Déménager la famille dans une autre province pour donner à fiston une plus grande chance d’accéder à son rêve de jouer dans la LNH est une idée saugrenue pour plusieurs personnes. Et si c’était pour augmenter ses chances d’obtenir une meilleure éducation, serait-ce plus noble?
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C’est l’objectif que recherchait Alexis Gravel lorsque sa mère et lui ont quitté les Bois-Francs pour aller s’établir en banlieue de Toronto.
«J’avais 14 ans quand on est déménagé. Je voulais m’ouvrir des portes. Je souhaitais aller étudier dans une université américaine, a raconté Gravel, qui a porté les couleurs des Senators de Mississauga pendant deux saisons. Quand tu es un francophone du Québec, c’est difficile de se faire remarquer par des équipes de la NCAA. Quand tu ne dis pas un mot en anglais, ce n’est pas évident.»

Comme l’œuf et la poule, il est difficile de savoir ce qui s’est produit en premier : l’offre pour l’emploi de maman ou la recommandation de l’agent du garçon qui lui conseillait de s’expatrier?
«Si ma mère n’avait pas été en mesure de se trouver du travail, je n’y serais pas allé. Il fallait que ça fonctionne pour les deux. Dans le cas contraire, il aurait fallu que mes parents donnent mes droits de garde à quelqu’un et ça ne faisait pas triper ma mère», a-t-il indiqué.
Coup de foudre imprévu
Au cours de ses deux saisons à Mississauga, Gravel, dont le père François, également un gardien, fut repêché par le Canadien en 1987, a fait écarquiller bien des yeux.
À sa deuxième campagne, il a même été invité au Top Prospect Game, un match regroupant, en prévision du repêchage de la Ligue de hockey junior de l’Ontario, les meilleurs espoirs de la GTHL.

Ses performances furent suffisamment soutenues pour que Harvard et Boston University l’approchent. Finalement, il a opté pour... les Mooseheads d’Halifax, qui en ont fait leur choix de deuxième tour en 2016.
«Les Mooseheads m’ont fait voler à Halifax. J’ai été séduit. Ils bâtissaient l’équipe autour de Benoit-Olivier Groulx, Jared McIsaac et Raphaël Lavoie. Éric Raymond était l’entraîneur des gardiens et André Tourigny, l’entraîneur-chef. C’était sur la coche», a-t-il décrit.
«Ce qui est particulier, c’est que je me retrouvais encore plus loin de chez nous que lorsque j’étais dans la GTHL. Mais au moins, je parlais déjà anglais», a-t-il ajouté dans un éclat de rire.
Gravel a porté les couleurs des Mooseheads pendant cinq saisons. En cours de route, il a été sélectionné au sixième tour par les Blackhawks de Chicago, en 2018, sans toutefois réussir à percer.
Pas une garantie
Libéré par les Blackhawks en 2020, Gravel a disputé une dernière saison à Halifax avant de recevoir une invitation pour participer au camp des recrues du Canadien, l’automne dernier. Il termine sa première saison dans le circuit universitaire canadien, avec les Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il a été phénoménal dans la finale du Championnat universitaire canadien, que la formation québécoise a remporté au début du mois.
Alors que certains seraient tentés d’y voir un échec, le gardien de 22 ans y voit plutôt une expérience de vie des plus enrichissantes.
«Ce n’est pas parce que tu vas dans la GTHL que tu joueras automatiquement dans la LNH. Dans mes amis qui sont allés à Toronto, personne n’a percé. Ça ne veut pas dire que parce que tu t’entoures des meilleurs, que tu seras le meilleur. Par contre, aujourd’hui, je suis bilingue et je possède un bon contrat d’école. Je suis content du choix que j’ai fait.»
La décision de s’expatrier à Toronto ne doit donc pas être basée sur l’espoir de s’ouvrir les portes vers la LNH, mais plutôt sur la prochaine étape du parcours.
«Ça dépend de ce que le jeune veut faire par la suite. S’il souhaite jouer dans la NCAA, qu’il aille dans la GTHL. S’il souhaite évoluer dans la LHJMQ, je lui conseille de demeurer au Québec.»
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