Tous les résultats
Publicité

Filière batterie: l’Assemblée nationale du Québec adopte une motion pour protéger le français

Les élus québécois ont voulu envoyer un message aux entreprises établies ici

Simon Clark/Agence QMI
Photo portrait de Francis Halin

Francis Halin

2023-12-05T20:41:18Z

Partager

Au lendemain d’un reportage du Journal relatant l’histoire d’un travailleur forcé d’envoyer son CV en anglais à l’usine d’Ultium CAM de Bécancour, l’Assemblée nationale du Québec a senti le besoin d’adopter une motion de Québec Solidaire pour protéger le français.

«Je suis très fière que l’Assemblée nationale ait parlé d’une seule voix pour rappeler à l’ordre Ultium CAM et toutes les entreprises de la filière batterie que le respect de la Charte de la langue française n’est pas une option», s’est félicité Ruba Ghazal, député solidaire, porte-parole en matière de langue française.

Selon elle, il est anormal que nos travailleurs aient besoin de porter plainte pour faire respecter la loi existante.

«La langue au travail, c’est le français et le gouvernement du Québec a la responsabilité de s’assurer de préserver notre langue commune en rendant conditionnelles les subventions au respect de la Charte de la langue française», a-t-elle ajouté. 

Indignation des élus

Lundi dernier, Le Journal a raconté l’histoire d’un mécanicien choqué de voir que l’on exigeait une copie de son CV en français pour pouvoir aller travailler à l'usine de la filière batterie d'Ultium CAM, qui a reçu près de 152 M$ de prêts de Québec.

Après la publication de l’article, le chef du Parti Québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a prévenu que sous sa gouverne «on ne versera pas une cenne à des gens qui ne respectent pas nos lois».

Publicité

Tant au PLQ que chez QS, les oppositions avaient tour à tour dénoncé la situation.

Après l’adoption de la motion, mardi après-midi, le ministre caquiste de la Langue française, Jean-François Roberge, a salué le travailleur qui a porté plainte.

«On a augmenté de 50% les effectifs à l’OQLF depuis que l’on est au gouvernement», a-t-il rappelé.

«La loi s’applique à tout le monde au Québec », a martelé le ministre québécois.

Plus de 2,7 G$ de fonds publics

Rappelons que Québec a mis 2,7 G$ de fonds publics dans la filière batterie à ce jour.

En entrevue au Journal la semaine dernière, le PDG d’Investissement Québec, Guy LeBlanc, avait insisté pour que l’on parle davantage d’investissement que de subvention pour donner un meilleur portrait de la contribution du gouvernement dans la filière batterie naissante.

«Ce qui m’irrite, c’est que l’on parle toujours de subvention et d’aide, et ainsi de suite. C’est du financement et de la prise de participation à 95% que l’on a fait», avait-il affirmé.

-Avec la collaboration de Gabriel Côté

Texte de la motion

(Le PQ et la CAQ ont été conjoints et le PLQ consentant.)

« Que l’Assemblée nationale rappelle à Ultium CAM et toutes les entreprises de la filière batterie que le français est la langue officielle du Québec et doit être la langue utilisée pour les processus d’embauche:

Qu’elle rappelle que cette filiale de General Motors reçoit une subvention du gouvernement dans le cadre de la filière batterie québécoise ;

Qu’elle rappelle que les employeurs ont l’obligation de respecter le droit de tous les travailleurs du Québec d’exercer leurs activités en français ;

Que l’Assemblée nationale demande au gouvernement de rendre ses subventions aux entreprises conditionnelles au respect de la Charte de la langue française. »

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Publicité
Publicité