Voici pourquoi les drones «kamikazes» de l’Iran pourraient gâcher les plans de Donald Trump


Gabriel Ouimet
Partager
La domination du ciel iranien par les États-Unis et Israël pourrait s’épuiser plus rapidement que ne l’anticipait Washington. La raison : de redoutables drones Shahed, des armes précises et bon marché utilisées en masse par l’Iran depuis le déclenchement des combats le 28 février.
• À lire aussi : Tentatives d’assassinat et « plan divin » : deux autres raisons de l’équipe Trump pour attaquer l’Iran
• À lire aussi : 8 clés pour comprendre la guerre qui oppose l’Iran aux États-Unis et à Israël
La République islamique a lancé plus de 2000 drones Shahed sur les pays du Golfe au cours des cinq derniers jours. Plusieurs de ces armes de fabrication iranienne, qui explosent en se fracassant sur leur cible, ont réussi à déjouer les systèmes de défense de l’air des pays visés.
Des vidéos de ces attaques circulent abondamment sur les réseaux sociaux, illustrant l’angoisse vécue par des milliers d’habitants du Moyen-Orient depuis samedi.
@thetelegraph Iran has struck civilian targets across the Middle East as part of retaliatory strikes aimed at harming the US and its allies. The Islamic Republic fired Shahed drones at a hotel in Dubai, several residential buildings in Bahrain and Kuwait’s international airport. The five-star Fairmont hotel is on fire after being struck by a suicide drone. Four people have been injured, and British tourists staying at the hotel are among those sheltering in the basement. 🔗 Read the latest updates at the linked article. #middleeast #iran #israel #dubai #bahrain
♬ original sound - The Telegraph
Lors d’une attaque aux Émirats arabes unis lundi, par exemple, 44 des 689 drones lancés par Téhéran ont fait mouche. Un taux de réussite d’un peu plus de 6 % qui pourrait compliquer les plans israélo-américains dans la région s’il était sans cesse répété, estiment de nombreux experts.
La raison est fort simple : ces appareils sont très peu coûteux en plus d’être efficaces.
Bâti avec des composantes électroniques en vente libre, chaque drone Shahed coûterait entre 20 000 $ et 50 000 $ à produire. Un prix dérisoire pour du matériel militaire qui fait en sorte que Téhéran pourrait en avoir plusieurs milliers en réserve, selon le programme de défense du Center for a New American Security.
• À lire aussi : Le détecteur de mensonges : le nucléaire de l’Iran est une menace immédiate pour les États-Unis, selon Trump
Le problème pour les États-Unis, c’est qu’intercepter un seul de ces appareils coûte jusqu’à 70 fois plus cher, ce qui peut représenter plusieurs millions de dollars.
Ce coût pourrait s’avérer insoutenable si le conflit devait se prolonger bien au-delà des quelques semaines évoquées par Donald Trump, ont indiqué des analystes à divers grands médias américains.
« Des armes de terreur »
Utilisés sans relâche par la Russie contre l’Ukraine, les drones Shahed de l’Iran se sont forgé une terrifiante réputation depuis le déclenchement de la guerre entre les deux nations voisines en 2022.
Plus difficiles à intercepter que les missiles plastiques traditionnels, ils sont d’une impressionnante précision malgré la technologie de base utilisée pour les fabriquer.
Le modèle à longue portée Shahed 136 peut, par exemple, atteindre une cible située à une distance de 2500 km.
C’est toutefois leur bruit caractéristique, un grondement sourd perceptible à des kilomètres, leur forme triangulaire et leur taille qui frappent particulièrement l’imaginaire, expliquait à 24 heures en 2022 le professeur spécialisé en commandement militaire stratégique et en prise de décision au Collège des Forces canadiennes, Éric Ouellet.
« Ils sont aussi utilisés à des fins de guerre psychologique. Ils sont presque gros comme une voiture, ils sont lents et ils font du bruit. Ce sont vraiment des armes de terreur », a-t-il détaillé.