Nathalie Simard honore la vie et ceux qui partent
Nathalie Simard
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Comme l’a si magnifiquement chanté Ginette Reno, il y a dans la vie « ceux qui s’en vont, ceux qui nous laissent ». Mais ceux qui quittent ce monde ne disparaissent jamais complètement. Ils laissent derrière eux des traces, des souvenirs, des mots, des gestes et parfois des œuvres... Et surtout, ils laissent une empreinte dans nos cœurs.
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Dernièrement, j’ai perdu un homme qui a énormément compté dans ma vie : un mentor, un guide, voire un père spirituel ou même un frère de cœur. Jacques Michel nous a quittés à l’âge de 84 ans, emporté par un cancer virulent. Et Jacques a toujours été un guerrier, un guerrier doux, un homme de mots, empreint de sensibilité...
L’une des grandes forces des artistes, lorsqu’ils nous quittent, est qu’ils ne partent jamais vraiment. Ils nous laissent leurs œuvres, des chansons qui continuent de vivre, qui nous accompagnent dans nos joies comme dans nos peines. Ces chansons deviennent parfois des refuges, elles nourrissent notre quotidien, nos souvenirs, et apaisent bien souvent nos douleurs en exprimant ce que les mots ordinaires, parfois, ne peuvent faire.
Face à la mort
Perdre quelqu’un de cher nous amène toujours à réfléchir. La mort a cette étrange capacité de nous rappeler la valeur de la vie. Et, en vieillissant, on est malheureusement amenés à prendre de plus en plus conscience de cette réalité. Aujourd’hui, à 56 ans, je réalise à quel point il est important de profiter des gens qui nous entourent, parce que nous ne savons jamais de quoi demain sera fait. Comme l’a chanté Luc De Larochellière, « la vie est si fragile », et elle est si précieuse... Pourquoi, alors, avons-nous tendance à la tenir pour acquise ?
C’est lorsque nous sommes confrontés à la perte que nous comprenons réellement l’importance de chaque instant, comme si la vie nous envoyait un message, un rappel puissant de vivre pleinement ! Nous n’avons qu’une seule vie et, surtout, nous avons la responsabilité d’aimer ceux qui nous entourent pendant qu’ils sont encore là. Nos enfants, nos amis, notre famille, que ce soit celle tissée par les liens du sang ou celle qu’on choisit et crée au fil des années, sans oublier nos collègues de travail, et ceux qu’on croise sur notre route et qui donnent un sens à notre quotidien ...
Honorons la vie !
Honorer la vie, c’est reconnaître la chance que nous avons de pouvoir travailler, de créer et de partager. Personnellement, je me sens privilégiée, car j’ai la chance immense de gagner ma vie en faisant ce que j’aime le plus au monde : chanter, jouer, écrire, monter sur scène et partager en conférence des émotions avec les gens. Mais la vie nous demande aussi parfois de ralentir, de nous arrêter un moment afin de respirer, de regarder autour de nous et de capter réellement l’essence de ce qui compte.
J’ai perdu mes parents il y a plusieurs années déjà et, avec le recul, je réalise qu’ils sont partis relativement jeunes. Ma mère avait 74 ans et mon père, 76. Lorsque j’étais jeune, les gens de 50 ans me semblaient tellement vieux ! Mais aujourd’hui, à 56 ans, la perspective a changé.
Ces départs nous rappellent aussi que la santé n’est jamais acquise. Prendre soin de soi n’est pas un luxe, mais une responsabilité, notamment lorsqu’il s’agit de notre alimentation, de notre façon de vivre, de l’attention que nous portons à notre corps. Tout cela peut avoir des impacts réels sur notre santé et sur notre longévité.
Dans plusieurs cultures, notamment en Asie, on observe que les gens vivent souvent plus longtemps. Ce n’est pas un hasard, car leur alimentation est souvent plus équilibrée, plus naturelle et leur vie est parfois ancrée dans le courant zen. En vieillissant, je ressens de plus en plus ce désir de prendre soin de moi, d’autant plus que la vie m’a offert un immense bonheur, celui de devenir grand-maman.
Ma petite-fille, Maélyse, a aujourd’hui 15 mois et ma fille, Eve, a 32 ans. Ces deux êtres précieux sont devenus une source d’inspiration profonde dans ma vie. Elles me rappellent chaque jour pourquoi il est important de rester en santé et de prendre soin de moi. Je veux être présente pour elles, et surtout je veux voir ma petite-fille grandir !
Au fond, chaque départ nous enseigne quelque chose, chaque personne qui quitte ce monde nous laisse un message : celui de vivre pleinement, d’aimer profondément, et de ne jamais remettre à demain les gestes de tendresse, les mots d’amour, les moments précieux.
Compte tenu de l’époque si anxiogène et incertaine, et de ces guerres qui causent des ravages, si ce texte peut vous inspirer, j’aimerais qu’il vous pousse à prendre le temps d’aimer, de dire aux gens autour de vous combien ils comptent pour vous et combien vous les aimez, et à prendre le temps de vivre.
Je vous aime, et merci d’être là pour moi,
Nathalie
