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ICE: Lafrenière craint l’impact sur tous les policiers

Entrevue avec le ministre de la Sécurité publique: «Je suis très critique des interventions, des façons de faire»

Photo portrait de Geneviève Lajoie

Geneviève Lajoie

2026-01-26T05:00:00Z

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Visage bien malgré lui de la répression policière durant le printemps érable, le ministre Ian Lafrenière ne voit pas d’un bon œil ce qui se passe aux États-Unis avec la polarisation et la police fédérale de l’immigration (ICE). Il craint que ses pratiques ne nuisent éventuellement à l’ensemble des forces de l’ordre.

«Les citoyens américains, ils commencent à regarder les agissements en général des forces de l’ordre... Moi, ce que j’ai peur justement, c’est que ce sentiment-là s’amplifie puis que ça dépasse de beaucoup ICE, que ça aille sur les interventions policières en général», lâche-t-il, en entrevue avec notre Bureau parlementaire.

Les faits et gestes de cette milice devenue l’outil de Donald Trump pour faire appliquer ses politiques migratoires ne plaisent pas à la communauté policière. «Je suis très critique des interventions, des façons de faire» de l’ICE, insiste celui qui préfère qu’on lui attribue l’épithète de «policier vétéran».

Heureusement, le Québec n’est pas les États-Unis. Mais ce qui se passe au sud de notre frontière est un «drapeau jaune» qu’on ne peut ignorer. La police est au service des gens et un corps policier qui perd sa légitimité d’agir dans la tête de certains citoyens, ce n’est pas une bonne chose.

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Et Ian Lafrenière en sait quelque chose, lui qui fut le porte-parole du Service de police de Montréal et symbole de la répression durant les manifestations étudiantes de 2012. À cette époque, l’animosité envers les forces de l’ordre était à son comble. Et il a été pris personnellement pour cible. Sa famille aussi.

Des objets lancés sur son terrain, des voitures qui passaient devant la maison en klaxonnant au beau milieu de la nuit. «Ils sont allés jusqu’à la garderie de mes enfants, ils sont allés jusqu’à menacer des éducatrices du CPE. Je veux dire, ça a dépassé toute limite», se remémore-t-il. 

Mais la goutte qui a fait déborder le vase, ce fut évidemment le fameux graffiti de son visage, avec un trou de balle au milieu du front, devenu viral sur le web.

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY
Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

La première poignée de main avec GND

Dix ans plus tard, lorsqu’il a foulé le sol du Salon bleu de l’Assemblée nationale pour la première fois après avoir fait le saut en politique, il a croisé le solidaire Gabriel Nadeau-Dubois.

Il ne cache pas que sa première poignée de main avec l’ancienne figure de proue de l’aile plus radicale du mouvement étudiant fut un moment plutôt «spécial». «On s’était vu dans un autre contexte!» lance-t-il, avant d’ajouter qu’il est sain de voir émerger des opinions diverses dans une société.

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Depuis le printemps érable, Ian Lafrenière est plus sensible à l’impact de la personnification des débats et des attaques personnelles, dont les élus font souvent les frais.

Il se réconforte du fait que le Québec est épargné par une polarisation violente de l’opinion publique, comme on le voit aux États-Unis.

Et comme nouveau ministre de la Sécurité publique, il n’a pas hésité à s’en prendre de front aux motards criminels, leur interdisant de porter l’emblème des Hells Angels en public, devant la montée du sentiment d’insécurité.

Militaire, policier... et membre de l’Union des artistes

La carrière de Ian Lafrenière dans les forces de l’ordre l’a amené à toucher à différents secteurs d’activités. Officier des Forces armées canadiennes, il a participé à une quinzaine de missions pour les Nations unies à travers le monde, de l’Ukraine à Haïti, en passant par l’Afrique. Son parcours au Service de police de Montréal lui a même permis de collaborer de près à la série québécoise 19-2. «J’étais consultant sur les plateaux de tournage, confie-t-il. Les comédiens, on les a formés au tir, on les a amenés travailler avec nous». Plus encore, l’actuel ministre de la Sécurité publique a été figurant, puis comédien. Il a même fait une petite apparition dans un épisode de La petite vie. «Je suis membre de l’Union des artistes!»

L’uniforme de la patronne de la SQ

Ian Lafrenière ne se formalise pas du fait que la grande patronne de la Sûreté du Québec, Johanne Beausoleil, une civile, ait décidé de porter l’uniforme depuis sa nomination, même si elle n’est pas une policière. Une situation qui fait grincer des dents chez nombre de membres des forces de l’ordre. «J’ai entendu ces commentaires-là, mais moi, ce qui est le plus important, ce sont les capacités, les habilités de gestion», souligne l’ancien agent double. Et justement, que pense-t-il du travail de la DG? «Je suis encore en phase: je regarde ça, puis je veux me faire ma propre opinion à moi», dit-il.

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