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Le Centre Vidéotron a 10 ans: dans les dents de tellement de monde

Pour beaucoup de râleurs, cet amphithéâtre devait être un éléphant blanc

PHOTO D’ARCHIVES
2025-09-10T04:00:00Z

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Pour beaucoup de râleurs, le Centre Vidéotron devait coûter le double, devenir un éléphant blanc, créer des déficits et devenir malicieusement un joujou pour remplir les poches de Québecor par une entente secrètement diabolique. Dix ans plus tard, le Centre Vidéotron est plutôt un des amphithéâtres dont la construction et la gestion représentent un des plus beaux succès en Amérique du Nord.

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Il faut être de mauvaise foi en batinse ou mal s’informer pour penser que ce n’était pas une bonne idée de construire le Centre Vidéotron. Ou de croire que, sans Nordiques, un tel édifice représentait un inutile gaspillage.

D’abord, c’est tellement méprisant pour les gens de Québec, qui, comme les villes de sa taille en Amérique du Nord, peuvent croire que ça leur prend un amphithéâtre qui n’est pas infesté par les rats pour accueillir des spectacles plus intéressants qu’un groupe hommage aux Classels.

Ensuite, l’aréna est occupé. Chaque année, c’est le quatrième ou le cinquième amphithéâtre le plus achalandé au Canada. La moitié des soirées, c’est pour des événements culturels. Ça marche fort.

Un joyau pour Québec

Pour un puriste comme moi, c’est sûr que j’aimais l’odeur de barbe à papa collée de façon permanente sur les planchers du vieux Colisée. Et je voyais parfois le fantôme de Joe Malone. Mais je devais tourner la page. Même si le Centre Vidéotron n’a pas encore l’âme des Stastny, c’est tout de même un joyau. Promenez-vous dans les corridors du Centre Bell, vous allez comprendre pourquoi le Centre Vidéotron est pas mal plus «sur la coche».

Et puis il y a la question des coûts. Québec aurait pu mieux écouter les contestataires, retarder, ajuster, réviser... Mais, comme il en était capable, Régis Labeaume a foncé la tête la première. Le résultat? Le coût des matériaux a explosé juste après la construction de l’amphithéâtre.

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Avec la commission Gallant sur SAAQclic, c’est bien tendance, ces temps-ci, de dire que les gouvernements sont incapables de faire quoi que ce soit sans que ça coûte le double du prix. Ça dépend de qui s’en occupe, car ç’a coûté 370M$, soit 30M$ de moins que prévu.

Les fameux millions publics

C’est de l’argent, 370M$! Et tout ça a été payé avec l’argent public. Mais il y a des 370M$ qui ont été moins bien investis au Québec, disons. Car, pour le Centre Vidéotron, les retombées sont là, les gros spectacles sont là et plusieurs grands événements sportifs sont là. On revoit certainement une partie de la couleur de ces millions.

Concernant l’argument que l’argent public n’aurait pas dû servir à ça et que le Centre Bell, par exemple, a été entièrement financé par le privé, il faudra un jour se sortir la tête du sable.

Le Centre Bell et la bande du CH bénéficient de splendides réductions de taxes, même si l’équipe vaut 4 milliards de dollars et demeure un des clubs qui font le plus de profit dans la ligue.

De plus, en guise de comparaison, le Little Caesars Arena de Detroit a été ouvert deux ans plus tard. Le coût: 1,2G$. Les contribuables ont versé 445M$. C’est vrai que le Québec pouvait avoir d’autres priorités qu’un aréna. Mais, à Detroit, on est ailleurs. Le taux de pauvreté est à 30%. C’est le triple de la moyenne nationale.

Le Fiserv Forum, c’est le nouvel aréna des Bucks de Milwaukee, au basketball. Il a été ouvert trois ans après le Centre Vidéotron. Le coût: 720M$, dont 376M$ du public. Encore là, c’est loin de se comparer à Québec comme vitalité économique. Le taux de pauvreté frise les 25%. C’est une des villes les plus pauvres des États-Unis.

L’aréna du Kraken de Seattle a coûté 1,6G$ et a été rouvert en 2021. Ce n’est pas un nouvel édifice. Ce sont seulement des rénovations. Il a été érigé en 1962.

Autrement dit, à 370M$, le Centre Vidéotron, qui n’a rien à envier à ces autres amphithéâtres, c’est manifestement un tour de force.

Photo DIDIER DEBUSSCHÈRE
Photo DIDIER DEBUSSCHÈRE
Le coup de poing dans la face

Bon, il y a l’œil au beurre noir aussi. Je ne vais pas jouer à l’autruche moi non plus. La construction d’un aréna symbolisait concrètement un retour de la LNH à Québec. Ça passait d’hypothétique à mieux que ça. Et, oui, ç’a été un coup de poing sur la gueule.

Ça ne fait plus mal. On a tourné la page. On n’y pense plus vraiment. On est tanné d’être cocu. On ne recommencera pas à avoir l’air d’attendre Godot. On a tous caché cet espoir qui est redevenu un rêve dans un tiroir. Et on le rouvrira quand quelque chose de sérieux se présentera. Sinon, on peut être fier de ce qu’on fait à Québec et de l’idée qu’on s’éprend de notre amphithéâtre.

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