Transformation éclair, mascotte et excès de curiosité: des employés racontent les coulisses du Centre Vidéotron


Vincent Desbiens
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Même s’il souffle à peine ses 10 premières bougies, le Centre Vidéotron a déjà été le théâtre de bon nombre d’événements spectaculaires... et d’anecdotes croustillantes en coulisses.
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1. Un parterre en 18 minutes

Questionnée à savoir à quel moment elle a eu le plus chaud dans son travail comme superviseure principale de l’expérience client, France Hudon a répondu sans hésiter: l’entrée des spectateurs avant le spectacle de Katy Perry en octobre 2017. «Pour des raisons techniques, on a eu la salle plus tard qu’attendu. On avait environ 20 000 personnes dans le bâtiment et on ne pouvait pas les faire entrer à l’heure prévue, alors ça commençait à s’agiter. Pendant qu’on essayait de calmer la foule, nos équipes ont monté un parterre complet de 1800 chaises en 18 minutes! Le spectacle a commencé avec un peu de retard, mais ce n’est rien quand on pense à tout le travail qu’il restait à faire quelques minutes avant.»

2. Vivre avec des colocs

Pour le gérant d’équipement des Remparts, Stéphane Savard, le plus grand des casse-têtes est associé au fait d’arriver d’un match sur la route en plein spectacle au Centre Vidéotron. «J’aime dire qu’on est chez nous, mais qu’on vit avec des colocs. Le vestiaire est pratiquement dans les coulisses. J’arrive avec tout mon stock: le lavage, les poches de hockey, mon équipement. Je ne veux pas trop déranger, mais j’ai des brassées de lavage à faire pour la pratique ou le match du lendemain. Et il y a aussi les joueurs qu’on doit gérer parce que, quand c’est un artiste connu, ils sont curieux et ils veulent aller voir le show. Ils savent qu’ils n’ont pas le droit, mais ça reste des adolescents. C’est arrivé qu’on doive les avertir plusieurs fois. Bref, c’est un peu un combat à chaque fois.»
3. Sept heures top chrono

Les responsables du calendrier du Centre Vidéotron évitent de placer un spectacle la veille d’un match à domicile des Remparts. Quand cette situation se présente, le gestionnaire des opérations de l’aréna, Jean-Philippe Hébert-Caron, sait que lui et sa petite équipe de 16 personnes ont tout un mandat devant eux. «Pour les grandes tournées internationales comme celle de Billie Eilish, par exemple, il y a entre 20 à 25 vans d’équipement à retirer avant de pouvoir amorcer la conversion en mode glace. Donc on commence vers 3h du matin et tout doit être prêt pour l’entraînement matinal des Remparts à 10h. C’est un travail colossal en si peu de temps! On fait des miracles et ce n’est pas gênant de se comparer à d’autres arénas de taille similaire dans le monde.»

4. Préposé à la mascotte

Habituée de travailler avec le budget serré d’une équipe junior pour assurer le spectacle, la coordonnatrice aux opérations de matchs et à l’expérience client de l’amphithéâtre, Maripier Puchol, avoue avoir été stupéfaite lorsque son équipe a dû collaborer avec celle des Kings de Los Angeles lors de la présentation de deux matchs présaison de l’équipe à Québec à l’automne 2024. «Tu vois qu’on ne joue pas dans la même ligue. S’il manque quelque chose pour améliorer le spectacle, pas de problème, on va payer. Pas besoin de faire de soumission. On sort l’argent directement. [...] La taille de leur équipe événementielle comparativement à la nôtre aussi, c’était quelque chose. Ils ont une personne attitrée seulement à la mascotte! Cet employé-là gère la personne dans le costume et ses apparitions publiques. C’est tout. Nous aussi, on a quelqu’un qui gère la mascotte, mais elle a aussi plusieurs autres chapeaux en même temps.»

5. La folie de la Coupe

Les cinq artisans derrière les plus grands moments de la courte histoire du Centre Vidéotron soutiennent qu’ils se souviendront longtemps de la folie des séries de 2023, couronnées de la conquête de la Coupe Memorial par les Remparts de Québec. «L’ambiance était complètement folle pendant les matchs à domicile, se souvient la gestionnaire du marketing des Remparts, Marie-Dominique Morin. Tout s’était déroulé à merveille, on a été sold-out plusieurs fois et on a battu le record absolu de moitié-moitié vendus en un match. Il y avait un engouement extraordinaire dans la région de Québec; les gens étaient heureux, ça chantait dans les corridors quand le match finissait. Même l’accueil des partisans et la présentation de la coupe devant public en revenant à Québec, juste avant le départ de Patrick Roy, ça avait quelque chose de magique.»
