Un jet privé pour le champion de l’Omnium Banque Nationale de Montréal


Mylène Richard
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Participant à une première finale d’un tournoi de catégorie Masters 1000, Alexei Popyrin avait une motivation supplémentaire, lundi soir, quand il a foulé le central du Stade IGA.
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L’Australien de 25 ans voulait aussi s’assurer d’être assis dans le siège du champion à bord d’un jet privé à destination de Cincinnati, où il disputera son prochain tournoi, mercredi, face au Français Gaël Monfils.
«Après les quarts de finale, mon entraîneur m’a dit que si j’atteignais la finale, le tournoi nous fournissait un jet privé. Juste avant la demi-finale, on s’est dit: “Allez, allons chercher ce jet privé!” Je n’ai jamais voyagé en jet privé, alors ce sera une première pour moi demain matin [mardi]. Honnêtement, j’ai peur en avion, alors on verra comment ça va se passer», a raconté en riant le gagnant de la finale à l’Omnium Banque Nationale.
L’organisation de l’événement fournit en effet un jet privé aux finalistes. On ne sait pas si Andrey Rublev, qui s’est incliné 6-2 et 6-4, profitera aussi de ce moyen de transport luxueux, mais il est certain que Popyrin le fera après avoir fêté une bonne partie de la nuit.

Ascension pénible
Avec ce triomphe, Popyrin devrait passer de la 62e à la 23e place au classement de l’ATP, un sommet dans sa carrière.
Champion chez les juniors à Roland-Garros en 2017, il a occupé le deuxième échelon mondial chez les garçons. Toutefois, les succès ne sont pas venus aussi rapidement que souhaité quand il a fait le saut chez les professionnels.
«Tu penses que la prochaine marche sera facile, mais ce n’est pas le cas. Se faire une place parmi le top 500, c’est difficile. Le top 250 et le top 100, ce sont de tout autres niveaux. Juste rester parmi les 100 meilleurs, c’est ardu. Quand on est junior, on ne s’imagine pas qu’il y a autant d’étapes à franchir», a admis celui qui est né à Sydney de parents d’origine russe.
En 2021, Popyrin a gagné son premier titre ATP et il a percé le top 60 à 21 ans.
«Je me suis dit qu’il n’y avait aucune chance que je recule, que j’allais continuer de progresser. Mais la saison suivante, j’ai perdu tous mes points et j’ai été exclu du top 120. J’ai dû obtenir un laissez-passer pour les Internationaux d’Australie. J’ai remonté la pente et j’ai vraiment commencé à faire ma place l’an dernier», a raconté le champion surprise à Montréal.
Popyrin a grandi en affrontant chez les juniors les Canadiens Denis Shapovalov et Félix Auger-Aliassime. Mais leurs destins ont pris des parcours différents. L’Ontarien a atteint le 10e rang mondial, tandis que le Québécois s’est hissé au sixième échelon.
«Et cette saison, c’était des montagnes russes, jusqu’à cette semaine», a ajouté Popyrin.

Avec les Laver, Rafter et Hewitt
Popyrin est devenu le quatrième Australien à remporter le tournoi canadien après Rod Laver en 1970, John Newcombe l’année suivante et Patrik Rafter en 1998, tous à Toronto.
Il est aussi le premier joueur de son pays à gagner un Masters 1000 depuis Lleyton Hewitt, en 2003, à Indian Wells.
«C’est un sentiment incroyable. Jusqu’à la dernière balle de match [face à Rublev lundi], je ne réalisais pas ce qui m’arrivait. Lleyton m’a d’ailleurs aidé aux Jeux olympiques, comme depuis le début de ma carrière. Il m’a prodigué de bons conseils à Paris. [...] Il y a beaucoup de lui dans cette victoire à Montréal», a souligné Popyrin, dont le parcours aux JO s’est arrêté en ronde des 16 face à l’Allemand Alexander Zverev.