« Révolution » : Voici comment RÂ a vécu son sauvetage in extremis
Nathalie Slight
Partager
Lors de son audition, Juliana, alias Râ, a non seulement reçu trois votes, elle a eu droit au plus beau des compliments, soit que très peu de solistes féminines en hip-hop de son niveau se sont présentées sur le plateau de Révolution. Pas surprenant que la jeune femme ait été sauvée lors de son face-à-face contre la talentueuse Merryn.
• À lire aussi : Ému, Renaud Lavoie accorde sa première entrevue depuis ses AVC
• À lire aussi : Steven Lee Potvin raconte comment il est tombé en amour avec Marie-Lyne Joncas sur le plateau de « Dumas »
• À lire aussi : Émotif, Pier-Luc Funk ferme un chapitre important
Lors de ton audition, tu as dit : « Il n’y a pas juste les hommes solistes qui peuvent s’illustrer en hip-hop sur la scène de Révolution. » Ça semblait un véritable cri du cœur !
Oui, vraiment. Un de mes objectifs en participant à Révolution, c’était de montrer que les femmes ont leur place en hip-hop. Alors que les gars se présentent dans les battles avec une certaine agressivité, nous misons davantage sur l’intensité, les subtilités et la créativité. Depuis ma toute première audition à Révolution, je reçois plusieurs messages sur les réseaux sociaux de la part de jeunes danseuses qui souhaitent apprendre le hip-hop. Des mères me remercient aussi d’être un exemple pour leurs filles.
Est-il vrai que tu es quelqu’un d’assez réservé dans la vie ?
Oui, je suis assez timide de nature. Alors, il me fallait un alter ego pour monter sur scène. Mon coach m’a suggéré le surnom Râ, qui est la divinité du soleil dans la mythologie égyptienne. Comme je suis à moitié égyptienne, je trouvais que ça m’allait à merveille. Râ possède un courage que Juliana n’a pas. D’ailleurs, lorsque j’ai commencé à me présenter sous le nom de Râ dans des battles de hip-hop, les gens ont immédiatement remarqué un changement d’attitude chez moi, un regain de confiance et même un petit côté baveux que je n’ai pas au quotidien.
Parle-nous de ton coach...
Je considère Bibiman, de son vrai nom Alexandre Philippe-Beaudouin, comme mon mentor. Au moment des auditions de Révolution, il travaillait à Las Vegas sur le spectacle Michael Jackson One, présenté par le Cirque du Soleil. J’ai créé mes propres chorégraphies, mais il m’a conseillé à distance via FaceTime. Sa contribution a fait une grande différence dans mon parcours.
Que retiens-tu comme souvenir de l’étape du face-à-face ?
J’étais persuadée que les Maîtres allaient m’opposer à un danseur de street style ou d’afro. Quand ils m’ont annoncé que je compétitionnerais contre la danseuse contemporaine Merryn Kritzinger, j’avoue que j’ai été extrêmement déstabilisée. Non seulement nous évoluons dans deux styles complètement différents, mais elle possède aussi beaucoup plus d’expérience que moi.

À la fin du face-à-face, malgré vos deux performances exceptionnelles, les Maîtres ont voté pour Merryn...
J’étais persuadée que mon expérience était terminée, mais Vincent Noiseux m’a sauvée. Je pense que j’ai crié. Je me souviens aussi de m’être laissée tomber par terre. Le reste est un peu flou, parce que j’étais submergée par des émotions trop intenses, de la déception à la joie extrême, en quelques secondes. (rires)

À quel âge as-tu découvert la danse ?
À 4 ans. J’ai commencé par le ballet, pour ensuite me diriger vers le contemporain. C’est là que j’ai réalisé que j’étais excellente pour bouger mon corps, mais pas vraiment bonne pour sauter et faire des pirouettes. En plus, j’ai zéro flexibilité. Voilà pourquoi j’ai choisi de me tourner, à l’âge de 10 ans, vers le hip-hop. Quatre ans plus tard, j’ai découvert le freestyle. Participer à des battles est l’une des choses que j’aime le plus dans la vie.
En terminant, qu’est-ce qui t’occupe présentement ?
Je suis aux études à l’université, même si mon plan A, ç’a toujours été de faire carrière en danse. Je me dis qu’en suivant des cours de business, je vais avoir des outils pour gérer ma carrière de danseuse. Sinon, je donne des cours de danse de hip-hop. Mes élèves sont âgés de 4 à 16 ans. Partager ma passion pour la danse, c’est un grand bonheur pour moi.