«Un incontournable»: le Centre Vidéotron est le cinquième amphithéâtre le plus achalandé au pays


Stéphane Cadorette
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Ceux qui se plaisent à croire qu’après 10 ans d’opérations sans Nordiques, le Centre Vidéotron est une coquille vide doivent se rendre à l’évidence. Bon an mal an, l’amphithéâtre est devenu le cinquième plus occupé au Canada.
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Les données de Pollstar, qui cumulent le nombre de billets vendus dans les différents amphithéâtres, ne mentent pas. La plupart des années depuis son ouverture en 2015, le Centre Vidéotron loge au cinquième rang en termes de nombre de spectateurs pour l’ensemble de ses événements.
En 2023, l’année la plus prolifique dans sa jeune histoire, le Centre Vidéotron a même pointé au quatrième échelon.
Évidemment, Toronto, Montréal et Vancouver, les trois plus grandes villes canadiennes, occupent le podium. Québec, qui représente la huitième plus grande agglomération au Canada et la 121e en Amérique du Nord, n’a certainement pas à rougir.
«Des villes comme Edmonton et Ottawa sont plus grosses que nous et on score mieux», souligne Martin Tremblay, chef de l’exploitation du Groupe Sports et divertissement chez Québecor, gestionnaire de l’amphithéâtre.
«Ce qui me rend le plus fier, c’est que le Centre Vidéotron s’est établi comme un incontournable et que plus personne ne s’en passerait. Personne ne retournerait en arrière», ajoute-t-il.
Quel éléphant blanc?

En 10 ans, 770 événements culturels et sportifs ont été présentés. Si les Remparts demeurent les locataires principaux, le Centre Vidéotron est devenu bien plus qu’un « gros aréna de hockey junior », tel que le prétendent les détracteurs.
Sur le plan artistique, des noms immenses de la musique comme Paul McCartney, Katy Perry, Billie Eilish, Ed Sheeran, Céline Dion, Pearl Jam et de nombreux autres sont passés, ce qui aurait été impensable sans une infrastructure dernier cri.
Quant à l’offre sportive, neuf matchs préparatoires de la LNH ont été présentés. Au-delà du hockey, la variété du menu ne se dément pas avec la Ligue des nations de volleyball qui a fait fureur au printemps dernier, 12 galas de boxe, le Duel de la Ligue élite canadienne de basketball (LECB) et deux soirées de lutte avec l’émission phare de la WWE, Raw, entre autres.
«Je n’entends plus personne dire que c’est un éléphant blanc. On a fait la preuve que Québec est une grande ville et il faut avoir des comportements de grande ville. Une grande ville doit se doter d’infrastructures de grande qualité. Ça nous amène une qualité de vie culturelle et une offre sportive diversifiée», fait valoir Martin Tremblay.
Plus loin que Québec
Qualifiant le Centre Vidéotron de «lieu principal de rassemblement des gens de Québec», Martin Tremblay lance du même souffle que l’amphithéâtre rejoint un public beaucoup plus vaste.
«À tous les grands spectacles, on a 20 à 30% des spectateurs qui viennent de plus d’une heure et demie de route. Pour les Maritimes, le Maine, la Côte-Nord et le Lac Saint-Jean, on est l’amphithéâtre le plus proche. On forme un marché de deux millions et demi d’habitants», résume-t-il.
«On est une grande ville et on n’a aucun complexe à avoir. Notre économie va bien, il y a des sièges sociaux, on est l’une des villes au Canada où il y a le plus bas taux de chômage et où la croissance est la plus élevée depuis 10 ans. Le revenu disponible pour le divertissement est là et sans le Centre Vidéotron, tous ces gens dépenseraient dans d’autres villes.»
Le rêve des Nordiques toujours présent

Impossible de souligner les 10 ans du Centre Vidéotron sans évoquer que les Nordiques se font toujours attendre. Du moins, par ceux qui y croient encore.
«On souhaite la LNH, mais il faut être deux pour danser», martèle Martin Tremblay, lorsqu’on lui demande si notre chien est mort et si Québecor est toujours dans le coup pour l’obtention d’une franchise dont le prix tournerait aujourd’hui autour de 2 milliards de dollars américains.
S’il est difficile de douter de l’impact positif du Centre Vidéotron, l’absence des Nordiques demeure l’éléphant dans la pièce.
Sans affirmer que le projet est mort de sa belle mort, Martin Tremblay ne cache pas que l’optimisme qui régnait en ville quant au retour des Nordiques a déjà été infiniment plus élevé qu’à l’heure actuelle.
«Il y a une période, environ de 2010 à 2013, où la fenêtre était ouverte. La population le voulait, l’amphithéâtre a été construit. On a fait les démarches comme propriétaire. Les gens ne peuvent pas savoir le nombre de discussions qu’on a eu au fil des années et tout ce qu’on a essayé», raconte M. Tremblay.
«Aujourd’hui, le contexte est différent. Est-ce qu’on veut encore? Oui! Est-ce qu’on va faire des promesses et jouer avec les émotions des gens? Jamais on ne fera ça!», a-t-il prudemment continué.
Assurant que Québecor ne lâche pas le morceau, Martin Tremblay ne bronche pas quand on lui demande si la LNH a largué Québec pour de bon.
«Je ne répondrai pas à cette question», dit-il.
«Ce que je sais c’est qu’on y travaille encore et que le bilan du Centre Vidéotron après 10 ans, c’est pas mal plus que les Nordiques.»
LES 10 ANS DU CENTRE VIDÉOTRON EN CHIFFRES
- 462 événements sportifs (dont 325 matchs des Remparts)
- 308 spectacles
- 156 artistes internationaux
- 24 groupes québécois
- 7,8 millions de billets vendus
- Des spectateurs venus du Japon, des Pays-Bas, de l’Espagne, de Singapour, de l’Autriche, de l’Australie, du Brésil, de la Polynésie française et plus
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