Steven Lee Potvin raconte comment il est tombé en amour avec Marie-Lyne Joncas sur le plateau de «Dumas»
Marjolaine Simard
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Steven Lee Potvin trace son chemin depuis déjà 10 ans sur les planches. Ces dernières années, le grand public l’a découvert grâce à ses apparitions à la télévision, notamment dans À cœur battant et, cette saison, dans Dumas. Un rôle qui a aussi changé le cours de sa vie, puisqu’il a rencontré sur le plateau Marie-Lyne Joncas, avec qui il partage aujourd’hui une belle histoire d’amour. Rencontre avec un comédien enraciné dans la nature, et fidèle à ses origines du Bas-du-Fleuve.
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Steven, dans la série Dumas, tu incarnes Jérémie Beauvier, un personnage qui s’est présenté de façon assez intrigante. Comment le décrirais-tu ?
C’est un personnage qui est entré dans l’histoire avec une aura de mystère assez forte. Quand il est apparu, on ne savait pas trop sur quel pied danser. Il y avait quelque chose d’un peu déroutant en lui. Il semblait observer Sophie Lacoste (Marie-Lyne Joncas) de loin. On s’est demandé un moment s’il avait des intentions cachées.

Il était finalement là pour faire avancer les choses pour le compte de Julien Marcoux...
Il a servi d’intermédiaire entre Marcoux (Stéphane Demers). C’était tout simplement un chasseur de têtes qui souhaitait faire passer Sophie chez InvestCam. J’aime ce genre de personnage. Il n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être marquant. Parfois, il suffit de quelques scènes bien placées pour créer quelque chose de fort et faire bifurquer une histoire.
Dans une scène, Jérémie passe une soirée en tête-à-tête avec Sophie à la frontière du romantisme. Une soirée qui a visiblement dépassé la fiction...
Oui, il y avait vraiment quelque chose qui se passait, autant à l’écran que dans la vie. Et ça, c’est précieux, parce que ça ne se force pas. Dès les premières scènes, on s’est rendu compte que ça cliquait naturellement. Il y avait une complicité, une aisance, une écoute. Et comme toutes mes scènes étaient uniquement avec elle, on a passé beaucoup de temps ensemble, entre les prises, à jaser, à apprendre à se connaître. C’est là que le lien s’est créé. Et avec elle, ça s’est fait de façon très fluide, très simple.

Aujourd’hui, vous avez une relation sérieuse avec de beaux projets d’avenir...
On s’est rapidement rendu compte qu’on était à la même place dans nos vies. On a sensiblement le même âge, des valeurs similaires, une vision de la vie qui se rejoint. Elle vient aussi d’une région, donc il y a quelque chose dans notre rapport au territoire, à la famille et à la simplicité qui se ressemble. C’est ce genre de détail qui fait que tu te sens rapidement en terrain connu avec quelqu’un. Il n’y a pas besoin de jouer un rôle, d’impressionner. Tu es juste toi, et l’autre aussi.
Tu es né à Rimouski. Qu’est-ce que ça forge comme identité, de grandir dans le Bas-du-Fleuve ?
C’est un ancrage que tu gardes toute ta vie. C’est un endroit où tu développes un rapport très fort au territoire. Toute ma famille est encore là, donc ça crée un lien constant. C’est drôle parce que, même en faisant mon métier, qui m’amène à naviguer entre Montréal et Québec, il y a toujours ce réflexe de rentrer à la maison.
Tu viens d’une famille de sportifs. Comment les arts ont-ils trouvé leur place dans ton parcours ?
Je viens vraiment d’une famille de sportifs. On est trois frères, et moi je suis l’aîné. Mon père aurait même pu faire carrière dans le hockey, mais il a choisi de rester près de sa famille. Donc naturellement, j’ai suivi ce chemin. J’ai fait du baseball, du football, un peu de basketball... sauf que j’étais un enfant très asthmatique, souvent malade. Ça m’a un peu forcé à ralentir, à me tourner vers autre chose. Avec le recul, je pense que ça a ouvert une porte. J’ai développé une curiosité artistique.
Ton désir de devenir acteur est apparu vers quel âge ?
C’est drôle, parce que j’ai retrouvé une vieille cassette où, à six ans, je disais que je voulais devenir médecin ou comédien. Les deux options étaient là. Donc quelque part, ça a toujours existé en moi, même si je ne savais pas comment y accéder.

En effet, tu étais passionné par les sciences au départ...
Oui ! Je songeais même à devenir médecin. Mais à un moment donné, j’ai commencé à faire de l’improvisation, un peu de théâtre. Ça s’est fait tard, au cégep, car j’étais très timide au secondaire, donc je n’osais pas du tout. C’est vraiment à l’université que ça a explosé. J’étais inscrit en études littéraires à l’UQAR, mais honnêtement... Je faisais plus d’impro que de cours. J’ai longtemps repoussé l’idée d’auditionner pour une école de théâtre. Je voulais d’abord avoir un diplôme, une sécurité.
C’est sans doute pourquoi tu es entré au Conservatoire sur le tard...
Je suis entré au Conservatoire à 26 ans, ce qui est tard. Mais, avec le recul, je pense que c’est devenu une force. J’avais un bagage, une maturité, une expérience de vie que je n’aurais pas eue plus jeune. J’avais aussi cette certitude intérieure que c’était la bonne voie. Ce n’était plus un fantasme, c’était un choix assumé et dès ma sortie de l’école, ma carrière a démarré rapidement, surtout au théâtre.
Pendant le Conservatoire, tu as vécu un deuil extrêmement difficile : la perte de ta mère...
Ma mère est décédée dans un accident de voiture pendant mon parcours au Conservatoire. Ce fut un choc immense. Ça a tout bouleversé. Le Conservatoire est déjà une formation très intense, mentalement et physiquement. Donc vivre ça en plein milieu, c’était déstabilisant. Mais, paradoxalement, le théâtre m’a énormément aidé à vivre mon deuil. Il y a quelque chose de profondément thérapeutique dans cet art. Ça m’a permis de rester actif, de ne pas m’effondrer complètement. Et dès ma graduation, le fait de retourner jouer au Théâtre du Bic, près de chez moi, de passer l’été avec ma famille... ç’a été réparateur.
En dehors du métier, tu es aussi un grand amateur de nature...
J’aime partir en forêt avec le strict minimum. Juste une bâche, un feu, un peu de nourriture. Pas de tente, pas de confort superflu. L’idée, c’est de se rapprocher de quelque chose de plus essentiel. Je vais souvent sur les terres de la Couronne, avec mon chien. J’aime me perdre avec juste une boussole, être loin de tout. J’ai même vécu une aventure assez intense au Labrador. Le train qui devait me ramener a été annulé à cause d’une inondation. Je me suis retrouvé coincé en pleine nature, avec très peu de ressources. J’ai dû m’adapter, survivre, trouver des solutions. Finalement, j’ai été secouru de façon assez improbable. C’était éprouvant, mais aussi marquant.
En terminant, quels projets t’occupent actuellement ?
Je viens de terminer une période très intense, avec plusieurs productions de théâtre. Là, je me lance dès cet été dans le projet de théâtre musical L’effet Lisa inspiré de l’œuvre de Richard Desjardins. On y revisite ses chansons, ses thèmes, son imaginaire. C’est magique avec l’accompagnement de Stéphane Tétreault et de son violoncelle Stradivarius.