Omnium Banque Nationale: Popyrin cause la surprise à Montréal!

Mylène Richard
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Personne ne pouvait prévoir, il y a une semaine, qu’Alexei Popyrin allait triompher à Montréal. En fait, la majorité des amateurs de tennis québécois ne savaient même pas qui il était avant le début de l’Omnium Banque Nationale.
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L’Australien de 25 ans, qui n’avait pourtant jamais pu s’extirper des qualifications au Canada, est maintenant le champion-surprise de 2024. Il s’est imposé devant un Andrey Rublev désabusé, en deux manches de 6-2 et 6-4, lundi soir.
Après un coup raté de la cinquième tête de série, Popyrin, qui avait l’avantage sur une égalité, s’est écroulé sur le dos en regardant son box. Il s’est pris la tête à deux mains, essayant de comprendre ce qui lui arrivait.
«Je ne sais pas, je ne sais vraiment pas», a répondu Popyrin quand on lui a demandé sur le court central ce qui venait de se passer, avant de lâcher involontairement un juron et de s’excuser, faisant bien rire les spectateurs.
«C’est incroyable, c’est difficile décrire mes sentiments. Tout le travail accompli avec mon équipe au cours des dernières années porte enfin ses fruits. Je n’en reviens pas d’avoir gagné un Masters 1000», a-t-il ajouté à chaud.
Une première en 31 ans
Arrivé à Montréal avec l’étiquette du 62e mondial, Popyrin est devenu le joueur le moins bien classé à être couronné au tournoi montréalais depuis le Suédois Mikael Pernfors en 1993, alors 95e sur la planète tennis.
«C’est de loin la meilleure semaine de ma carrière, considérant les adversaires que j’ai battus. C’est aussi un titre Masters 1000, alors j’avais juste gagné des tournois 250 avant [à Umag l’an dernier et à Singapour en 2021]», a rappelé le natif de Sydney, devant les journalistes, son trophée bien en vue.
Mine de rien, Popyrin a maintenant défait Rublev deux fois en trois affrontements. Sur la terre battue de Monte-Carlo, il avait aussi signé un gain plus tôt cette saison.
«C’est tout de même une bonne et positive semaine pour moi, a indiqué le perdant. C’est un pas en avant. Je suis fier d’avoir été fort mentalement cette semaine, même aujourd’hui [lundi] si je compare à il y a plusieurs mois. J’ai été émotif, mais pas autant qu’à Monte-Carlo, où j’avais perdu mon sang froid la dernière fois qu’il m’a battu.»

Des gros noms
Le parcours du nouveau roi de Montréal n’aura pas été de tout repos. Il a notamment écarté Ben Shelton (14e), Grigor Dimitrov (10e), Hubert Hurkacz (6e) et Sebastian Korda (18e) sur son passage avant de réserver le même sort à Rublev.
Déjà avant sa finale, Popyrin avait grimpé en 30e position. Lundi prochain, il devrait être 23e, un sommet dans sa carrière.
Pas dans son assiette
Quant à Rublev, il n’avait pas l’air du tout dans son assiette en ce beau lundi soir. Pourtant, il avait connu une dizaine encourageante, faisant preuve de calme et de retenue après une dépression et une année mouvementée, ponctuée de crises et même d’une disqualification.
En sol québécois, le sixième mondial avait même éliminé avec panache le numéro 1, Jannik Sinner, en quarts de finale. Il est l’unique joueur à avoir infligé des défaites à Sinner et à Carlos Alcaraz cette saison.
Mais lundi, les amateurs ont eu droit à l’ancien Rublev, qui a montré souvent des signes de découragement et qui n’a pas couru toutes les balles. Tôt dans la rencontre, il a crié sa rage. Et quand Popyrin touchait les lignes, ce qui est arrivé souvent en fond de terrain, le Russe de 26 ans n’en revenait simplement pas.

Mauvais au service
Malgré les encouragements de la foule, qui souhaitait probablement assister à une finale un peu plus enlevante et chaudement disputée, Rublev a d’abord peiné avec les balles en main, ne réussissant que quatre as, contre 10 pour Popyrin, et commettant cinq doubles fautes, contrairement à trois pour son rival. Avec un pourcentage de 44% sur son premier service et seulement 17 points gagnés sur 27, ce n’était rien d’encourageant.
Puis, le favori sur papier n’a réalisé qu’un bris en six occasions, tandis que son adversaire lui a volé son service quatre fois en neuf tentatives.
«Il a joué de façon exceptionnelle et je n’ai pas bien servi. Dans ces moments, je commence à trop penser, a analysé Rublev, Il était confiance et a bien fait dans les moments importants. Lorsque j’arrivais à me calmer, je me donnais des chances de revenir dans le match, mais ça ne fonctionnait pas. Je n’étais pas prêt et il m’a brisé d’entrée. Les bons joueurs profitent de leurs chances et ce n’est pas moi qui aie réussi aujourd’hui [lundi].»
Jamais dans le coup, Rublev a manqué de constance, de confiance et de précision. Tout le contraire de Popyrin. C’est plutôt lui qui avait l’air de la tête de série sur le central.
