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8 clés pour comprendre la guerre qui oppose l’Iran aux États-Unis et à Israël

AFP
Photo portrait de Gabriel  Ouimet

Gabriel Ouimet

2026-03-03T20:06:26Z

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Donald Trump a indiqué lundi que la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran devrait se prolonger pendant plus d’un mois. Voici huit clés pour comprendre des grandes lignes du conflit qui se propage au Moyen-Orient.

• À lire aussi : Le détecteur de mensonges : le nucléaire de l’Iran est une menace immédiate pour les États-Unis, selon Trump

1- Ayatollah/Guide suprême

Le mot ayatollah signifie « signe de Dieu » en persan. C’est un titre donné aux hauts placés du clergé. Il y en aurait environ une soixantaine en Iran.

Parmi ces ayatollahs, le plus puissant est nommé Guide suprême. Il est chargé de définir la politique intérieure et extérieure du pays, en plus de servir de maître spirituel et religieux à la population.

MEGA/WENN
MEGA/WENN

Il n’y a eu que deux Guides suprêmes en Iran depuis la révolution islamique de 1979 : l’ayatollah Ruhollah Khomeini, mort en 1989, et l’ayatollah Ali Khamenei, tué par les frappes israélo-américaines samedi après un règne de plus de 36 ans.

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Théoriquement, le prochain guide suprême iranien devrait être désigné par un regroupement de 88 experts religieux qui ont été élus au suffrage universel.

2- Révolution Islamique

En 1978, la répression de la population sous la dictature en place, ainsi que l’influence grandissante des puissances occidentales sur les affaires internes du pays sont à l’origine de grandes manifestations en Iran.

Le shah, dirigeant autoritaire mis en place par les États-Unis lors d’un coup d’État en 1953, est renversé au mois de janvier 1979.

L’Iran se transforme alors en une République islamique ouvertement hostile à l’Occident et à Israël.

Les États-Unis cessent alors de collaborer au programme nucléaire iranien.

3- Programme nucléaire iranien

Les ambitions nucléaires iraniennes sont au cœur des tensions qui opposent la république islamique aux États-Unis et à Israël.

L’Iran a commencé à développer son programme nucléaire avec l’aide de Washington dans les années 1970.

Les Américains ont cependant retiré leur soutien quand le gouvernement iranien a été renversé pendant la révolution islamique de 1979.

Depuis, les pays occidentaux craignent que le programme nucléaire iranien ne serve à produire des armes atomiques.

L’usine nucléaire de conversion d’Ispahan, en banlieu de Téhéran, en 2005.
L’usine nucléaire de conversion d’Ispahan, en banlieu de Téhéran, en 2005. Photo d'archives, AFP

De son côté, l’Iran répète que ses ambitions nucléaires sont « pacifiques » et que ses centrales servent principalement à produire de l’énergie.

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Pourtant, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé au mois de juin que l’Iran disposait de jusqu’à 440 kg d’uranium enrichi à 60 %.

Le niveau d’uranium requis pour fabriquer une bombe nucléaire est de 90 %.

La quantité d’uranium détenue par Téhéran aurait été suffisante pour fabriquer 10 bombes nucléaires si elle avait été enrichie davantage.

Le bombardement des infrastructures iraniennes par les États-Unis et Israël cet été auraient cependant retardé cette éventualité de plusieurs années, selon le gouvernement américain et diverses agences de renseignements.

Les réacteurs utilisés pour produire de l’électricité, au cœur du programme énergétique mis de l’avant par le pouvoir iranien pour justifier son plan nucléaire, fonctionnent quant à eux à l’aide d’uranium enrichi entre 3,5 % et 5 %.

• À lire aussi : Voici pourquoi les sites nucléaires de l’Iran inquiètent autant

4- Détroit d’Ormuz

Le détroit d’Ormuz, c’est un étroit couloir maritime situé au sud de l’Iran qui relie le golfe Persique au golfe d’Oman et à la mer d’Arabie.

Le passage est d’une grande importance pour l’économie mondiale : environ 20 millions de barils de pétrole y transitent chaque jour, ce qui représente un cinquième des expéditions totales dans le monde.

Il représente aussi un accès vital pour de nombreux pays exportateurs de pétrole de la région, dont le Koweït, le Qatar, l’Arabie saoudite, l’Irak et l’Iran.

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L’Iran a bombardé des navires commerciaux naviguant dans ces eaux en réplique aux attaques israélo-américaines du 28 février.

Le blocage complet de ce passage risquerait d’avoir d’importantes répercussions économiques.

5- Pays du Golfe

On parle ici des États riverains du golfe Persique : les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, le Qatar, le Bahreïn, Oman et le Koweït.

Ces monarchies pétrolières, dont certaines sont des adversaires historiques de Téhéran, ont été bombardées par l’Iran parce qu’elles abritent des intérêts américains, notamment des bases militaires.

6- Hezbollah

Hezbollah signifie « Parti de Dieu » en arabe. C’est l’un des mouvements islamistes les plus importants au Moyen-Orient.

Le groupe, particulièrement influent au Liban, est financé et armé par l’Iran. Il compterait jusqu’à 100 000 combattants.

Le mouvement a procédé à des tirs de roquettes vers Israël en réponse à la guerre déclenchée le 28 février, entraînant du même coup le Liban dans le conflit.

Le gouvernement libanais a pris la décision inédite d’interdire les activités militaires du Hezbollah après ces attaques.

Le commandant Naim Qassem, chef adjoint du groupe libanais Hezbollah, lors d'une cérémonie commémorative en 2022.
Le commandant Naim Qassem, chef adjoint du groupe libanais Hezbollah, lors d'une cérémonie commémorative en 2022. AFP

Il faut toutefois noter que Hezbollah est un peu comme un « État dans un État », puisqu’il est à la fois un parti politique influent et une milice armée qui n’est pas contrôlée par le gouvernement libanais.

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L’un des principaux objectifs de sa création en 1982 était de combattre les forces israéliennes qui occupaient alors le Liban. Il est aussi l’allié du Hamas palestinien dans sa lutte contre l’occupation israélienne.

Le Hezbollah est considéré comme une organisation terroriste par de nombreux États occidentaux, dont les États-Unis et le Canada.

7- Gardiens de la révolution

C’est l’armée idéologique de l’Iran et l’un des piliers du régime islamique.

Ses dirigeants orchestrent la majorité des attaques lancées depuis et par l’Iran dans le conflit.

Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) est classé comme une organisation terroriste par de nombreux pays, dont le Canada.

L’Union européenne a emboîté le pas au mois de janvier en raison de l’implication du groupe dans les répressions meurtrières lors des manifestations qui ont secoué l’Iran au début de l’année.

• À lire aussi : Mandat d’arrêt pour « crime de guerre »: Benjamin Netanyahou finira-t-il en prison ?

8- Israël

Israël, c’est l’ennemi juré de l’Iran. Les deux nations se livrent une guerre intermittente par groupes intermédiaires (proxy) depuis 1985.

Le pouvoir iranien est ouvertement opposé à l’existence même de l’État hébreu, mais il ne l’avait jamais attaqué directement avant le conflit actuel, notamment par peur de représailles des États-Unis.

Cette rivalité fondamentale explique en grande partie la pression exercée dans les derniers mois par le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou afin de procéder à une campagne militaire d’envergure visant à anéantir le programme nucléaire et militaire iranien.

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