Ultium CAM a contrevenu à la Charte de la langue française, tranche le tribunal
«La seule langue officielle du Québec est le français», rappelle la juge Jessica Laforest


Francis Halin
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Neuf mois après la sortie dans nos pages d’un mécanicien ulcéré de devoir fournir son CV et de faire son entretien d’embauche in English à l’usine d’Ultium CAM, de Bécancour, le Tribunal administratif du travail vient de trancher: l’entreprise a bel et bien contrevenu à la Charte de la langue française (CLF).
«La défenderesse a contrevenu à la CLF», écrit noir sur blanc la juge Jessica Laforest dans une décision de 11 pages rendue publique le 16 septembre dernier.
Rappelons qu’au lendemain du reportage du Journal, l’Assemblée nationale du Québec avait adopté une motion de Québec solidaire pour protéger le français dans la filière batterie naissante pour laquelle des milliards de deniers publics ont été investis.
Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti Québécois, avait dénoncé les agissements de la société. «On ne versera pas une cenne à des gens qui ne respectent pas nos lois», avait-il dit.
«Seule langue officielle»
Or, quelques mois plus tard, c’est au tour des tribunaux d’accueillir la plainte du travailleur.
«La seule langue officielle du Québec est le français. Parmi les droits linguistiques fondamentaux, la Charte de la langue française protège celui des travailleurs d’exercer leurs activités en français», rappelle la juge.
Au Parti libéral du Québec, on accuse le gouvernement Legault de ne pas en faire assez pour protéger la langue française.
Le premier ministre @francoislegault visite en ce moment l'usine d'Ultium Cam (GM-Posco) de la filière batterie, à #Bécancour pic.twitter.com/cvn41eFbos
— Francis Halin (@francishalin) May 13, 2024
«La CAQ affirme avoir élevé la protection du français au rang de principe inaliénable. Or, elle a prêté plus de 150 M$ à une entreprise de la filière batterie qui recrute à Bécancour en anglais et en coréen!» a dénoncé sur les réseaux sociaux Madwa-Nika Cadet, porte-parole libérale de l’opposition officielle en emploi.
«Quand il est question de batteries, au diable le respect de la loi 101?» a-t-elle ajouté.
Le français, « ça » se protège, mais avec la filière batterie, « ça » prend le bord... #PolQc #AssNat pic.twitter.com/I0ILWdJNSC
— Madwa-Nika Cadet (@madwanika) September 25, 2024
Ultium CAM se défend
Invitée à réagir au jugement, Ultium CAM a indiqué que le recours au français est essentiel et que ce sera la première langue à l’usine de Bécancour.
«Ultium CAM est consciente de ses obligations et de ses responsabilités à l’égard de la langue française», a assuré sa porte-parole Annik Bousquet.
«Depuis la situation dont il a été question, nous avons pris nos responsabilités à l’égard de la langue française, qui demeure une priorité pour Ultium CAM. Lorsque nous avons commencé activement notre campagne de recrutement en 2023 et suivant l’arrivée de nouvelles ressources, l’ensemble des entrevues que nous avons menées ont été effectuées en français», a-t-on poursuivi.
«Ultium CAM dispose désormais d’une équipe francophone, ce qui nous permet de mener nos activités entièrement en français, ce à quoi les Québécois sont en droit de s’attendre. Il est au cœur de nos valeurs de créer un environnement de travail en lien avec notre société d’accueil», a-t-on conclu.
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