«S’il y a un doublé à réaliser, c’est ici à Saint-Côme» – Mikaël Kingsbury
Le roi des bosses a remporté les deux courses à Val Saint-Côme ce week-end


François-David Rouleau
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SAINT-CÔME | Si le goût d’un doublé et d’un coup de balai dans un week-end parfait est meilleur à un endroit plus qu’à un autre, c’est bien devant les siens, chez soi. En remportant ses deux courses à Val Saint-Côme ce week-end, Mikaël Kingsbury était un skieur amplement satisfait, heureux, soulagé et gonflé à bloc pour le reste de la saison de la Coupe du monde.
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Il fallait le voir au bas de la piste, poing en l’air, brandissant ses skis, énergisé par les applaudissements d’une bonne foule ayant bravé le froid dans Lanaudière par un glacial samedi soir de février. Il était fier d’avoir livré des performances à couper le souffle.
Pour savourer sa deuxième médaille d’or en autant de soirs, le roi des bosses a livré la marchandise en défaisant en demi-finale du duel le solide Américain Nick Page, ensuite le surprenant Français cette saison, Benjamin Cadet.

«Tout au long de la journée, je me suis bien senti. Au fil des descentes, j’ai créé un crescendo. J’avais une bonne idée de la vitesse à prendre et des bons endroits où atterrir pour offrir une descente propre et aller chercher tous les points possibles», a analysé le champion dans un spectacle de haut calibre qu’ont livré les skieurs dans le carré d’as.

Près des 100
Ce balayage et ces deux sacres à domicile portent son total à 96 victoires en carrière, lui qui s’approche à très grande vitesse des 100 titres en Coupe du monde. Dans l’univers du ski alpin, seule Mikaela Shiffrin en compte plus que le natif de Deux-Montagnes, soit 99.
«Je ne pense plus à la marque des 100 victoires. Tout ce que je me dis, c’est que j’y vais une à la fois», a signalé Kingsbury.
Au rythme effréné de sa saison dans laquelle il a remporté six de ses huit courses, cette incroyable marque pourrait être franchie en Chine dans trois semaines. Deux compétitions l’attendent à Deer Valley, en Utah, le week-end prochain, avant qu’il s’envole vers l’est de la Chine.
À ses dires, un doublé est aussi savoureux à Deer Valley. Mais encore plus, c’est qu’en alignant les victoires, Kingsbury creuse un profond fossé par rapport à ses principaux adversaires, Cavet, et son grand ami, Ikuma Horishima.

Une «p’tite frette» à Joey
D’ailleurs, Kingsbury doit une bonne petite bière froide à son jeune coéquipier de 21 ans, verte recrue du circuit de la Coupe du monde, qui a sorti le Japonais en ronde des 32e, samedi soir.
«Joey n’a pas sorti un lapin de son chapeau. Il a accompli son travail, a-t-il analysé en laissant entendre que son rival l’avait possiblement pris à la légère en ne le connaissant pas. Ç’a fonctionné et je suis très content pour lui.»
À 32 ans, le skieur s’est aussi dit satisfait de sa gestion d’un week-end éreintant à la maison.

«L’an passé, j’étais brûlé et vidé raide après un week-end comme celui-ci. Maintenant, je me sens bien. Je suis fatigué et content que ce soit terminé, mais je suis surtout très heureux de la manière dont je me sens pour terminer un week-end comme ça. C’est une grosse différence par rapport à l’an passé.
«Je vais être difficile à battre à Deer Valley.»
Viel dans le top 8
Julien Viel n’est pas près d’oublier ce week-end à Saint-Côme, également. Ayant grimpé sur la deuxième marche du podium aux côtés de son coéquipier la veille, il s’est faufilé jusqu’en quart de finale lors de cette épreuve en duel.
«Un top 8 dans un duel pareil où ça pousse et que ça joue jusqu’à la limite, c’est très bon, a indiqué le skieur de Mont-Saint-Anne qui avait levé le poing en l’air en guise de fierté avant de tomber face au téméraire Suédois Filip Gravenfors, qui a défié les lois de la gravité toute la soirée. Je n’étais pas prêt à faire ça avec une température de -25.»

Chez les femmes, victorieuse la veille, la Canadienne Maïa Schwinghammer a aussi été éliminée en quart de finale face à l’éventuelle médaillée d’argent, Anastassiya Gorodko.
En huitième de finale, la native de la Saskatchewan avait éliminé sa coéquipière du Québec Laurianne Desmarais-Gilbert qui en a profité pour apprendre de la meilleure.