Tous les résultats
Publicité

Pourquoi y a-t-il un bureau de l’ICE à Montréal?

Photo MEGA/WENN
Photo portrait de Anne-Sophie Poiré

Anne-Sophie Poiré

2026-02-04T22:14:58Z

Partager

Des citoyens s’inquiètent de la présence de bureaux du Service de l’immigration et des douanes des États-Unis (ICE) à Montréal et ailleurs au pays, alors que les pratiques de cette milice devenue l’outil de Donald Trump pour faire appliquer ses politiques migratoires sont dénoncées de toute part. Jusqu’où vont les pouvoirs de cette organisation controversée en sol canadien?

• À lire aussi: Uniforme, méthodes, slogans: ICE comparée à des organisations nazies

• À lire aussi: Tinder et Grindr utilisées pour dénoncer des agents de l'ICE... et traquer des migrants

«Je refuse qu’un bureau portant ce nom, qui est aujourd’hui synonyme de néonazisme, se trouve dans notre pays. Le Canada devrait cesser de soutenir ICE sous toutes ses formes», écrit un utilisateur de Reddit sous une publication selon laquelle aucune bonne raison n’explique la présence de la police de l’immigration à Montréal. 

Photo d'archives, NORA T. LAMONTAGNE
Photo d'archives, NORA T. LAMONTAGNE

L’ICE gère en fait cinq bureaux au Canada — à Vancouver, Calgary, Toronto, Ottawa et Montréal — afin de «protéger la nation américaine contre les menaces transnationales», peut-on lire sur le site du département de la Sécurité intérieure des États-Unis. 

Publicité

Son bureau québécois se situe au Consulat général des États-Unis sur la rue Sainte-Catherine, au centre-ville de Montréal. 

Une présence dénoncée

L’usage de la violence, les arrestations sans mandat et les autres méthodes pour le moins controversées utilisées par cette police de l’immigration, que plusieurs surnomment la «milice de Donald Trump», sont vivement critiqués, notamment depuis le meurtre de deux citoyens américains par des agents de l’ICE à Minneapolis en janvier. 

• À lire aussi: Qu'est-ce que ICE, la police de l’immigration controversée qui multiplie les critiques aux États-Unis?

Mais, il n’y a pas que les citoyens qui dénoncent la police américaine de l’immigration. 

Ses interventions déplaisent également à la communauté policière du Québec, rapportait Le Journal la semaine dernière. Le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, s’est dit «très critique» de leurs façons de faire. 

La députée fédérale de l’Alberta et candidate à la direction du Nouveau Parti démocratique (NPD), Heather McPherson, a quant à elle demandé la fermeture des cinq bureaux de l’ICE au Canada au premier ministre Mark Carney, apprenait mercredi Radio-Canada. 

Que fait donc la «milice de Trump» à Montréal – et ailleurs au pays? 

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Publicité

Quels sont leurs pouvoirs?

La branche chargée des enquêtes criminelles appelée Homeland Security Investigations (HSI) est bel et bien présente dans la métropole, a confirmé à 24 heures un porte-parole de l'ICE par courriel. 

Quatre membres du personnel sont affectés au consulat américain à Montréal, dont deux agents spéciaux du HSI. 

Ils ont pour mission de protéger les États-Unis contre les activités criminelles des organisations «dangereuses» susceptibles de traverser les frontières, dit-on, comme les groupes terroristes et les cartels de la drogue. 

Les agents ne portent pas d’armes à feu et ne sont pas autorisés à procéder à des arrestations ou à des perquisitions, par exemple. 

Impossible, donc, de les voir débarquer – avec ou sans mandat – dans un appartement de Montréal pour déporter une famille d’immigrants de l’Équateur, par exemple. 

Photo MEGA/WENN
Photo MEGA/WENN

Ils se concentrent sur les enquêtes concernant le trafic de drogue, l'exploitation des enfants, la contrebande d'armes, le trafic d'êtres humains et la fraude financière, détaille le porte-parole de l’ICE dont l’identité n’a pas été dévoilée par le consulat américain malgré une demande. 

On précise toutefois que le HSI entretient une «relation fructueuse de longue date» avec le Canada et qu’il collabore avec les services de police du Québec sur des enquêtes conjointes.

Publicité
Publicité