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Repêchage de la LNH

Centrale de recrutement: les éclaireurs d'ici se prononcent

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Les Canadiens de Montréal repêcheront au 16e échelon au prochain repêchage amateur de la Ligue nationale de hockey et les spéculations sont nombreuses, tant chez les experts que les amateurs, à savoir sur qui les décideurs jetteront leur dévolu au premier tour, le 6 octobre. 

Le directeur général Marc Bergevin cible-t-il un ailier de talent? Un défenseur à caractère offensif? Ou encore, le gardien d’avenir de la concession?          

À l’heure actuelle, le classement final de la Centrale de recrutement répertorie de beaux espoirs nord-américains à l’extérieur de son top 10, dont les Québécois Hendrix Lapierre, Jérémie Poirier et Mavrik Bourque

L’as du recrutement du Club de hockey Canadien Trevor Timmins avait d’ailleurs tenu un propos intéressant pendant une téléconférence en avril

«C’est une bonne année pour la LHJMQ, car plusieurs joueurs pourraient partir au premier tour. Je le souhaite. Espérons que certains d'eux s’offriront à nous», avait-il déclaré lorsque questionné sur la possibilité de repêcher un produit du circuit Courteau. 

Du côté de l’Europe, des noms comme Lukas Reichel et William Wallinder sont intrigants. Sans oublier le portier russe Yaroslav Askarov, que plusieurs équipes surveillent en KHL. 

Timmins, qui affectionne particulilèrement les 67's d'Ottawa, a apporté une précision en ce qui a trait au populaire classement : «Les 31 premiers joueurs classés sont les 31 meilleurs joueurs selon la Centrale de recrutement.»

À moins que votre boule de cristal prédise un revirement spectaculaire, le prodigieux Alexis Lafrenière, de l'Océanic de Rimouski, sera le premier de classe de la cuvée 2020 et l’Ontarien Quinton Byfield risque fort bien d’être no 2 (ou serait-ce le prometteur allemand Tim Stützle?). 

Crédit photo : Photo d'archives, Agence QMI

La liste vue par les recruteurs du Québec           

Revenons à la littérature. Dirigée par le recruteur en chef Dan Marr, la Centrale fait ses devoirs d’un bout à l’autre de l’Atlantique, en passant par le Québec, pour finaliser son étude. 

Pendant ce temps, les recruteurs amateurs de la Belle Province classent les espoirs admissibles au repêchage selon leurs propres observations. Plusieurs se sont même déplacés en Ontario pour voir à l'oeuvre les Marco Rossi et les Cole Perfetti dans l'OHL en vue de cet encan relevé. Au moins deux ont récemment ajouté Ottawa à leur territoire.

Que pensent-ils des rangs conférés aux patineurs dans leur cour, la LHJMQ, alors que les partisans ne jurent que par le classement rédigé par Marr et ses experts? 

«Lorsque la Centrale publie sa liste, on est curieux. Est-ce que moi j’y porte attention? Oui et non, car je me dis que ce ne sont pas eux qui les repêchent», indique l’éclaireur des Blues de St. Louis Michel Picard dans un entretien téléphonique avec le TVASports.ca. 

«Préparer un classement (des meilleurs espoirs), ce n’est pas pareil quand ce n'est pas toi qui les repêches. C’est plus une liste qu'autre chose», nuance-t-il sans discréditer l’ouvrage. 

«Ils les connaissent. Mais moi je les ai vus 12 fois, tandis qu’eux les ont observés peut-être sept ou huit fois.» 

Pas une science exacte           

Le recruteur des Devils du New Jersey Pierre Mondou était aux premières loges pour épier Nico Hischier, des Mooseheads de Halifax, en 2016-2017. L’organisation a sélectionné le Suisse avec le tout premier choix l’été suivant, contredisant en quelque sorte le travail de Marr et ses hommes, qui lui réservaient le deuxième rang dans la dernière version de leur analyse des espoirs nord-américains, après Nolan Patrick. 

Preuve que la Centrale - à l’image du repêchage amateur - n’est en rien une science exacte. 

«Ils ont quatre listes, mais ce ne sont que des références. Nous, on ne peut s’occuper de ça, explique Mondou, qui n’a aucun reproche à adresser à l’ouvrage pour autant. La Centrale offre une bonne liste de référence. Leurs recruteurs font beaucoup de recherches. 

«Je compare un peu leur classement au mien, mais c’est une référence de base. C’est rare que leur liste soit la même que la mienne. Et il n'y a pas un recruteur qui a la même liste!» 

L’attaquant du Phoenix de Sherbrooke Samuel Poulin a été sous la loupe des recruteurs tout au long de la campagne 2018-2019. Parmi eux, l’éclaireur des Penguins de Pittsburgh Luc Gauthier, qui n’avait que des rapports favorables à transmettre aux décideurs. 

L’athlète de Blainville figurait au 22e rang des patineurs nord-américains dans l’édition finale de la Centrale. N’ayant pas de droit de parole au deuxième tour, les «Pens» en ont fait la 21e sélection de la cuvée. 

«Il était déjà parmi les noms que nous avions retenus en vue de notre premier choix, se souvient Gauthier. Il fallait attendre de voir qui allait partir avant lui, dans les 20 premiers et on avait cinq ou six noms. Il était dans ce groupe-là.» 

«On se pose des questions»           

Contrairement à certains de ses pairs, Gauthier avoue que la Centrale le contraint parfois à revoir ses propres bulletins. 

«On l’analyse et on se pose des questions, concède-t-il. On se demande "comment se fait-il qu’un tel est classé haut et nous on l’a plus bas"? Ça nous force à revoir le joueur et le regarder d’une façon différente.» 

D’autres insistent que la Centrale ne change rien à leur travail. Au point de ne pas s’y référer. C’est le cas du recruteur des Predators de Nashville au niveau amateur, Jean-Philippe Glaude. 

«Très honnêtement, je n’y porte pas attention. Ils font un excellent travail, mais ça ne devient en rien un outil de comparaison pour moi, dit celui qui couvre les matchs de la LHJMQ et d'une dizaine d’universités américaines. 

«Chaque équipe a son identité. Je pense que la Centrale est surtout là pour montrer qui sont les meilleurs espoirs.» 

Glaude insiste sur un point et c’est qu’une équipe n’a pas droit à l’erreur avec un choix de premier tour : «tu ne veux pas te tromper». 

Qu’à cela ne tienne, il est d’avis qu’il n’existe aucune liste identique parmi les formations du circuit Bettman. 

«Lorsque les organisations regardent la liste de la Centrale, parfois, ils se disent "hey, lui je ne l’ai même pas dans les 20 ou 30 premiers!". 

«C’est la beauté du repêchage.» 

Rappelons que le Tricolore détient quatre sélections dans les deux premiers tours au prochain encan. Bergevin a déjà laissé entendre que le joueur dans la mire du CH pourrait être encore disponible au 16e rang.

À suivre!