisine occupait-elle une place importante ?
Ma mère est une excellente cuisinière. J’ai grandi en mangeant très bien. Elle est originaire du Chili, donc j’ai été exposé très tôt à des saveurs que tous les jeunes de Vancouver ne découvrent pas nécessairement. Cette diversité-là a vraiment éveillé ma curiosité et mon amour de la bouffe. Et, avec mes grands-parents, on faisait de la boulangerie. Ce sont des souvenirs très forts. L’amour de la cuisine s’est transmis par ma famille, même si je ne savais pas encore que ça allait devenir un métier.

À quel moment t’es-tu dit que la cuisine pouvait devenir plus qu’un plaisir ?
C’est pendant la pandémie, qui a frappé durant ma dernière année du secondaire. Tout s’est arrêté. Je ne savais pas trop quoi faire, où aller. À l’école, j’avais toujours été quelqu’un de très énergique. Ce que j’aimais de la cuisine, c’est que tu peux être concentré, mais actif en même temps. Tu fais plusieurs choses à la fois : quelque chose mijote, quelque chose cuit au four, tu découpes des aliments... Ça correspondait exactement à ma façon de fonctionner, et j’ai toujours été attiré par la création. J’ai joué du saxophone alto dans un orchestre. Pour moi, la cuisine, c’est une forme d’art. Je peux m’inspirer d’une chanson, d’une peinture, même d’un vêtement, et ça peut influencer ce que je crée dans une assiette.
Tu as décidé d’étudier la cuisine à Montréal. Pourquoi ?
Je regardais les options à Vancouver, mais rien ne m’accrochait vraiment. J’avais la chance d’avoir fait de l’immersion française plus jeune, donc j’avais déjà une base, même si mon français était approximatif. Un moment clé, ç’a été une discussion avec le chef Yann Yvin, un juge de MasterChef Chili. On s’est connectés sur Instagram. C’est lui qui m’a parlé de l’ITHQ à Montréal. J’ai postulé, et en 2022, j’ai été accepté. Ensuite, j’ai fait un stage en France au restaurant étoilé Aux Terrasses, avec le chef Jean-Michel Carrette. Aujourd’hui, je suis chef de partie à la Maison Boulud, à Montréal. C’est un environnement très formateur.

Pourquoi avoir décidé de t’inscrire à 24 en 24 ?
J’ai vu passer l’appel de candidatures via une infolettre de l’ITHQ. J’ai toujours été attiré par les concours, mais je ne savais pas si j’étais prêt. Ce qui m’a convaincu, c’est que ce n’est pas un concours classique où tu as une heure ou plus pour faire un plat élaboré. Là, c’est rapide et intense. J’ai regardé la version américaine et j’ai trouvé ça excitant. Je me suis dit que même si je partais tôt, ça resterait une expérience incroyable.
Comment as-tu vécu le défi des pâtes et de la simplicité ?
On devait deviner les sept ingrédients d’une sauce, et chaque bonne réponse donnait accès à plus d’aliments pour cuisiner notre prochain plat. Je n’en ai trouvé que deux, ce qui a beaucoup limité mes options. Je suis donc parti sur une sauce carbonara en voulant rester fidèle à la recette classique, sans beurre. Le problème, c’est que je n’avais pas assez d’œufs pour obtenir une texture vraiment crémeuse. Avec le recul, j’aurais quand même dû ajouter du beurre pour enrichir la sauce. Mais dans le feu de l’action, avec la pression et le temps qui file, on prend parfois des décisions rapides et imparfaites.
Le deuxième défi, avec le poulet rôti d’épicerie, t’a malheureusement forcé à quitter la cuisine...
Je voulais faire une soupe asiatique rapide. Le poulet étant déjà cuit, je pouvais me concentrer sur les saveurs. Mais dès le départ, il manquait une planche à ma station, ce qui m’a fait perdre du temps. Ensuite, les nouilles de riz étaient difficiles à cuire rapidement. J’aurais dû laisser tomber les nouilles et servir un beau bouillon. À la place, j’ai présenté un bol incomplet. C’est frustrant, parce que ça se joue sur la gestion du temps et les décisions prises sous pression.

Quand tu as été éliminé, qu’est-ce que tu as ressenti ?
Sur le moment, il y a eu un peu de frustration, bien sûr. Mais ça n’a pas duré. Je me suis dit que ça ne valait pas la peine de rester dans cette émotion. J’étais surtout reconnaissant d’avoir été là, d’avoir vécu ça, d’avoir rencontré autant de gens talentueux. J’étais fier de moi, malgré tout. Il y a eu de très beaux moments humains.
Quels sont tes projets pour la suite ?
J’aimerais un jour travailler en Espagne. Je suis en processus pour obtenir la nationalité espagnole grâce à ma famille, donc ça pourrait faciliter les choses. Ma copine envisage aussi d’y faire une maîtrise, donc ce serait un beau projet de couple. Mais pour l’instant, je veux continuer à me développer ici, accumuler de l’expérience et profiter de chaque opportunité.

Le juge invité Stefano Faita
L’animateur bien connu de MasterChef Québec ne s’est pas contenté d’observer à distance : il est allé à la rencontre des candidats, visitant les stations pour mieux saisir leurs idées en pleine effervescence. Une approche humaine qui a particulièrement touché Brock. « Stefano Faita, par exemple, est venu me voir après l’émission. Il m’a donné un câlin. Il a une approche très respectueuse, très encourageante. Ça m’a marqué ! »
La semaine prochaine
Les chefs devront redoubler de créativité pour relever un défi axé sur la présentation : transformer des plats préparés bas de gamme aux couleurs peu appétissantes en assiettes dignes des grandes tables. Un second défi mettra cette fois les couleurs à l’honneur. Réussiront-ils à séduire l’œil gourmand du juge invité Massimo Piedmonte, du Cabaret L’Enfer ?