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Roy Dupuis nous parle de sa vie loin des projecteurs

Alicia Bélanger-Bolduc

2026-03-26T10:00:00Z

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Roy Dupuis s’est toujours fait discret, tant au travail que dans sa vie privée. Rencontré à la première de son tout dernier film, La peau de l’ours, il nous a parlé de ce projet et nous a donné de ses nouvelles.

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Dans vos mots, décrivez-moi le film La peau de l’ours.

Une chose qui m’a attiré dans le scénario, c’est que j’ai toujours voulu faire un film de cowboys. Dans celui-ci, il y a un peu cette ambiance, mais au lieu d’être à cheval, je suis en motoneige ! Je pense que c’est un film qui peut être interprété de bien des façons, tout dépendant de qui le regarde. Ce qui m’a intéressé, c’est que mon personnage ramène sa petite-fille vers la faune et la flore, qu’il l’éloigne du monde virtuel. Je venais de sortir Après la Romaine et je sentais qu’il y avait une certaine continuité. On parle aussi d’anxiété et de la complexité de cette nouvelle génération, que je comprends. Ils ont tellement de choix, ils sont tellement bombardés d’informations, qu’ils peuvent facilement décrocher du monde extérieur.

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Valerie Blum / TVA Publications
Valerie Blum / TVA Publications

Comment ce film est-il arrivé à vous, qui choisissez maintenant très précisément vos projets ?

Mon agente m’a remis les textes. Je me voyais facilement porter le personnage de Benoît. Je venais aussi de terminer un film à Budapest avec Guy Maddin, qui est une icône du Manitoba. Je joue le premier ministre du Canada. Pour ce film, j’ai travaillé avec le coscénariste et coréalisateur Alexandre Trudeau, le frère de l’ancien premier ministre du Canada, pour faire son film au Manitoba avec le même directeur photo que j’avais adoré. Il y avait beaucoup de synchronicités qui m’ont intrigué.

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Tout a été tourné en plein hiver et en majorité à l’extérieur. Comment était l’expérience ?

On a été chanceux, on s’attendait à pire. Au Manitoba, en plein milieu d’un lac, il aurait pu faire très froid, mais c’était plutôt le contraire. On a eu peur qu’il fasse trop chaud et qu’on ne puisse pas aller sur la glace gelée du lac, où on avait quelques scènes importantes à tourner. Il y a eu quelques nuits plus froides, mais quand j’avais tourné le film Mémoires affectives, nous avions eu des températures allant jusqu’à -52 degrés. J’ai fait plusieurs films d’hiver et il faut être bien préparé. Ce n’est pas facile, pour un acteur : on attend souvent, en restant immobile, et c’est là que ça devient très compliqué.

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Quelle a été votre relation avec Malia Baker, qui joue votre petite-fille ?

Ce n’était pas un film à grand budget, donc on n’a pas pu répéter longtemps, pour ne pas dire pas du tout. Nous avons eu des lectures de scénario à distance. [Malia et moi,] nous avons cliqué rapidement. C’est une très bonne actrice, très présente et facile d’approche. Le rôle lui allait à merveille.

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Valerie Blum / TVA Publications
Valerie Blum / TVA Publications

Vous qui aimez la nature, ce rôle doit vous ressembler sur certains points ?

C’est sûr qu’il y avait un aspect du film directement lié à la philosophie et aux valeurs que j’ai par rapport à la faune, la flore et l’aspect sauvage de la nature. Je trouve que ça fait partie de notre identité, c’est vraiment une richesse que nous avons. Nous sommes le plus grand pays au monde où tu peux retrouver ces univers pratiquement totalement sauvages. C’est pour moi très précieux et important à valoriser. Mon personnage comprend ça aussi. Il est plus chez lui en nature qu’en ville, mais moi, j’ai tout de même besoin des deux.

Pour vous, une œuvre est importante lorsqu’elle fait avancer l’art et le public. Quel est, selon vous, l’aspect le plus fort de ce film ?

C’est justement à quel point l’univers sauvage de la nature qu’on a encore ici est présenté, à quel point ça fait partie de notre identité et à quel point c’est précieux. C’est aussi notre responsabilité de la préserver. C’est une réalité complètement différente de la ville. C’est comme les livres : plus tu en lis, plus tu élargis ta conscience et tes connaissances, et ça ne peut qu’ajouter de la couleur à ta vie.

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Valerie Blum / TVA Publications
Valerie Blum / TVA Publications

Comment restez-vous ancré entre les projets ?

Ça passe par la maison et la terre que j’habite, en campagne. C’est vraiment chez moi. Je n’ai acheté qu’une seule maison dans ma vie, et c’est celle-là. Ça m’a pris six ans à la construire, puisque j’en ai bâti une bonne partie moi-même. Je suis chanceux : je me chauffe avec le bois que j’ai coupé. En même temps, je me suis monté un ordinateur de fou, puisque je suis un bon gamer. Je joue en ligne avec mes amis. J’ai besoin d’univers fantastiques, avec de la créativité, où tout est possible. Il y a de plus en plus d’artistes qui passent par ce médium. Je passe de cet univers virtuel à un après-midi à prendre soin de mes poules, à être avec ma blonde et à couper mon bois. C’est très simple, et je suis dans une des plus belles périodes de ma vie.

Y a-t-il d’autres projets à venir pour vous ? Des voyages, par exemple ?

J’ai quelques projets en cours, mais qui n’ont pas encore trouvé de financement. Pour ce qui est des voyages, je trouve que ça devient de plus en plus compliqué. J’ai un bateau aux États-Unis et je ne l’ai pas utilisé cette année, puisque je ne voulais pas contribuer à l’économie américaine. J’avais des destinations en tête, comme la Chine, mais le monde est trop incertain en ce moment.

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